Sur les flots du Danube

Trois capitales en trois jours en se laissant porter par le fleuve mythique. Que diriez-vous d’une escapade intergénérationnelle à la rencontre de trois cultures fascinantes? Bienvenue à bord.

http://www.cooperation.ch/_Sur+les+flots+du+Danube ​Sur les flots du Danube

Un vent puissant souffle cet après-midi-là à Vienne où notre bateau nous attend. Il chasse les nuages pour permettre au ciel d’exprimer ses nuances de bleus qui se reflètent dans les eaux troubles du Danube. Ce deuxième plus grand fleuve d’Europe affiche la plupart du temps une robe brunâtre aux reflets verdâtres, mais (plus) jamais un bleu straussien. Les membres de l’équipage aident une clientèle majoritairement âgée, friande de croisières, à monter à bord. Quelques familles aussi apprécient ce type d’escapades réunissant parfois trois, voire quatre générations. Moi aussi j’aurais adoré faire cette croisière avec mes grands-parents, me dis-je émue en embarquant. Demain soir, nous mettrons le cap sur Budapest. Mais avant, une balade dans la capitale autrichienne s’impose!

Quel est le fil «bleu» entre Vienne, Budapest et Bratislava?

Une journée à Vienne

Cette ville, élue par le cabinet américain Mercer, pour la neuvième fois consécutive, comme la ville qui offre la meilleure qualité de vie au monde (juste devant Zurich), est «the place to be» cette année. On y fête plusieurs jubilés, dont les 100 ans de la modernité viennoise.
Fin XIXe, début XXe siècle, on rompt avec le passé. On dépoussière la monarchie habsbourgeoise et cela se ressent dans tous les aspects de la vie, dans les arts tout particulièrement. Les chefs-d’œuvre comme «Le Baiser» de Gustav Klimt, les autoportraits d’Egon Schiele, la psychanalyse de Sigmund Freud, les symphonies de Gustav Mahler, les constructions d’Otto Wagner et ses idées d’urbanisme ont marqué cette époque révolutionnaire.
Schiele, Klimt, Koloman Moser et Wagner sont par ailleurs tous les quatre décédés il y a exactement 100 ans, laissant derrière eux un immense héritage culturel. De nombreuses expositions, spectacles et visites guidées thématiques font partie du riche agenda viennois de 2018. Parmi les visites, citons celle consacrée au visionnaire Otto Wagner. On découvre l’architecture de ses bâtiments Sécession (Art nouveau autrichien) à travers, notamment, la Caisse d’Epargne (Postsparkasse) ou son pavillon à la Karlsplatz (ancienne station de métro transformée en musée). L’église Saint-Léopold am Steinhof vaut également un détour. Otto Wagner a construit un asile psychiatrique avec au sommet du parc la première église moderniste d’Europe.  
Pour découvrir, en français, l’œuvre d’Otto Wagner: www.visitervienne.at

L’église Saint-Léopold d’Otto Wagner.

Vienne est la ville offrant la meilleure qualité de vie au monde.

Une capitale festive et gourmande

Une seule journée ne suffit pas pour découvrir les innombrables richesses de cette ville-musée. Avant de remonter à bord nous avons opté pour un tour classique du château de Schönbrunn accueillant chaque jour entre 10  000 et 15  000 visiteurs. Mieux vaut y aller tôt le matin, hors week-ends et jours fériés, idéalement à la belle saison lorsque les immenses jardins et les allées fleurissent. Notre appétit culturel ainsi rassasié, nous optons pour une des nombreuses pâtisseries viennoises comme la fameuse tourte Sacher ou un strudel aux pommes.
Pour déguster ces desserts aussi beaux que bons, il est important de choisir le cadre idéal. Le Demel, le Sperl, le café Museum (le préféré de Klimt selon notre guide), le Central (ancienne bourse) ou le café Landtmann (le préféré de Freud), par exemple, font partie des adresses (touristiques), testées et approuvées. Durant le week-end, il faut s’armer de patience et faire la queue en attendant qu’une table se libère. Mais Vienne c’est aussi une ville jeune, alternative, décontractée, où l’on peut faire la fête en continu. Les petits-déjeuners et brunchs foisonnent. Ils restent un allié idéal pour recharger ses batteries, dans des établissements aux concepts originaux et chaleureux avec souvent espace fumeur. Histoire et modernité cohabitent dans une atmosphère hautement épicurienne où le grüner veltliner  (cépage) coule à flots. Ce n’est qu’un au revoir, Vienne!

Le célèbre pont des chaînes relie Buda à Pest, où se trouve le Parlement (à gauche).

