C’est le cinquième spectacle de l’artiste de 40 ans.

«Ma philosophie? Tenter des choses»

Humour La Belge Virginie Hocq présentera au festival Morges-sous-Rire «Sur le fil». Un one-woman-show déjanté dont elle nous parle.

«Sur le fil», qu’est-ce qui se cache derrière ce titre?
Je suis toujours sur le fil du rasoir avec mes sketches, car certains thèmes sont difficiles à aborder. Le fil symbolise aussi l’existence que l’on a choisie, le métier que l’on fait. Parfois, je me demande ce que je serais devenue si je n’avais pas été comédienne. Ma profession me permet de tester d’autres vies, j’ai donc mis en scène des destins de femmes qui me semblaient intéressants.

Auriez-vous aimé en vivre certains?
On a tendance à penser que la vie des autres est mieux que la nôtre. En jouant ces rôles, je me suis rendu compte que ce n’est pas le cas. Il y a une maxime dans le spectacle qui dit: «N’envie pas les autres, tu ne sais pas ce que l’avenir leur réserve.»

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C’est très sérieux ce que vous dites là, mais évidemment votre one-woman-show est hilarant.
Il n’est pas métaphysique. Les personnages, s’ils sont parfois touchants, sont toujours drôles. J’ai choisi des sujets graves et je les ai rendus hyper positifs et comiques.

Vous n’enviez pas les femmes que vous jouez, mais vous sentez-vous proche d’elles?
Elles expriment des états d’âme, des sentiments que l’on pourrait tous avoir. Par exemple cette épouse confrontée à des problèmes de couple. Elle fait tout pour que la situation s’améliore. Pour cela, elle va tellement loin qu’elle ne s’écoute pas. Ça pourrait arriver à n’importe qui de ne pas entendre la voix qui lui dit: «Tu ne veux pas ça, alors ne le fais pas.»

Vous, vous avez toujours fait ce que vous vouliez?
À 8 ans, j’ai dit à mes parents que je désirais jouer la comédie et j’ai suivi des cours. Un jour, j’ai voulu intégrer le Conservatoire royal de Bruxelles, j’ai donc passé l’examen d’entrée. Et ainsi de suite. Ma philosophie, c’est tenter de réaliser les choses dont j’ai envie. Je n’attends pas qu’elles me tombent dessus. Et je me donne les moyens de réussir. Après, ça marche ou ça ne marche pas, mais au moins j’ai essayé.

Vous connaissez bien Morges-sous-Rire, n’est-ce pas?
Oui, c’est un des premiers festivals auxquels j’ai participé il y a plus de dix ans. Je suis très contente de revenir et d’aller dépenser mes sous à la Coop! Je participe régulièrement à cette manifestation, au grand dam de mon papa. Son anniversaire tombe le 13 juin et je ne peux en général pas y assister car je suis à Morges. J’ai aussi joué dans de nombreuses autres villes suisses. Je trouve que les Helvètes et les Belges ont un peu la même mentalité, ils s’excusent tout le temps!

À part votre tournée qui débutera en septembre, quels sont vos projets?
Un scénario et un long-métrage, mais j’en parlerai quand ils seront plus avancés. Je travaille aussi sur des sketches consacrés à des femmes historiques célèbres. Je suis fan des grandes figures de l’Histoire, j’incarne d’ailleurs Marie-Antoinette dans «Sur le fil». Je suis en pleine phase d’écriture avec Isabelle Vitari, qui joue dans la série télé «Nos chers voisins». On s’est rencontrées sur un tournage et on s’est super bien entendues. On s’est dit qu’on devrait travailler ensemble. Encore une fois, j’essaie des choses et on verra ce que ça donnera.

Virginie Hocq, Théâtre de Beausobre, 10 juin, 21 h 30.

Une affiche prestigieuse

Du 5 au 13 juin, Morges-sous-Rire conviera le gratin des humoristes francophones. Une soixantaine d’entre eux foulera les planches. Des artistes établis tels que Chevallier et Laspalès, Patrick Timsit, Anne Roumanoff, Frédéric Recrosio, Joseph Gorgoni et Anthony Kavanagh côtoieront des représentants de la nouvelle génération. Parmi eux, Nora Hamzawi, Arnaud Tsamère, Charlotte Gabris, Eric Antoine ou encore D’jal.

www.morges-sous-rire.ch

Texte: Myriam Genier

Photo: Emanuele Scorcelletti

Publication:
lundi 01.06.2015, 13:40 heure