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Stéphanie Vuadens (42 ans) a grandi au bord de l’Atlantique en Vendée. En 2003, elle a tout quitté pour rejoindre son futur mari valaisan en Suisse. Ensemble, ils ont deux garçons de 9 et 10 ans et vivent dans la campagne genevoise.

Panneau de prévention près du rucher de Troinex, qui se trouve à proximité d’un quartier résidentiel.

Stéphanie Vuadens, équipé de l’enfumoire servant à calmer et éloigner les abeilles.

Ouverture du couvre-cadre d’une ruche.

Un des ruchers de Vessy avec le Salève en toile de fond.

Ruche ouverte.

Utilisation de l’enfumoire avant de sortir un cadre à miel.

Stéphanie en train de retirer un cadre à miel.



Stéphanie Vuadens devant le rucher de la Croix-de-Rozon.

Le rucher de la Croix-de-Rozon se trouve au beau milieu d’une jachère florale de plusieurs hectare.


Une Jeep Wrangler tout terrain: il faut bien cela à l’apicultrice pour ne pas rester embourbée en allant et revenant des ruchers, où il n’y a souvent même pas une route de campagne.

Une abeilles recouverte du pollen qui servira à la pollinisation. Sur ses pattes arrières, le pollen qu’elle va ramener à la ruche.

Une abeille infectée par le varroa, ce parasite qui se colle sur son dos comme une tique.

L’apicultrice retire le miel des cadres dans sa miellerie de Meyrin.

Dans sa miellerie, Stéphanie Vuaden entreprose pas moins de 120 ruches flambants neuves et une cinquantaine de ruchette d’élevage.

La dame aux abeilles

Passion Dans la campagne genevoise, l’apicultrice Stéphanie Vuadens s’occupe de 250 ruches. Il y a deux ans, elle a fait le pari de quitter son travail pour devenir professionnelle. Une sacrée aventure!

A ux alentours de La Croix-de-Rozon (GE), elle stoppe sa jeep pour saluer un céréalier en plein travail. Le robuste agriculteur lance à son collaborateur: «Je te présente Stéphanie, la dame aux abeilles!» Des connaissances de cet acabit, l’apicultrice en compte une bonne quinzaine dans la campagne genevoise, car là où elle pose ses ruchers, les paysans sont de la partie. Elle rigole même des premiers contacts qu’elle a parfois eus. Forcément, une belle blonde aux ongles vernis qui propose de poser des ruches, ça ne court pas les champs. Pourtant, cette battante a vite fait de convaincre les plus sceptiques. En décembre 2014, elle a quitté son job à temps plein dans la pharma pour devenir apicultrice professionnelle. Elle possède aujourd’hui 250 ruches dispersées dans tout le canton et vend notamment son «Miel Genevois» chez Coop Genève. À l’orée de la récolte printanière, Stéphanie Vuadens nous fait découvrir un peu de son univers, né d’un heureux hasard et concrétisé par sa nature de femme passionnée.

La reine, marquée de couleur pour savoir son âge.

La reine, marquée de couleur pour savoir son âge.
http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles La reine, marquée de couleur pour savoir son âge.

Un essaim dans son jardin

Le profane pourrait penser que les professionnels qui vivent de l’apiculture sont légion dans notre contrée. Mais la Suisse n’est pas la France. On estime le nombre d’apiculteurs à plein temps à une quinzaine contre environ 2000 dans l’Hexagone. Et seulement 70 apiculteurs possèdent plus de 80 ruches en Suisse. Stéphanie Vuadens fait donc figure d’exception. Ce printemps, elle a même engagé son premier employé à 100%, Alexandre, un apiculteur français. Dans sa miellerie de Meyrin, un dépôt contient pas moins de 120 ruches, flambant neuves qu’elle a montées elle-même cet hiver. Et, cette année, elle commence même l’élevage de reines.
Pourquoi s’est-elle lancée dans le miel? «En avril 2013, un essaim est arrivé dans mon jardin. C’était vraiment impressionnant. On était en train de construire un petit abri pour outils, la reine est passée dans un trou et toutes les abeilles l’ont suivie l’une après l’autre.» La famille a alors appelé un apiculteur qui leur propose d’installer une ruche dans le jardin. «J’ai d’abord dit non, c’est mon mari qui a accepté, sans m’écouter…» La première fois qu’elle a dû s’occuper de la ruche, elle a cru qu’elle n’y arriverait jamais. Imaginez, 30 000 abeilles forment déjà une bonne colonie. «Je n’étais mentalement pas préparée, se rappelle-t-elle. Mais, à chaque fois, tout s’est si bien passé, que j’ai réalisé que c’était aussi un moment pour moi. J’étais seule avec moi-même devant ces petites créatures qui pollinisent les fleurs et qui vont faire des framboises dans le jardin et des cerises chez la voisine!»

