Avec ses «automates», le chanteur est à nouveau en tournée solo.

Stephan Eicher: «J’évolue entre l’art et la science»

Musique Stephan Eicher est en tournée avec un nouveau spectacle détonant et exploratoire. Il nous dit son monde, Google, le temps. Et des histoires de selfies.

Il est l’un des musiciens suisses les plus connus et les plus influents. Il aime franchir les frontières et il fait rêver. Stephan Eicher (54 ans) reste fidèle à lui-même avec les automates musiciens qui maintenant l’accompagnent. Un spectacle à découvrir («Stephan Eicher und die Automaten» tourne cet été aussi en France) le 1er septembre à Genève, à La Bâtie, et par exemple les 17 et 18 novembre au théâtre Équilibre de Fribourg, au Crochetan à Monthey le 19 novembre, à Beausobre à Morges, le 20 novembre.

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Alors, qu’y a-t-il de neuf dans ce concert?
C’est comme l’ébauche d’un nouveau langage, ou du moins d’un nouveau «dialecte» de la musique, celle-ci étant pour moi l’une des plus belles langues du monde. Tout ce qui sépare souvent les gens n’y a pas d’importance – être un homme ou une femme, croire en ceci ou en cela, avoir appris telle ou telle chose, peu importe.

Ces expériences sont-elles aussi le fruit de votre peur de l’ennui?
Cette phase remonte déjà à vingt ans pour moi! Dernièrement, en rangeant la pièce dans laquelle je travaille, je suis retombé sur toutes les idées que j’avais notées dans des carnets, gribouillées sur les murs ou enregistrées sur des bandes démo – des idées qui attendent toujours d’être réalisées! Aujourd’hui, je n’ai plus le temps de m’ennuyer.

Comment gérez-vous les attentes du public?
Personne ne souhaite ennuyer les autres, et encore moins un artiste son public. Malgré tout, je fais exactement le contraire. Je fais de longues pauses, je laisse le temps filer entre mes doigts et joue ainsi du facteur ennui. Puis ça repart comme dans un éclair, tout se rallume et les gens se demandent ce qui va bien pouvoir se passer.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans une tournée en solo?
À la fin de la dernière tournée, j’étais sur scène au Montreux Jazz Festival avec une centaine de personnes – mon groupe, un chœur et une guggenmusik. L’organisateur de ma tournée m’a demandé ce que je comptais faire ensuite: «400 ou 500 musiciens? Est-ce qu’il faut que je braque une banque pour financer tout ça? Fais donc une tournée en solo, histoire qu’on renfloue les caisses!»

«

Je laisse le temps filer entre mes doigts»

Et vous n’avez pas pu refuser?
J’y ai réfléchi et puis j’ai eu l’idée d’automatiser tous les instruments. J’en ai confié la fabrication à une entreprise spécialisée. Finalement, nous sommes de retour à la case départ puisque cette production est l’une de mes tournées les plus chères.

Avez-vous choisi les morceaux en fonction des machines ou inversement?
J’ai d’abord dû me familiariser avec le son des automates. Ensuite, j’ai sélectionné dans mon répertoire les morceaux qui convenaient. C’était jubilatoire! J’étais un peu comme un enfant enfermé dans une confiserie qui, face à toutes ces bonnes choses, ne sait pas par quoi commencer.

Avez-vous également composé des chansons pour les automates?
Pour l’instant, trois nouvelles chansons ont été créées pour cette tournée, mais je les interprète au piano et à la guitare. Je n’ose pas encore présenter ce que j’ai écrit pour les machines, même si la curiosité que je ressens en imaginant les réactions du public me rend fébrile.

Le carnet où il note ses impressions

Qu’est-ce qui vous attire dans l’utilisation des machines?
J’évolue entre l’art et les sciences naturelles. Au départ, j’envisageais les automates comme une sorte de prothèse et j’ai essayé d’en faire un prolongement de mon bras. Maintenant, je suis plutôt au stade où je me demande: «À quoi bon cette automatisation à outrance?» Je suis convaincu qu’Apple, Google, Amazon, etc. vont nous exploser à la figure, en dépit de tout ce qu’ils ont pu faire de bien.

En dehors de la scène, en quoi cette tournée solo se distingue-t-elle des autres?
Je ne peux pas voyager avec les membres de l’équipe car ils doivent se lever plusieurs heures avant moi pour installer les automates dans la salle de spectacle suivante. C’est passionnant parce que je n’avais plus voyagé seul depuis des lustres. En général, je prends le train, je lis beaucoup et vois le monde autrement. La France est sans aucun doute le pays où il y a le plus de selfies de contrôleurs de train avec moi…

Êtes-vous surpris d’être aussi souvent reconnu?
Absolument! Je ne vois d’ailleurs qu’une explication: pour être promu conducteur de TGV, il faut pratiquement avoir atteint l’âge de la retraite.

Stephan Eicher et son foulard

Quatre dates dans la vie du musicien

1960 Le 17 août, naît à Münchenbuchsee (BE). Son père lui donne le goût de la musique.

1977 Un premier groupe, les Noise Boys. En 1979, premier 45 tours vendu à 500 000 exemplaires.

1984 Naissance à Zurich de son premier fils Carlo. Son deuxième fils Raphael naîtra à Paris en 2000.

2015 En tournée en Suisse, en France et en Belgique avec «Stephan Eicher und die Automaten».

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Texte: Reinhold Hönle

Photo:
SP
Publication:
lundi 06.07.2015, 15:30 heure



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