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Photo de gauche: une gouge, l’outil qui sert à récolter les asperges. A droite, une plantation près d’Agadir, au Maroc, où les conditions sont idéales: du soleil, des terrains sablonneux et suffisamment d’eau. La récolte commence en février.




Asperges: nées sous le soleil du Maroc

Très prisée en Europe, l’asperge ne l’est pas du tout au Maroc. Si l’on y cultive ce légume-tige, c’est notamment pour le marché suisse.

Hassan Ouftonj n’aime pas les asperges mais il gagne sa vie en les récoltant sur des plantations près d’Agadir, au Maroc.

Hassan Ouftonj n’aime pas les asperges mais il gagne sa vie en les récoltant sur des plantations près d’Agadir, au Maroc.
Hassan Ouftonj n’aime pas les asperges mais il gagne sa vie en les récoltant sur des plantations près d’Agadir, au Maroc.

Hassan Ouftonj (37 ans) s’étire en essuyant son front trempé de sueur. Il dépose avec précaution des asperges vertes fraîchement récoltées dans un cageot en plastique. Ce légume-tige ravit les papilles helvétiques et Hassan le sait bien. Lui-même ne les aime pas, comme tout Marocain qui se respecte: «Jamais je n’en mangerai, ce n’est tout simplement pas bon.» Pourtant, c’est un spécialiste de l’asperge. Il a l’œil et reconnaît celles qui sont mûres et celles qui ont encore besoin d’un ou de deux jours.

Hassan est cueilleur d’asperges. Cela fait quinze ans qu’il arpente les aspergeraies entre mi-février et fin avril, mais il serait incapable de dire combien d’asperges il a déjà ramassées dans sa vie. En poids, cela doit représenter des tonnes car en haute saison, on en récolte 200 à 250 kilos par jour. Une asperge pesant en moyenne 60 grammes, cela correspond à plus de 4000 unités.

Tany est Espagnol et asparagiculteur dans la région d’Agadir. En approvisionnant le marché européen avant tout, il veut évincer les asperges vertes du Mexique et des Etats-Unis. Son atout: la distance plus courte à parcourir jusqu’en Europe.

Les asperges marocaines sont transportées par bateau. On économise ainsi beaucoup de CO2. C’est là un grand avantage commercial en Europe, où les consommateurs  sont sensibilisés à la question du bilan carbone des denrées alimentaires. Coop s’est associée dès le début au projet de Tany. «Avec les asperges marocaines, nous pouvons remplacer une partie des premières asperges vertes arrivant par avion et contribuer ainsi à réduire encore les émissions de gaz à effet de serre», argumente Vladimir Cob, responsable des achats de fruits et des asperges.

Il en va autrement pour les premières asperges blanches. Elles proviennent encore pratiquement toutes d’outre-mer. Cependant, elles n’ont pas besoin d’être transportées par avion car elles sont robustes et supportent sans problème les trois semaines de bateau jusqu’en Europe. A condition, bien entendu, d’être correctement emballées et réfrigérées. Leur bilan CO2 est donc à peu près aussi bon que celui des asperges européennes.

A Agadir, quand la saison bat son plein, jusqu’à 700 ouvriers travaillent en équipe sur un domaine de 160 hectares. La journée, on récolte l’asperge verte. La blanche est récoltée de nuit car elle devient verte lorsqu’elle est exposée trop longtemps à la lumière. Hassan habite à environ 750 km de la plantation, au nord du Maroc. Il ne reverra sa femme et ses deux enfants qu’à fin avril, à la fin de la récolte des asperges. «Non, ce n’est pas difficile, confie Hassan en souriant. On a l’habitude, c’est comme ça depuis des années.» En une bonne journée, il gagne un peu plus de 20 fr., ce qui est correct au Maroc, où les salaires sont réglementés par l’Etat.Tany, le producteur, doit par ailleurs prouver régulièrement qu’il respecte les normes sociales GRASP imposées par Coop (GLOBALG.A.P. Risk Assessment on Social Practice).

Chez lui, Hassan exploite un petit domaine où il produit des légumes et élève des moutons et des chèvres. Cela lui permet de joindre les deux bouts et d’entretenir sa famille. Il peut même se permettre un luxe: pour la première fois cette année, il a fait les 750 km qui le séparent des plantations avec sa voiture, et non en bus.

Maroc, ou le petit voyage de l’asperge verte

Christoph Widmer, chef marketing fruits et légumes chez Coop.

Christoph Widmer, chef marketing fruits et légumes chez Coop.
Christoph Widmer, chef marketing fruits et légumes chez Coop.

Les asperges du Maroc doivent satisfaire à des exigences qualitatives et écologiques. Elles aident à réduire les émissions de CO2.

Coopération. Trouve-t-on déjà des asperges marocaines dans les magasins Coop?
Christoph Widmer. Pas encore. Nous attendons les premières livraisons dans la deuxième quinzaine de février.

Le projet a été lancé dans le but de réduire les importations par avion et par là les émissions de CO2. Combien de CO2 avez-vous pu économiser en 2012 grâce aux asperges marocaines?
Notre projet a déjà donné les premiers résultats et la charge CO2 des asperges vertes a pu être réduite d’environ 3%.

Que valent les asperges vertes marocaines sur le plan qualitatif? Peuvent-elles soutenir la comparaison avec les asperges mexicaines et californiennes?
Absolument! Les conditions dans la région d’Agadir sont optimales. Si la météo est favorable, nous pouvons produire des asperges d’excellente qualité au Maroc. Les asperges vertes convainquent par leur bilan carbone, qui est meilleur. En outre, elles doivent répondre à des exigences qualitatives élevées et à d’autres aspects sur les plans social, écologique et économique.

L’objectif à long terme est-il toujours de renoncer complètement aux importations d’asperges par avion?
Oui, c’est le but. Avec l’expérience et le savoir-faire acquis et en tablant sur des conditions météo favorables, on devrait pouvoir, à l’avenir, couvrir la demande en asperges vertes dès le mois de janvier avec des produits marocains.

Coop s’engage, suivez-nous!

Coop s’engage en faveur du climat et veut atteindre la neutralité carbone d’ici fin 2023. Concrètement, cela signifie que d’ici à 2023, Coop réduira ses émissions de CO2 en diminuant sa consommation d’énergie et en recourant aux énergies renouvelables – à hauteur de 50% de plus qu’en 2008 – le reste des émissions étant compensé. Coop a reçu le prix EHI 2012 décerné par le EHI Retail Institute, un institut allemand de recherche et de formation en commerce de détail. Contribuez vous aussi à protéger le climat sur:

www.coop.ch/developpementdurable
www.les-petits-trucs.ch
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Thomas Compagno
Publication:
lundi 11.02.2013, 10:40 heure

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