Vous êtes plutôt branché «Amazing Apple» 
ou «PH Balance»? Les jus et smoothies de 
Nina Ardizzone (26 ans) donnent du peps.

Le carton de la
 superfood

Phénomène Exotiques ou indigènes, les superaliments 
sont considérés comme particulièrement sains. Ils remportent un grand succès et influencent notre consommation. Mais attention à ne pas en attendre des miracles!

Tout a commencé avec les graines de chia. Puis sont arrivés le quinoa et la poudre de matcha, suivis des baies d’açaï et de goji, avant que ne débarquent celles d’aronia. Cet été, des scientifiques ont couronné un nouveau superaliment: l’emmental. Dans leur étude, ces chercheurs de l’Université de Corée, à Séoul, ont mis en avant les bactéries propioniques contenues dans ce fromage, censées avoir une influence positive sur notre système immunitaire.
Kathrin Seidel, du service diététique de Coop, calme le jeu: «L’emmental apporte certes beaucoup de protéines, mais je ne le qualifierais pas de superaliment.» Dans les faits, il n’y a pas de définition officielle ou de disposition légale pour définir un superaliment. «Chez Coop, nous estimons que tout aliment est un superaliment s’il est riche en vitamines, en minéraux ou en métabolites secondaires végétaux et procure ainsi des bénéfices importants pour la santé», précise l’experte.
Cela peut paraître technique, mais c’est facile à comprendre. Par exemple, la teneur du chou plume en vitamine C, qui contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, est trois fois supérieure à celle de l’orange. C’est pourquoi le chou plume est considéré comme un superaliment. Mais pas question de se nourrir uniquement de ce dernier! Une consommation quotidienne de cinq portions de fruits et légumes variés reste indispensable.

Fruits, légumes et poudres

Changement de décor. Un Guarana Booster, un Spirulina Power ou un Super Detox? Si l’on commande à boire chez Nina Ardizzone, il vaut mieux étudier soigneusement les descriptions des smoothies et jus pour faire le bon choix. La jeune femme exploite depuis un an l’enseigne «U-Juice», à Zurich. Ex-mannequin, elle mélange des créations avec les poudres de superaliments. Et ça marche! «Les clients apprécient les ingrédients exotiques et posent souvent des questions à leur sujet», explique la Saint-Galloise. Si quelqu’un est fatigué, elle lui recommande un jus de fruit avec de la poudre de matcha: «Ça réveille bien!» Elle en a fait l’expérience durant son séjour de six mois à Tokyo. Un soir, elle a bu de nombreux jus au matcha et n’a pas fermé l’œil de la nuit. Rien d’étonnant, puisque le matcha est du thé vert finement moulu. «C’est pourquoi je ne recommande plus ce jus le soir», ajoute-t-elle avec un sourire.
Nina Ardizzone a gagné il y a dix ans le concours de beauté Elite Model Look. Alors gymnasienne, elle posait régulièrement et accordait donc déjà une grande importance à une alimentation équilibrée. Au quotidien, elle mange beaucoup de fruits et de légumes, et considère ses jus de fruits frais comme des compléments. «Ils sont plein de vitamines et de sels minéraux et les ingrédients exotiques leur donnent un supplément de peps.»
Rechercher ce peps, c’est le pain quotidien de Simone Jones, food scout et créatrice de produits chez Betty Bossi. Cette chasseuse de tendances ne se souvient pas quand elle a découvert les superaliments. Ils sont nés en 2004 en Amérique du Nord, avec les superfruits. Ce qui a entraîné la mode des smoothies et des jus de fruits, auxquels on a commencé à ajouter des variétés rares de céréales et de baies d’Amérique du Sud.

«

Qui dit nouveaux goûts, dit nouvelles associations»

Simone Jones (42 ans), 
créatrice de produits chez Betty Bossi

Gros succès sur Instagram

Simone Jones (42 ans), 
créatrice de produits chez Betty Bossi

Simone Jones (42 ans), 
créatrice de produits chez Betty Bossi
http://www.cooperation.ch/_Le+carton+de+la_+superfood Simone Jones (42 ans), 
créatrice de produits chez Betty Bossi

Aujourd’hui, sur la plateforme d’échange de photos Instagram, on trouve plus de 2,5 millions de contributions répondant au hashtag #superfood, et même pas loin de 1,5 milliard de photos sous le hashtag #superfoods, utilisé surtout dans le monde anglo-saxon.
Pour Simone Jones, ce n’est pas seulement la présentation du plat qui compte, mais principalement les ingrédients. Elle décore différemment son porridge matinal en fonction de la saison, mais n’utilise que ponctuellement des superaliments: «Pour moi, le goût est prioritaire», explique-t-elle. Car l’apparition d’aliments inconnus ouvre de nouvelles possibilités en cuisine.

