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«Moi, chanteur engagé? Non!»

Bénabar sort un sixième album et se prépare à une grande tournée qui passera par la Suisse (Bâle et Genève). Début d’année avec le chanteur, aussi homme de cinéma et de théâtre. Et père de deux enfants.

Coopération.  Que vous souhaitez-vous pour 2012?
Bénabar. Une belle tournée et du bonheur dans ma vie personnelle. Pour le reste, je suis inquiet. Je suis un pessimiste de nature, mais la crise qu’on nous annonce fait vraiment peur. J’ai l’impression que ça va être saignant, que la vie quotidienne risque d’être plus dure pour beaucoup de personnes. Et politiquement, je crains les affrontements idéologiques sans nuances. Les gens risquent de se raidir les uns par rapport aux autres. Il va falloir faire attention à ce qu’on dit.

Vous allez vous engager pour les présidentielles, comme en 2007 où vous aviez soutenu Ségolène Royal?

Je ne soutiendrai aucune candidature. Mais je reste un homme de gauche. J’ai toujours voté à gauche et les quatre ans de sarkozysme ne m’ont pas fait changer d’avis. Je suis frappé par les gens qui disent: «Ah moi, je ne parle pas de politique» et qui dans le même temps râlent contre les PV.
Moi, je parle de politique, même avec des gens qui ne partagent pas mes idées. Le débat politique me paraît une saine habitude de vie. Sans doute parce que je viens d’une famille où on débattait beaucoup: mon grand-père, italien d’origine, était communiste. Cela dit, je fais attention à ne pas être un chanteur engagé!

Pourquoi attention?
Parler de politique sur scène me paraîtrait déplacé. Cela aurait un petit côté donneur de leçons. Personne n’a besoin de moi pour savoir que penser et pour qui voter.

Dans votre nouvel album, on sent bien pourtant où vous vous situez: contre le racisme, la misogynie, l’homophobie, l’islamophobie...
Vous faites allusion à Politiquement correct. Cette chanson est un coup de gueule, sans plus. Je ne délivre pas de message. Je pointe cette tendance actuelle qui consiste à inverser les valeurs. Les humanistes et les tolérants sont moqués et traités de politiquement corrects, autrement dit de gentils benêts. Ça n’est quand même pas scandaleux d’être gentil, de parler aussi aimablement à sa concierge qu’à un ministre, d’être contre la peine de mort et de trier ses ordures!

Vous écrivez à partir de vos émotions?
Sur tout ce qui me touche et m’émeut en général. Aussi bien sur la vie qui passe – les enfants qui grandissent et ne rentrent plus dans leur barboteuse – que sur ce qui m’agace – les conformistes qui pensent comme tout le monde – et me désole – le fait qu’on ne soit si vite plus «en devenir». Mes chansons sont le reflet de mes problématiques. Mais j’essaie de trouver un sel particulier pour les rendre universelles et intéressantes.

«Les bénéfices du doute», titre de votre album, cela fait référence à quoi?
A ma nature angoissée. Je suis quelqu’un qui doute. Je retravaille beaucoup mes chansons. J’ai un penchant premier de la classe qui n’aime pas le travail bâclé!  Ça a un côté épuisant, mais en même temps, c’est un moteur. J’écris un peu tout le temps, histoire de ne pas sacraliser l’écriture. Cela me permet de couper, virer les mauvais couplets, garder un œil critique. Mes chansons ne sont pas impérissables,  mais j’ai résolu ma légitimité à les écrire puis à les chanter.

Dans votre chanson «Faute de goût», vous alertez les femmes sur le fait qu’à force de dire à tort et à travers qu’elles sont trop moches, trop grosses, trop vieilles, sans raison, on risque de finir par les croire. Du vécu?
C’est mon côté chanteur de charme… alternatif. Je voulais écrire pour les femmes, mais je n’allais pas leur dire qu’elles sont toutes bê-lles! Quand même!

Qui sont vos amis?
Je suis quelqu’un qui ne remplace pas ses amis, mais qui les additionne. J’ai gardé des copains de la maternelle. Mais je dois reconnaître que j’ai de plus en plus d’amis de mon métier: des chanteurs, des musiciens, des acteurs.
Cela se fait comme ça. Il n’y a qu’à un collègue de boulot qu’on peut confier qu’on est terrifié à l’idée de monter sur scène, par exemple. Si, si, je suis terrifié! (Sourire) Surtout quand ma femme est dans la salle. Entre collègues, on peut se rassurer. Dire du mal des autres!

Vous en dites?
Oui, mais pas tant que ça. Je suis admiratif aussi. Particulièrement de mes collègues qui ont réussi à tenir la longueur en gérant bien leur barque professionnelle et familiale. Il y a des jours où c’est difficile pour votre entourage d’être quelqu’un de connu. Vous prenez de la place, on parle beaucoup de vous. Il faut apprendre à faire attention à ses proches.

Comment gérez-vous votre popularité?
Je n’ai pas été gagné par le syndrome «lunettes de soleil sur le nez» pour aller chercher mes enfants à l’école. Il n’y a rien de tel pour signaler aux autres qu’on est connu. Je reste naturel, du coup les gens respectent ma volonté de discrétion. On reçoit de la célébrité ce qu’on lui donne. Le truc qui plaît à mes enfants est qu’ils peuvent me dire «gros merde» quand je pars faire l’artiste. Et ils ne s’en privent pas!

Bénabar (42 ans), chanteur-compositeur-interprète: «J’écris sur ce qui me touche et m’émeut en général: sur la vie qui passe, ce qui m’agace, ce qui me désole…»

Barnabé en verlan

Nom de scène. Bruno Nicolini a choisi Bénabar (Barnabé en verlan) comme nom d’artiste en hommage à son rêve d’enfant – devenir clown comme Barnabé.

Quarantaine bien portée. 42 ans, marié, deux enfants.

Artiste complet. Auteur-compositeur-interprète multiprimé, Bénabar est aussi acteur pour le cinéma («Incognito») et comédien au théâtre («Quelqu’un comme vous»).

Dernier CD. «Les bénéfices du doute» (Sony Music), sixième album de Bénabar, regroupe 13 chansons, dont celle qui est devenue «single» et fait parler d’elle, «Politiquement correct».

L’intégrale. Tous les textes des chansons de Bénabar viennent d’être publiés: «Travaux publics» (Editions Thierry Magnier).

En tournée. De passage en Suisse, le 23 février au Grand Casino de Bâle et le 26 avril à l’Arena de Genève.

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

Photo:
Levilain Kowalsky
videos:
YouTube
Publication:
lundi 09.01.2012, 14:23 heure

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