Un enfumoir utilisé pour calmer et éloigner les abeilles.

Un enfumoir utilisé pour calmer et éloigner les abeilles.
http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles Un enfumoir utilisé pour calmer et éloigner les abeilles.

La première fois qu’elle a fait une extraction de miel, elle avait des étoiles plein les yeux. C’était le coup de foudre. Lorsque la dame est en mode «passion», elle donne tout. Ni une ni deux, elle prend des cours à la Société romande d’apiculture et augmente d’emblée son cheptel à cinq ruches, puis 25. Fin 2014, elle quitte son travail pour atteindre un cheptel de 75 à 100 ruches en 2015. Parallèlement, elle se plonge dans la littérature apicole et se fait coacher par des apiculteurs professionnels du canton de Vaud et de la région lyonnaise. L’année dernière, elle est passée à 200 ruches et gère aujourd’hui un cheptel de 250 ruches, réparties sur vingt sites dans toute la campagne genevoise, au nord et au sud du Léman et du Rhône. «Si tout va bien, je devrais terminer l’année autour des 300 ruches!», lance Stéphanie Vuadens, confiante.

À Bardonnex (GE), Stéphanie Vuadens a installé quinze ruches au milieu d’une jachère florale de plusieurs hectares, plantée à son intention par un paysan bio.

À Bardonnex (GE), Stéphanie Vuadens a installé quinze ruches au milieu d’une jachère florale de plusieurs hectares, plantée à son intention par un paysan bio.
http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles À Bardonnex (GE), Stéphanie Vuadens a installé quinze ruches au milieu d’une jachère florale de plusieurs hectares, plantée à son intention par un paysan bio.

Vous avez dit fins gourmets?

«Quasiment à côté de tous mes ruchers, il y a un point d’eau.» L’apicultrice choisit avec soin les lieux qui accueillent ses colonies. À Bardonnex, un paysan bio lui a planté une jachère florale de plusieurs hectares, où elle a installé quinze ruches entre deux chênes centenaires. À quelques kilomètres de là, elle teste une nouvelle parcelle proche d’une allée de tilleuls avec six colonies. Toujours à la recherche de nouveaux «petits coins chéris adorés», elle installera bientôt un rucher près d’un verger de pommiers. Emplacement différent, miel différent. Et, bien sûr, couleurs et goûts différents! «Mon objectif est presque d’avoir un miel par village.» Sur les pots qu’elle vend, le lieu de provenance est toujours mentionné. C’est aussi l’une des raisons qui rend son miel unique. «Il ne faut pas oublier que le miel est la propre nourriture de l’abeille. Tout comme nous, elle ne veut pas manger toujours la même chose et préfère aller butiner plusieurs variétés de fleurs.» Stéphanie Vuadens s’amuse également des idées préconçues qu’elle avait autrefois sur le miel. «J’étais comme beaucoup persuadée que le miel était fait avec du pollen et non avec le nectar des fleurs (ndlr: le liquide sucré de la fleur).» Évidemment, l’abeille se nourrit aussi de pollen, sa source de protéine. Elle le mélange notamment au nectar pour en confectionner les pains d’abeilles, destinés aux larves de la ruche. Quant à la pollinisation, elle la réalise bien malgré elle, et c’est certainement la plus belle vertu de la nature: faire le bien sans le vouloir. Elle se frotte au pollen situé sur la partie mâle de la fleur avant de plonger au cœur de la fleur où se trouve la partie femelle et le nectar (lire notre article en pages 72-73). «Les abeilles sont responsables de 80% de la pollinisation de nos plantes, rappelle l’apicultrice. Et donc des légumes et fruits que nous mangeons. C’est colossal!» Du côté de Troinex: un cerisier donne des cerises comme jamais depuis que l’apicultrice y a planté ses ruches aux alentours…

L'un des ruchers de Vessy (GE) qui bordent un champs de colza.

