Marc Rinaldi est l’un des quatre membres de l’équipe nationale suisse en lice aux Championnats du monde. Ici à Chaumont (NE), où il réside. 

Marc Rinaldi, champion,
 et bûcheron avant tout

Champion de Suisse junior de bûcheronnage, le Neuchâtelois Marc Rinaldi (23 ans) 
disputera début septembre 
ses premiers Championnats du monde, 
à Brienz (BE). Il est prêt.

Chaumont, 1200 m d’altitude, perchée sur les hauteurs de Neuchâtel, et tout le nuancier de vert. Sur deux trépieds, un tronc d’arbre muni de fausses branches. Marc Rinaldi mettra moins de vingt secondes à régler leur sort. Champion de Suisse junior de bûcheronnage, membre de l’équipe nationale suisse, l’homme affine sa préparation pour les Mondiaux qui réuniront du 10 au 13 septembre à Brienz (BE) l’élite des forestiers. Les compétitions? «C’est comme un pâtissier qui fera le plus beau cake.» Mais encore? «C’est le truc que je ne peux pas ne pas faire.» L’entreprise forestière familiale aura allumé le moteur.

L’accélération, il faut la chercher dans une passion de longue date. «A 14 ans, j’ai commencé la sculpture à la tronçonneuse. Des fontaines. Au fil du temps, j’ai développé ce toucher avec la tronçonneuse un peu spécial.» C’est-à-dire? «A réaliser des choses très fines avec un gros outil, à chercher les bons affûtages, les bons angles. Dernièrement, c’était un cowboy de 2,5 m de haut. A Malabar City», bien nommé festival country, dans le Val-de-Ruz (NE).
Marc Rinaldi voit grand. Aux Mondiaux, «j’y vais pour être champion du monde», déclare-t-il. Parler autrement serait jouer les gagne-petit. Aujourd’hui 1 m 76 pour 93 kg, le Neuchâtelois a décroché ses galons d’officier de l’armée suisse à Isone, ila pratiqué le kickboxing cinq ans, s’entraîne chaque soir une à deux heures, après le travail.

Mais il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles, comme l’écrivait Jean Giono. «La forêt, c’est mon monde.» En tant que forestier bûcheron, «on a davantage de rapport à la nature qu’un paysan ou un paysagiste, où elle est davantage façonnée par l’homme. Nous, pendant dix ans, on ne travaille plus dedans. Quand on revient pour la coupe, on est de nouveau dans cet aspect naturel. Et puis, le paysan cultive des choux pour lui, pour ses bêtes. Nous, on coupe du bois pour les suivants. On essaie d’améliorer la qualité de la forêt. Peut-être que dans cinquante ans, l’arbre que j’ai dégagé sera grand et beau.» De la gestion à long terme. «C’est nous qui faisons la gueule de la future forêt.» Et l’argument est massif. Marc Rinaldi a des origines péruviennes, il a visité au Pérou les lieux emblématiques d’une civilisation, il comprend l’espagnol «à 95%».
C’est à son milieu qu’il revient comme aimanté, à sa connaissance des champignons, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens. «Je vais y passer ma vie. On doit savoir ce qu’il y a là-dedans!» Que pouvaient donc valoir ces vacances, enfant, à Miami? «C’était triste. On était là, il y avait la mer, l’eau chaude. Tout ce dont rêvent des familles. Moi, je trouvais que c’était tout plat, avec des palmiers. Ce n’était pas mon truc.» Marc Rinaldi ne sillonnerait pas le globe – ce serait aller au bois sans cognée. S’il partait, il visiterait, dans le désordre, des exploitations agricoles aux USA, en Scandinavie, ou dans des régions «plus archaïques», comme en Pologne. «En Suisse, il y a encore plein de choses que je n’ai pas vues. Et je ne m’en lasse jamais, de cette Suisse!»
Sur nos monts quand le soleil tombe, depuis Chaumont, le lac de Neuchâtel est une tache bleue, l’orage une bourrasque noire.
Marc Rinaldi évoque les gens «qui n’ont pas de rapport à la nature. Ils ne savent pas si tu peux lever avec le petit doigt une bûche de 40 kg.»

L’univers le plus éloigné du sien? «Tout ce qui est virtuel», répond-il d’un trait. «Tout ce qui est ordinateurs, jeux vidéo.» Il n’y a jamais joué. L’ordinateur, il est obligé d’en avoir un pour ses factures. «Mais moins je le vois, mieux je me porte.» Il affirme aimer la technologie dans son métier, et sinon, les «choses de base: manger mon steak qui vient de chez le paysan d’à côté, les œufs de mes poules. La télé, je l’ai mais je ne la regarde pas vraiment. J’ouvre une fenêtre, j’entends les oiseaux: ça me ressource. C’est encore le meilleur repos, plutôt que d’être devant cette télé avec les yeux qui brûlent.»
Marc Rinaldi assume. Son emploi du temps semble vissé au bûcheronnage? «Mon grand-père était Bergamasque. A Bergame, c’est un peu des tronches. Bien sûr, les copains rigolent. «Mais tu es fou, viens boire l’apéro!» Ça entre par une oreille, et ça ressort de l’autre. Moi, je m’amuse vraiment quand je suis en forêt. Toute la journée, c’est déjà gagné.» Moteur.

Portrait


Marc Rinaldi

Né. Le 4 octobre 1990.

Nationalité. Suisse. Mère péruvienne.

Compétition. Premier concours en 2007, gagné. «Ça m’a plu, que ce soit de la compétition dans mon hobby. Car mon métier, si je le fais, c’est par plaisir.»

Palmarès. Champion de Suisse junior en titre. Equipe nationale dès 2009.

Formation. Forestier bûcheron. Termine un brevet fédéral de contremaître forestier.

Marge de progression: vitesse à l’ébranchage, qualité des tailles de précision.

Un dicton qui lui correspond. L’habit ne fait pas le moine. «Plein de gens regardent l’extérieur. C’est n’importe quoi!»

Le bûcheronnage en compétition 

De la taille à l’abattage

Le bûcheronnage professionnel, ce sont cinq disciplines et des normes de sécurité plus strictes encore que dans le milieu du travail. 

Abattage

Il s’agit d’abattre un arbre pour qu’il tombe le plus proche possible d’un point au sol prédéfini. La marge autorisée est de 10 cm. Dans un temps imparti de maximum trois minutes.

Changement de chaîne

L’ensemble de coupe, sur la tronçonneuse doit êtredémonté puis remonté.

Taille combinée

Deux billons sont inclinés selon un angle défini. L’épreuve consiste à scier des rondelles, en commençant par la moitié de dessous pour finir par le dessus. Le temps et la qualité des tailles font foi.

Taille de précision

Deux billes sont posées sur une planche. Il faut ici couper, à angle droit, deux rondelles de bois d’une épaisseur comprise entre 30 et 80 cm, sans blesser la planche. La coupe doit être la plus profonde possible.

Ebranchage

En maximum trente secondes, le but est de scier trente branches sur un fût, sans endommager la bille.

Contrôle lors de l’abattage – 
profondeur de l’entaille, entre 
7 et 12 cm.

Infos sur les Championnats du monde à Brienz: www.brienz2014.ch

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Ariane Pellaton

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo / Arkive.ch
Publication:
lundi 25.08.2014, 13:30 heure



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