«Quelle est l’influence sur mon enfant?»

Qu’en est-il de la protection de la jeunesse dans les jeux vidéo? Des lecteurs nous ont envoyé leurs questions à ce sujet. 
Peter Züger, président de Swiss Interactive Entertainment Association (SIEA) y répond.

1. Comment est déterminé l’âge minimum autorisé pour chaque jeu?
Il n’existe aucune réglementation légale en la matière. Depuis 2003, les éditeurs de jeux s’appuientsur le système Pan European Game Information (PEGI), reconnu en Europe et développé en collaboration avec des responsables politiques et scientifiques. Les éditeurs de jeux s’engagent à compléter un questionnaire précis. Celui-ci servira de base à une évaluation provisoire du produit, la classification finale étant confiée à un organisme spécialisé indépendant (NICAM ou VSC). Sur la base de ce système d’évaluation, l’âge minimum recommandé pour un jeu est ensuite indiqué de manière visible sur le devant de la boîte. Au dos de l’emballage, des pictogrammes complémentaires fournissent des informations sur le contenu: violence, sexe, langage grossier, etc. En outre, depuis 2006, le système PEGI sert également de référence pour le contrôle de l’âge lors de l’achat de jeux dans les commerces de détail et les boutiques en ligne. Pour en savoir plus, consultez le site: www.pegi.info/ch_fr/

2. A-t-il été prouvé scientifiquement que les jeux violents ont une influence négative sur le développement de l’enfant?
Il est difficile de définir précisément les effets que peuvent avoir ces jeux, et le sujet fait débat dans les milieux scientifiques. Le site www.jeunesetmedias.ch donne un bon aperçu de la question.
En général, les éditeurs de jeux sont favorables à une protection renforcée de la jeunesse et travaillent de ce fait avec la Confédération ainsi qu’avec différents organismes et des représentants des nouveaux médias pour mettre en place des campagnes de sensibilisation visant à offrir aux parents, aux enseignants et aux associations un accès facilité aux conseils des spécialistes. Quelques recommandations utiles:
1. Choisissez des jeux adaptés à l’âge de votre enfant en vous conformant à la classification PEGI.
2. Limitez le temps de jeu. Convenez avec vos enfants d’une durée quotidienne ou hebdomadaireconsacrée aux jeux ou aux activités multimédias en général.
3. Installez la console non pas dans la chambre de l’enfant, mais dans une pièce à laquelle vous avezaisément accès.
4. Tâchez de savoir avec qui votre enfant joue et quelles informations il communique.
5. Sachez que l’intérêt que vous exprimez et les discussions menées avec les jeunes sur le sujet sont plus bénéfiques que les interdictions.
Vous pouvez également vous aider de la règle du 3-6-9-12:
– écran interdit aux moins de 3 ans
– console interdite aux moins de   6 ans
– Internet interdit aux moins de   9 ans
– Internet sans contrôle parental  
   interdit aux moins de 12 ans.
Si ces règles sont respectées, le jeu restera synonyme de plaisir et de sécurité – pour les petits comme pour les grands.

3. Combien de temps un enfant peut-il jouer sans que cela nuise à sa santé (incidences sur les yeux, le cerveau, etc.)?
Il est très difficile de répondre à cette question, car les répercussions des jeux vidéo sur la santé dépendent de nombreux facteurs (âge, intensité, contenu, nombre de pauses, sommeil, etc.). Lesscientifiques eux-mêmes ne sont pas unanimes. Il nous semble toutefois judicieux d’établir un parallèle avec le temps passé à regarder des films ou la télévision.

4. A partir de combien d’heures de jeu par jour peut-on dire que son enfant est «dépendant»?
Ici encore, chaque cas est différent. De manière générale, on peut dire toutefois que les symptômescaractéristiques sont les mêmes que pour les autres phénomènes de dépendance. Les principales questions/réponses et informations concernant les jeunes et les médias peuvent être consultées sur le site www.jeunesetmedias.ch élaboré en partenariat avec la Confédération. Conseil: si votre enfant a tendance à fuir régulièrement la réalité pour se réfugier dans un monde artificiel (écran de télé ou d’ordinateur, drogue, alcool, etc.), nous vous recommandons d’aborder la question avec lui et de demander conseil à un professionnel. Mais notons aussi que dans la majorité des cas, les parents s’inquiètent, alors que la situation est sans gravité. Le plus souvent, il manque tout simplement aux jeunes des activités de loisirs attrayantes. Les parents ont ici un rôle à jouer pour accompagner leurs enfants dans la pratique d’activités (excursions, sport, culture, etc.)

5. Suis-je légalement responsable et susceptible d’encourir des sanctions si mon enfant s’adonne à un jeu pour lequel il est encore trop jeune?
Les professionnels de la branche et les distributeurs transmettent à leurs clients les recommandations liées à l’âge, mais ne sont pastenus de le faire. Actuellement, seul le canton de Bâle a émis une loi sur les médias incluant la responsabilité des parents. Les classifications PEGI constituent toutefois une aide simple et immédiate pour les parents qui souhaitent s’assurer que les jeux utilisés par leurs enfants sont adaptés à leur âge.

6. Mon enfant joue avec des étrangers en mode multijoueur et communique avec eux par le biais d’un microphone. Ces échanges sont-ils sans danger ou existe-t-il un risque de détournement abusif?
Tout comme lorsqu’il joue avec ses amis dans la cour de récréation, votre enfant se trouve exposé, dans le monde virtuel, à un certain nombre de risques (langage grossier, échanges d’informations, etc.). Mais cette activité est aussi l’occasion d’établir des contacts et de jouer ensemble. Ce n’est qu’enparlant avec votre enfant que vous parviendrez à mieux cerner la nature et le contenu de ses échanges. Les parents doivent donc encourager leurs enfants à se confier à eux en cas de mal-être.

7. Mon enfant ne quitte plus sa console. Il néglige ses devoirs et ne voit plus ses amis. Chaque fois que j’essaie de le détourner de ses jeux, cela se termine en dispute. Où puis-je obtenir de l’aide?
Il faut avant toute chose fixer avec l’enfant des règles de priorité (tout d’abord faire les devoirs, ensuite jouer), limiter son temps de jeu et veiller au respect des principesdéfinis. Il conviendra bien sûr ici que les jeunes comme leurs parents fassent preuve de discipline. Si cela ne fonctionne pas, tournez-vous vers les organismes de conseil répertoriés sur le sitewww.jeunesetmedias.ch

8. Mon enfant a acheté sansma permission un jeu pour lequel il est encore trop jeune. Le vendeur est-il tenu de reprendre l’article et de me rembourser le montant de l’achat?
Etant donné que les commerçants se sont engagés volontairement à contrôler l’âge lors de la vente, la reprise des articles ne pose engénéral pas de problème. Souvent toutefois, les jeunes font intervenir une tierce personne plus âgée pour acheter le jeu dont ils ont envie. Il revient donc aux parents d’aborder le sujet avec leur enfant.

Publicité