Les rennes sont les ruminants qui vivent le plus au nord de notre planète. Mâle et femelle portent des bois.

Grand Nord: les maîtres du froid

Cervidé Le renne, cher à notre imagerie de Noël, est capable de résister à de très basses températures. S’il ne vole pas, il migre.

Un vent froid balaye la nuit continue de l’hiver du Grand Nord. Il fait -30 °C, peut-être moins. Survivre ici est un vrai défi. Le renne y arrive, et y prospère même. C’est le ruminant qui vit le plus au nord de notre planète. On le retrouve tout autour du cercle polaire, de la Norvège à la toundra russe, en Mongolie, Alaska, Sibérie… Il y a sept sous-espèces de ce Rangifer tarandus, appartenant comme le cerf à la famille des cervidés. Certains l’appellent caribou. Il vit à l’état sauvage, mais a aussi été domestiqué par de nombreux peuples, comme les Sámis, les Nganasan ou les Inupiaq Eskimo parmi une trentaine d’autres pour qui le renne reste aujourd’hui encore au cœur de leur économie. Au total, quelque 100 000 personnes sont concernées, dont certaines sont nomades. La survie de leurs culture et tradition est fragile.

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Poil au museau

Pour s’accoutumer au climat polaire – très froid et nuit totale l’hiver, frais et jour permanent l’été – le renne adapte sa température. Son secret: une fourrure imperméable et très isolante. L’automne, il se garnit de poils laineux. Longs de 4 à 5 cm, chacun d’eux est rattaché à une glande qui l’imperméabilise. Le pelage reste donc sec, et l’animal ne souffre ni de la pluie ni du froid. Cette fourrure tombe au printemps. «Il n’est pas très gracieux à cette période, explique Roland Bulliard, directeur du Zoo de Servion. Sa peau à nu est très sensible. Il se secoue pour faire partir les mouches qui vont sur lui. Mais l’été, il ne souffre pas de la chaleur.» Cinq rennes vivent à Servion, inclus le petit dernier qui est né ce printemps. La fourrure recouvre le renne jusqu’au bout de son museau, protégeant cette zone très sensible au froid, limitant la perte de chaleur. Un cache-nez utile aussi lorsque le renne cherche dans la neige de la nourriture. En hiver, il survit en mangeant uniquement du lichen.

La fourrure recouvre le renne jusqu’au bout du museau. Mignon et surtout utile contre le froid.

Raquette et pelle à neige

Seule partie du corps dépourvue de fourrure: les pieds. Très larges, ils offrent à l’animal de la stabilité sur le sol glacé, comme des raquettes à neige, et font office de pelle pour trouver sa nourriture. Mais en hiver, le renne passe de longues heures debout et risque de perdre beaucoup de chaleur par ces spatules posées sur la glace. La parade? Un système d’échange entre veines et artères qui réchauffe le sang circulant dans les extrémités.
Qu’ils soient domestiqués ou sauvages, les rennes migrent à la fin de l’hiver et de l’été, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres. Ils sont alors amenés à franchir à la nage des rivières, des estuaires. Et le Père Noël dans tout cela? En 1926,  un homme d’affaires, Carl Lomen, met en scène avec un grand magasin un Père Noël avec des rennes. Objectif: promouvoir la viande et la fourrure des élevages de rennes en Alaska.

Renne broutant en Suisse

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Le renne a aussi peuplé nos contrées, principalement le Plateau. La découverte d’ossements en est la preuve. Il était présent à la fin de l’ère glaciaire (de 15 000 à 12 500 av. J.-C.). Une époque appelée Magdalénien, mais aussi «âge du renne», tant l’animal était central dans l’économie de nos ancêtres. S’ils n’avaient pas encore domestiqué d’animaux – à l’exception peut-être du chien – ils chassaient le renne pour sa viande et sa fourrure. Même ses tendons étaient utiles, pour coudre par exemple.
Le plus célèbre vestige est celui dit du «renne broutant» (photo). On l’a retrouvé dans la grotte de Kesslerloch, dans le canton de Schaffhouse. Taillé dans un bois de l’animal, un renne mâle en période de rut y est gravé. L’objet est décrit comme un bâton de commandement, dont on ignore à quoi il servait. Les troupeaux de rennes ont ensuite migré vers le nord, au fur et à mesure que la forêt colonisait le territoire (12 500 à 10 000 av. J.-C.), laissant place à un autre cervidé, le cerf.

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Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
DR
Publication:
lundi 19.12.2016, 13:50 heure



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