Gare aux raccourcis

De nouveaux goûts permettent de nouvelles associations. Elle ajoute que les superaliments contiennent certes de précieux nutriments, mais qu’ils ne suffisent pas pour être en bonne santé ou en pleine forme. «Chaque personne veut être la meilleure version d’elle-même», affirme l’experte en cuisine. Et pour y parvenir, il faut aussi du travail et de la discipline: «Prétendre qu’il existe des aliments qui font maigrir et qui rendent immortels, c’est du bla-bla.» Et de conclure que l’organisme humain est beaucoup trop complexe pour que ça marche comme ça.

«

Céleri, côte de bette, betterave: des superaliments suisses»

Kathrin Seidel (35 ans), 
du service diététique de Coop

Les nutriments du bouillon de poule

Kathrin Seidel (35 ans), 
du service diététique de Coop

Kathrin Seidel (35 ans), 
du service diététique de Coop
http://www.cooperation.ch/_Le+carton+de+la_+superfood Kathrin Seidel (35 ans), 
du service diététique de Coop

On ne sait pas combien de nouveaux superaliments vont encore ravir nos papilles. «Actuellement, on parle beaucoup du caractère exceptionnel d’aliments végétaux», constate la professionnelle de la santé Kathrin Seidel. Et d’ajouter: «Pourtant, dans un bouillon de volaille, un œuf ou un poisson, il y a des nutriments importants.» Chez les consommateurs, on assiste graduellement à un retournement d’opinion, notamment pour l’avocat, superaliment de la première heure. «Comme sa production demande beaucoup d’eau et crée des monocultures dommageables à l’environnement, sa cote de popularité a baissé», commente Kathrin Seidel.
C’est pourquoi les produits régionaux et saisonniers sont de nouveau très demandés: «Car le céleri, la côte de bette, le poireau et la betterave rouge sont de véritables superaliments suisses!»

Étiquetage: 
ordonnance 
à respecter

En Suisse, les aliments doivent être étiquetés conformément à l’ordonnance concernant l’information sur les denrées alimentaires. On trouve des indications telles que «teneur élevée en», «riche en» et «source de». Il s’agit d’«allégations nutritionnelles». Ces dernières ne peuvent être utilisées que si un aliment contient au moins 30% de la quantité de référence (au moins 15% dans le cas de «source de»), qui est l’apport quotidien en une vitamine ou un minéral nécessaire à un adulte.

Santé: la vertu de molécules végétales

Les métabolites secondaires végétaux, comme les caroténoïdes, les flavonoïdes ou les acides phénoliques, sont des molécules. Dans les plantes, elles servent de colorant, de substance aromatique, de transmetteurs ou d’agents de défense. Elles ne fournissent pas d’énergie sous forme de calories à notre organisme et ont un effet positif sur la santé. Des données scientifiques indiquent un possible effet protecteur contre divers types de cancer, ou un effet vasodilatateur permettant de réduire la pression sanguine. On leur attribue des vertus neurologiques, anti-inflammatoires et antibactériennes.

Apports quotidiens de référence en vitamines et en sels minéraux (adultes) selon l’ordonnance du Département fédéral de l’interieur concernant l’information sur les denrées alimentaires

Vitamine A (ìg)

  800

Chlorure (mg)

800

Vitamine D (ìg)

  5

Calcium (mg)

800

Vitamine E (mg)

  12

Phosphore (mg)

700

Vitamine K (ìg)

  75

Magnésium (mg)

375

Vitamine C (mg)

  80

Fer (mg)

  14

Thiamine (vitamine B1, mg)

  1.1

Zinc (mg)

  10

Riboflavine (vitamine B2, mg)

  1.4

Cuivre (mg)

  1

Niacine (vitamine PP, mg)

  16

Manganèse (mg)

  2

Vitamine B6 (mg)

  1.4

Fluor (mg)

  3.5

Acide folique (ìg)

  200

Sélénium (ìg)

  55

Vitamine B12 (ìg)

  2.5

Chrome (ìg)

  40

Biotine (ìg)

  50

Molybdène (ìg)

  50

Acide pantothénique (mg)

  6

Iode (ìg)

150

Potassium (mg)

2000

L’ordonnance du DFI concernant l’information sur les denrées alimentaires

Betteraves rouges

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Riches en acide folique.

