Le Gothard: le compte à rebours a débuté

Tunnel de base Notre journaliste a eu l’occasion d’effectuer la dernière visite à pied dans le chantier du siècle, avant l’inauguration du 1er juin 2016. C’est l’heure des présentations.

De prime abord, le portail sud à Bodio (TI) et le portail nord à Erstfeld (UR) n’attirent pas l’attention. Chacun possède une entrée pour la galerie est et une autre pour la galerie ouest. Ces constructions en béton ne sont même pas très esthétiques. Mais on ne peut s’empêcher d’être admiratif quand on imagine que 57 kilomètres les séparent sous terre.
Fin août, j’ai eu l’occasion de pénétrer dans le tunnel de base, à Erstfeld. Pas dans un Intercity filant à 200 km/h – comme celui qui circulera à partir de décembre 2016 – mais à bord d’un petit train composé de deux wagons passagers à une vitesse de 40 km/h. L’éclairage intérieur ne fonctionnait pas… Par contre, il y avait des lumières dans le tunnel, qui disparaîtront lorsque le nouveau tunnel de base du Gothard sera mis en service. Les conducteurs entreront dans un tunnel plongé dans l’obscurité. Il n’y a même pas de panneaux. Toute la signalisation apparaît directement sur leur écran. Cela a été rendu possible grâce au nouveau système de sécurité ETCS Level 2 installé dans le tunnel.

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Notre mécanicien, Josef Kowatsch, nous mène lentement jusqu’à la station multifonctions de Sedrun (GR), à 24 kilomètres de l’entrée. C’est ici que se trouve l’un des deux postes de secours, qui comprend un changement de voie entre les galeries est et ouest. En cas d’accident, par exemple un incendie sur le train, le mécanicien arrête le train à l’un des postes de secours.
C’est là qu’on se rend compte que le tunnel de base est en réalité bien davantage que deux simples galeries à voie unique qui, ensemble, atteignent 114 kilomètres. Il comporte 38 autres kilomètres de tunnels, galeries et puits. La station multifonctions de Sedrun ressemble à un labyrinthe géant. En cas d’urgence, la  signalisation verte indique les voies d’évacuation. En empruntant un passage d’environ 1,5 kilomètre, les passagers rejoignent la galerie opposée.

Il y a plusieurs locaux techniques, deux puits profonds qui mènent verticalement à Sedrun et même une fenêtre pour les visiteurs, mais celle-ci n’est pas utilisée pour le moment. Le système ressemble à une cathédrale souterraine. Une petite grotte abrite une statue de sainte Barbara, patronne des mineurs.
Nous quittons la station multifonctions de Sedrun et le tunnel avec un brin de curiosité. Le projet entre dans sa phase finale pendant laquelle seuls les ouvriers pourront pénétrer dans le tunnel. La phase d’essai commence le mois prochain: en tant qu’entreprise de construction, AlpTransit San Gottardo SA doit prouver sa fonctionnalité et le respect des conditions de sécurité. Au cours des nombreux mois d’essai et des trajets d’essai, tous les composants et leurs interactions seront testés intégralement.

L’inauguration officielle du plus long et plus profond tunnel ferroviaire du monde aura lieu le 1er juin prochain. Après cela, débutera la phase d’essai sous la responsabilité des CFF, futurs gestionnaires des tunnels de base. Le 11 décembre 2016, la mise en service aura lieu en même temps que le changement d’horaire. Un changement d’horaire qui marquera également le début d’une nouvelle ère, non seulement en Suisse, mais dans toute l’Europe ferroviaire.

Le 26 septembre, de 9 h à 17 h, AlpTransit San Gottardo SA organise la journée portes ouvertes au chantier de Sigirino (TI), au tunnel du Ceneri.

Coop est partenaire

Coop est partenaire de l’inauguration du tunnel du Gothard. Jusqu’au 1er juin, «Coopération»
y consacre une série d’articles.

Il fallait agir vite

Adolf Ogi, ex-conseiller fédéral

Adolf Ogi, ex-conseiller fédéral
Adolf Ogi, ex-conseiller fédéral

«J’ai été élu conseiller fédéral en décembre 1987. J’ai reçu la charge du Département des transports, de l’énergie et de la communication. Il y avait des opportunités dans les années 1990, tous les signaux étaient au vert, il fallait agir vite. J’avais de quoi remplir une piscine olympique avec les dossiers et les étu-des de faisabilité à disposition.
Un soir de 1990, à 23 h, dans mon bureau à Berne, j’ai décidé qu’on allait construire ces deux tunnels, Gothard et Lötschberg. J’ai tiré un trait entre Erstfeld et Biasca sur une carte, puis un deuxième entre Frutigen et Viège. Le grand argentier Otto Stich n’était pas enchanté, les négociations ont été rudes. J’ai eu quatre fois des calculs rénaux et pas mal de nuits blanches! Ce projet représente un pacte solidaire entre les quatre cultures du pays pour la protection des Alpes. Ce chantier du siècle améliore l’image de la Suisse à l’étranger. C’est une performance technologique, éco-logique, politique et en faveur du rail, sans coûts supplémentaires autres que le renchérissement, la modernisation technique et les exigences écologiques.
Le Gothard sera un grand succès, plus encore que le Lötschberg!»

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texte:
Gerhard Lob
Photo:
Markus Lamprecht, SP
Publication:
lundi 14.09.2015, 12:30 heure



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