L'un des ruchers de Vessy (GE) qui bordent un champs de colza.
http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles L'un des ruchers de Vessy (GE) qui bordent un champs de colza.

Une alliée en danger

L’abeille mellifère est confrontée à une mortalité qui a explosé ces deux dernières décennies (lire l’interview ci-dessous). Le parasite varroa fait des ravages. «C’est comme une tique qui se colle sur l’abeille et va pomper sa vitalité et tout son sang. Cela va jusqu’à atrophier ses ailes.» L’apicultrice image cette maladie comme un paquet de 2 ou 3 kg sur le dos d’un être humain, qui lui pomperait le sang toute la journée. «L’abeille peut en avoir jusqu’à cinq sur le corps!» Pour sa part, Stéphanie Vuadens le traite de façon biologique avec de l’acide formique. Si beaucoup d’apiculteurs ont perdu de nombreuses colonies l’hiver dernier, la Genevoise touche du bois, car elle n’a pas eu de grande mortalité dans ses ruches.
Le retour du froid fin avril n’a pas non plus épargné la vie des ruches. «Les gelées sont très problématiques pour tout le monde. Les abeilles vont ramener beaucoup moins de miel et doivent vivre sur leur réserve dans la ruche.» L’apicultrice adapte donc sa récolte printanière aux aléas météorologiques, pour que les colonies puissent bien se développer durant la saison chaude. Lors de la visite du rucher de Bardonnex, il ne faisait que 8 degrés au petit matin. Pas d’ouverture de ruches dans ces conditions… Quelques abeilles déambulaient tout de même à l’extérieur, s’arrêtant dans une position inhabituelle. Pointant une ouvrière du doigt, l’apicultrice s’exclame: «Quand elles ont le cul en l’air, c’est qu’elles ont froid!»

http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles La dame aux abeilles

Oh les filles, oh les filles!

En ce mois de mai, lorsque le thermomètre a finalement dépassé les 14–16 degrés par ciel bleu, la récolte printanière a débuté. «Si tout va bien, je fais trois récoltes par an: en mai, juin et juillet. Et je laisse le reste aux abeilles pour qu’elles passent l’hiver. En 2016, on a eu un mois de juin pourri et je n’ai donc fait que deux grandes récoltes.» Quand elle parle de ses abeilles, l’apicultrice laisse vibrer son côté maternel et les surnomme «les filles». Il suffit qu’une parcelle où se trouve l’un de ses ruchers soit bien fournie en variétés florales pour qu’elle leur dise affectueusement: «Eh, les filles, choisissez ce que vous voulez manger!»

Les prouesses de l’abeille mellifère

Parmi les 615 espèces d’abeilles vivant en Suisse, une seule est mellifère et «domestique». Toutes les autres sont sauvages et ne produisent pas ou peu de miel.

Evolution du nombre d’apiculteurs-trices en Suisse de puis 1876

Evolution de la grandeur des ruchers en Suisse depuis 1876

Coop s’engage pour les abeilles

http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles La dame aux abeilles

Soutenir les apiculteurs en herbe et œuvrer pour la survie des abeilles sauvages, c’est le but que s’est donné Coop à travers dix projets pédagogiques destinés aux écoliers, mais aussi aux plus grands. Ceci en collaboration avec Bio Suisse, Biotta, Ramseier, Weleda et A. Vogel. Au domaine agricole bio de La Coudre (VD), des cours d’apiculture gratuits sont donnés tous les jeudis de 18 h à 20 h jusqu’à mi-août. Et, sur demande, des cours sont organisés pour des classes jusqu’à début juillet. Pour découvrir le rucher en toute décontraction, profitez de la journée porte ouverte le samedi 3 juin de 9 h à 16 h.
www.sosabeilles.ch