Effet nutritionnel: de nombreuses femmes, notamment enceintes, ont un besoin augmenté d’acide folique, car il favorise la croissance des tissus maternels durant la grossesse.

.

Graines de courge

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Riches en magnésium, fer et zinc.

Effet nutritionnel: le magnésium est important pour la fonction musculaire. Le fer joue un rôle dans la formation des globules rouges et de l’hémoglobine. Le zinc a un effet bénéfique sur la fertilité.

.

Céleris-raves

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Riches en acide folique et en vitamine K.

Effet nutritionnel: l’acide folique est important pour la constitution du sang et la division cellulaire. La vitamine K nous aide à conserver des os sains.

.

.

Champignons

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Riches en vitamines D et B2 et en cuivre.

Effet nutritionnel: la vitamine D est importante pour la mise en valeur et l’absorption du calcium et la préservation de notre ossature.

.

Mandarines

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Riches en vitamine C.

Effet nutritionnel: la vitamine C soutient la formation du collagène; elle contribue ainsi à la fermeté du tissu conjonctif, du cartilage et de l’os.

.

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Poireaux

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Riches en acide folique et en vitamine C.

Effet nutritionnel: l’acide folique réduit la fatigue. La vitamine C renforce le système immunitaire.

Études Thommas Brunner (41 ans) est professeur en comportement des consommateurs à la Haute école spécialisée bernoise. Il observe que les superaliments collent à la tendance du moment: l’alimentation associée à la santé. 

«Difficile de rester à la page avec 
les nouveautés»

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Les superaliments sont omniprésents. Comment l’expliquez-vous?
Depuis quelques années, la grande tendance en alimentation, c’est la santé. Je l’observe avec les produits «convenience». On veut certes manger vite et confortablement, mais en veillant à sa santé. Les superaliments touchent cette cible de plein fouet, puisqu’ils nous fournissent vitamines et nutriments. En l’occurrence, cette tendance demande beaucoup au consommateur.

Parce qu’il faut de la discipline?
Bien sûr. Mais le plus astreignant, c’est qu’un nouveau produit envahit les réseaux sociaux tous les quelques mois. Il faut en tenir compte et le goûter. Ça devient difficile de rester à la page!

Les gens seraient-ils déjà fatigués des superaliments?
Non, certainement pas. Ils apprécient de découvrir de nouveaux aliments sous forme de fruitsou de légumes et de graines. Ils mélangent également volontiers le nouveau et l’ancien. Le besoin de diversité alimentaire n’a jamais été si important.

Tout ce qui est nouveau plaît-il aux Suisses?
Il va de soi que la mondialisation produit aussi ses effets sur le consommateur suisse. Je n’ai pas de données fiables, mais il me semble que les Suisses sont devenus plus ouverts. Ce qui n’a pas changé, c’est qu’il n’y a pas qu’un seul type de consommateurs. Nous fonctionnons en effet chacun à notre manière.

Certains mangent une salade à midi, alors que d’autres se jettent sur la restauration rapide, par exemple.
C’est vrai. Mais le phénomène est plus complexe. Le comportement du consommateur est souvent hybride, nous faisons preuve d’une extrême souplesse alimentaire. À midi, une salade ou un bircher, mais le soir, de la restauration rapide. Il est donc très difficile de définir très précisément des modèles d’alimentation. Mais c’est ce qui rend mon domaine très passionnant: je ne serai jamais à court de travail!

Quel est le superaliment que vous préférez?
En ce moment, ce que je préfère ce sont les myrtilles.

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Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

texte:
Carole Gröflin
Photo:
Heiner H. Schmitt, DR, David Biedert; illustrations Marta Spendowska 
Publication:
lundi 06.11.2017, 14:00 heure





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