Une journée à Budapest

Au coucher du soleil, notre bateau quitte la capitale autrichienne pour épouser le mouvement doux du Danube. En à peine quelques minutes, les paysages deviennent plus sauvages et bien plats. Des cabanes de pêcheurs, des rangées d’arbres, quelques maisons plus ou moins modestes et des oiseaux nous accompagnent. La nuit tombe. On n’y voit plus rien. Sur le bateau, derrière son synthé, László invite à la danse. Les «golden age» bien festifs maîtrisent parfaitement les danses de salon, le madison et le twist.
Après un cours de danse gratuit et quelques digestifs, je regagne ma cabine. Au réveil, le paysage avance vers nous. Budapest nous accueille. Sur notre gauche, se dresse la façade gothique du gigantesque Parlement qui ressemble au palais de Windsor dont s’est inspiré l’architecte. Plus tard dans la journée, nous l’explorerons de l’intérieur. Nous apprendrons notamment qu’il s’agit du troisième plus grand Parlement d’Europe et du plus grand bâtiment de Hongrie. Du bois, de l’or massif, des sculptures, des vitraux colorés, des lustres somptueux, des kilomètres de tapis rouges et des escaliers monumentaux nous impressionneront. C’est la bouche béante que nous visiterons les pièces de ce palais du début du XXe siècle, siège de l’Assemblée nationale de Hongrie.
Notre MS Vivaldi s’amarre à côté du célèbre pont des chaînes, un pont suspendu du XIXe siècle reliant la vallonnée Buda à la plate Pest. Je profite d’un peu de temps libre pour me balader dans cette ville qui mériterait une escale bien plus longue, encore une fois. Notre croisière permet de vivre quelques morceaux choisis de ces capitales européennes, de changer d’air et d’atmosphère, pour un jour y revenir lors d’un séjour prolongé. Je décide de passer du temps aux halles centrales (Budapesti Központi Vásárcsarnok) pour sentir le pouls de la ville. Dans ce gigantesque marché couvert, le plus grand du pays, entre style néogothique et Art nouveau, les habitants (et les très nombreux touristes) se rencontrent, boivent un verre, mangent une goulasch (plus ou moins traditionnelle selon les échoppes), achètent un bon salami hongrois, du piment ou du paprika. Les nombreux stands nous rappellent que la cuisine hongroise est bien épicée! Je traverse la rue piétonnière du centre-ville avec ses boutiques internationales, je marche sur le pont des chaînes pour rejoindre la vieille ville de Buda. On peut y monter à pied ou en funiculaire. De là-haut, je profite d’un magnifique point de vue sur la ville et le Danube. Le château de Buda, le musée d’histoire, la place de la Trinité avec l’église Matthias datant du XIIIe siècle font partie des incontournables comme en témoignent les hordes de touristes de tous âges et tous horizons. Je quitte cette «perle du Danube» sans avoir fait trempette dans ses célèbres bains. Une autre fois. A l’heure bleue, la ville s’éclaire, dévoilant un visage encore plus romantique. Le gigantesque Parlement s’approche de nous. On y aperçoit chaque nervure, chaque détail architectural. Nous avons mis le cap sur Bratislava, à contre-courant cette fois-ci, mais toujours en musique avec un spectacle folklorique hongrois.

L’équipage en tenue traditionnelle hongroise.

Une journée à Bratislava

Nous arrivons le lendemain après-midi à Bratislava. Pour admirer le panorama sur la capitale slovaque, nous montons sur l’esplanade du château, un édifice détruit et reconstruit à de nombreuses reprises. C’est au centre-ville que se trouve le lieu le plus visité de la capitale. Il s’agit de la cathédrale Saint-Martin où furent couronnés de nombreux rois et reines de Hongrie. Dans le centre, l’atmosphère est chaleureuse. Des ruelles étroites abritent des bars, restaurants et commerces. Pour info, en Slovaquie on paie en euros.
Le temps presse, nous devons remonter à bord. Je profite du coucher du soleil sur ce fleuve qui me rappelle tant de souvenirs d’enfance. La soirée de gala qui se prépare à bord chasse rapidement ma nostalgie. Je retrouve les croisiéristes et les membres de l’équipage sur leur 31 pour une dernière danse avant de m’endormir dans les bras de Morphée qui valsera cette nuit encore avec le Danube.

La cathédrale Saint-Martin, Bratislava.

La croisière en bref

Cette croisière de CroisiEurope, de Vienne à Vienne, a lieu de mars à octobre. Prix: à partir de 715 fr. par personne. Pour plus d’infos et réservations (il reste de la place pour cette année):

Informations et réservations

Infos supplémentaires

Informations complémentaires pour faire un programme sur mesure à Vienne, Budapest et Bratislava:

Vienne
Budapest
Bratislava
Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Wientourismus/Christian Stemper, Getty Images, Alamy, carte: Rich weber
videos:
Jasmina Slacanin
Publication:
lundi 16.04.2018, 12:44 heure