Le Parrainage Coop pour les régions de montagne a lancé des projets à long terme destinés à la pérennité des abeilles. Objectif: encourager les paysans de montagne à revêtir le costume d’apiculteur. Si vous souhaitez contribuer à cette action, vous pouvez devenir parrain ou marraine d’une colonie d’abeilles pour 80 fr. par an. L’argent que vous investissez est intégralement reversé aux projets apicoles en cours ou à venir dans les régions de montagne. Pour l’instant, trois paysans de montagne ont lancé leurs ruchers dans les cantons d’Uri et du Tessin en 2016.
www.coop.ch/parrainez-des-abeilles

Avec son «Opération de jardinage», Coop a lancé depuis 2016 une grande action dans les écoles en faveur des abeilles sauvages, dont les espèces sont souvent liées à des fleurs et des plantes sauvages particulières. Selon les experts, 40% des quelque 615 espèces vivant en Suisse sont menacées. Cette année, plus de 27 500 élèves et enseignants de tout le pays aménagent jardins, biotopes et nichoirs autour des écoles avec des plantons bio d’herbes aromatiques et des semences bio, offerts par Coop et Bio Suisse. Les inscriptions sont terminées, mais on aura l’occasion de voir les résultats cet été!
www.sosabeilles.ch

Vous voulez offrir un parrainage?

Le parrainage est un acte de solidarité. C'est aussi un cadeau original que vous pouvez offrir à un être cher. Pensez-y!

Aidez-nous à protéger les abeilles: l'Homme et la Nature vous diront merci!

Don de 80 francs pour parrainer une ruche

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Jean-Daniel Charrière, responsable du Centre suisse de recherche apicole à Agroscope

Jean-Daniel Charrière, responsable du Centre suisse de recherche apicole à Agroscope
http://www.cooperation.ch/La+dame+aux+abeilles Jean-Daniel Charrière, responsable du Centre suisse de recherche apicole à Agroscope

Depuis les années 1990, le nombre de colonies d’abeilles mellifères a diminué d’environ 10 à 15% en Europe…
Depuis 2003, on observe des mortalités hivernales importantes. Si l’apiculteur perd 25% de ses colonies, ce n’est pas évident de reconstituer le cheptel. Cette diminution est également due au traitement contre le varroa (ndlr: le parasite des abeilles, premier cas détecté en 1984), qui génère un surcroît de travail pour l’apiculteur et qui en décourage plus d’un. On constate donc aussi une réduction de la grandeur des exploitations!

«

Les abeilles adorent les mauvaises herbes»

Pourquoi près de 40% des 615 espèces d’abeilles sauvages vivant en suisse sont-elles menacées?
Premièrement, à cause des modifications de l’environnement dues à l’homme comme l’urbanisation et l’intensification agricole. Les zones alluviales étaient, par exemple, des milieux très propices aux abeilles sauvages. D’autre part, elles doivent trouver un lieu de nidification à proximité des sites où elles vont trouver de la nourriture, parce qu’elles volent sur de courtes distances (200 à 300 m contre 2 à 4 km pour l’abeille mellifère). De plus, des abeilles sauvages sont directement liées à certaines plantes. Les autres plantes en fleurs, elles ne peuvent rien en faire!

Voyez-vous d’autres raisons?
L’usage des pesticides pourrait jouer un rôle... Que ce soit au niveau des insecticides qui, mal utilisés, les menacent directement, ou encore au niveau des herbicides, qui éliminent les mauvaises herbes. En fait, pour les abeilles, ce sont des bonnes herbes!

Le rucher de La Coudre

Apiculture: comment bien débuter? Jardinerie Truffaut TV

C’est pas sorcier – Le déclin des abeilles

Une saison d’apiculture – épisode 01 – février 2017

Une saison d’apiculture – épisode 02 – février 2017 encore…

Les épisodes 3 à 14 sur la chaîne Youtube de «gOAdee Apiculteur Pro»

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Alain Wey

Rédacteur

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno, Fotolia, Heiner H. Schmitt, DR
Publication:
dimanche 21.05.2017, 14:00 heure



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