1 von 8


Comme neuf: Roland Schibli et un pickup Chevrolet 3100 (1950).


Tableau de bord et aileron d’une Ford Thunderbird (1955).

Dessous: une Packard Mayfair (1953).


Œuvres d’art sur quatre roues

Classiques Rouler en américaine fut longtemps considéré comme un luxe un peu tapageur. Mais c’est aussi l’expression d’un certain individualisme, qui subsiste aujourd’hui.

Pas besoin de le voir, le seul bruit de son moteur tournant au ralenti suffit pour faire converger les regards. Le six cylindres en ligne ronronnant sous le capot du pick-up Chevrolet rouge n’a plus rien à voir avec les mécaniques contemporaines, c’est un témoin de l’histoire. La force tranquille qui émane des moteurs de grosse cylindrée explique en partie le succès des vieilles américaines.
L’abréviation «V8» a une connotation magique remontant aux rêves d’enfance, quand la Corvette Stingray supplantait toutes les autres voitures dans le jeu des sept familles. Elle évoque aussi des films comme Cours après moi shérif, quand Burt Reynolds fait rugir le moteur de sa Pontiac Trans Am et que le public des salles obscures retient sa respiration.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

La country supplante l’accordéon

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les curieux affluent par milliers pour découvrir de tels bijoux, comme c’était le cas début mai à Luterbach (SO). «American Live» est la plus grande concentration du genre en Suisse.
Les passionnés sont toujours de la partie, même quand il pleut comme lors de cette 32e édition. «L’amour pour ces voitures rutilantes va souvent de pair avec une certaine fascination pour le style de vie américain», explique Peter Voser, le président du comité d’organisation. «La musique country prend le pas sur l’accordéon.»
Les «Friday Night Cruisers», qui mettent sur pied le meeting de Luterbach, sont l’un des clubs réunis sous la bannière de la FAAS, la Fédération des clubs d’automobiles américaines de Suisse.
Il est néanmoins difficile de connaître exactement le nombre de propriétaires de voitures classiques américaines dans ce pays. «Cela va des collectionneurs fortunés, possédant des dizaines de voitures anciennes, aux gens modestes qui ont économisé patiemment pour pouvoir s’offrir celle de leurs rêves», explique Roland Schibli (38 ans). Il a fait de sa passion un métier et dirige – à Trimbach (SO) – un garage spécialisé dans les automobiles classiques américaines.

Une fièvre contagieuse

À l’instar de Peter Voser, dont les parents exploitaient jadis une entreprise de taxis zurichoise utilisant des berlines américaines, Roland Schibli avait en quelque sorte une prédisposition familiale.
Il se souvient des voitures de son grand-père, par exemple la Plymouth Fury ou la Dodge Dart, et a attrapé le virus pendant son apprentissage de mécanicien. À 16 ans, il achète pour 300 francs une Ford Fairlane qu’il démonte entièrement.
Mais la fièvre retombe un peu quand il découvre qu’il faudrait investir entre 20 000 et 30 000 francs pour remettre cette voiture en état de marche.

La Packard Clipper Super Panama.

À 22 ans, il se rend aux États-Unis pour un séjour d’un an. Lorsqu’il veut louer une voiture pour se rendre de l’aéroport à son futur lieu de travail, situé en Virginie, on lui fait remarquer qu’il faut être âgé de 25 ans pour pouvoir signer le contrat.
Qu’importe, l’employé modifie sa date de naissance et le jeune Suisse découvre dès le premier jour que rien n’est impossible dans ce pays.
Les amis d’alors le sont restés jusqu’à aujourd’hui et Roland Schibli peut toujours compter sur eux lorsqu’il retraverse l’Atlantique, à la recherche de voitures à importer en Suisse.

Un passionné de belles carrosseries trouve toujours quelque chose à retoucher.

«

On travaille encore à l’oreille»

Roland Schibli, directeur d’un garage spécialisé dans les voitures classiques américaines

Force tranquille et confort

Une Buick Electra 225 Convertible

Une Buick Electra 225 Convertible
Une Buick Electra 225 Convertible

Les «vieilles américaines» se classent grossièrement en deux catégories. Il y a d’une part les «Muscle Cars» à la cylindrée et à la puissance pléthoriques. Roland Schibli en possède une, une Dodge Coronet R/T (abréviation de «Road and Track»), actuellement au garage parce qu’il y a toujours des choses à améliorer.
L’autre catégorie est celle des berlines kitsch surchargées de chromes, aux banquettes moelleuses et au coffre gigantesque, offrant un confort de rêve: «Les américaines avaient déjà la climatisation et l’autoradio quand ces équipements étaient encore réservés aux voitures de luxe en Europe», explique Andi Lüthi, un ami d’enfance de Roland Schibli partageant sa passion pour les belles amé-ricaines et travaillant toujours avec lui, au garage.
Ils apprécient la robustesse de ces mécaniques antérieures à l’ère de l’électronique: «On travaille encore à l’oreille», s’enthousiasme Roland Schibli. Ce qui permet de réduire les coûts d’entretien. Si la voiture a été bien restaurée, elle n’a pratiquement plus besoin que d’essence et d’huile.
Et aussi de beau temps, pour que les excursions soient vraiment agréables!

Démesurées: la Ford Galaxie 500

«Conduire à New York» 

Anne Carrard, comédienne-animatrice

Anne Carrard, comédienne-animatrice
Anne Carrard, comédienne-animatrice

Très jeune, je m’étais lancé le défi de conduire dans des grandes villes comme Paris, New York, Rome. New York fut ma première expérience. Avant de m’y lancer, je suis allée m’entraîner à La Chaux-de-Fonds. Bon, ça n’est pas tout à fait pareil! Le quadrillage des rues y est identique, mais la comparaison s’arrête là!
En arrivant à New York, j’ai très vite réalisé que mon défi serait double. Non seulement il me faudrait surmonter le stress du trafic, mais en plus trouver une voiture de location à Manhattan. Un défi quand on n’a ni carte de crédit ni l’âge requis. J’ai tout de même réussi à me dégoter ce qu’il fallait, mais je ne vous dirai pas comment.
Clé en main, je partais à bord d’un bolide de taille surdimensionnée aux couleurs explosives. J’ai très vite klaxonné, transpiré, rouspété, hurlé pour finalement m’arrêter sur un trottoir, sortir du véhicule les cheveux en bataille et laisser le volant à qui voulait bien le prendre en jurant que plus jamais je ne conduirais dans cette ville! Paris attendrait!

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Texte: Andreas faust

Photo: SP

Publication:
lundi 18.05.2015, 15:30 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?