This presentation requires the Adobe Flash Player. Get Flash!

«Ce qui reste à la fin, c'est le film»

Dans «The Lady», qui sort ce mercredi en salle, Luc Besson raconte l’histoire de la militante birmane Aung San Suu Kyi. Le réalisateur français s’adresse au public. Et à personne d’autre. Rencontre à Paris.

Coopération. Vous avez rencontré Aung San Suu Kyi. Quelle impression vous a-t-elle faite?
Luc Besson. Je savais que c’était quelqu’un de bien, mais pas à ce point-là. Il n’y a aucune rancœur chez elle. Quand on voit comment ses tortionnaires l’ont traitée, on serait en droit de comprendre un peu d’animosité.

Pourquoi lui avoir consacré un film?
Ce qui m’intéressait, c’était de savoir comment elle est devenue cette militante, cette femme qui se bat pour la démocratie. Il y a deux éléments sans lesquels on ne peut pas le comprendre: la perte de son père et l’amour de son mari.

A-t-elle vu le film?
Non. Et elle n’y a pas participé du tout. On n’avait pas envie que le gouvernement birman puisse le lui reprocher. La responsabilité du film est la mienne à 100%.

Plusieurs de vos films mettent en scène des femmes fortes. Qu’est-ce qui vous attire en elles?
Le courage n’est pas une qualité réservée aux hommes. La force des femmes et la faiblesse des hommes m’intéressent. Achille sans son talon n’a pas d’intérêt.

Votre talon d’Achille à vous, c’est quoi?
(Il réfléchit longuement) Je ne sais pas. J’en ai sûrement plusieurs. La nourriture probablement, j’aime trop ça.

Vous avez longtemps déclaré vouloir vous arrêter après dix films. «The Lady» est le quatorzième. C’était trop dur de dire stop?
J’ai dit vouloir réussir à en faire dix. Ce que j’ai fait. J’ai eu un moment où je n’avais plus envie de tourner. J’ai démarré à 17 ans. Quand on arrive à 45 ans, il n’y a plus la même envie. Ce qui m’a fait du bien en levant le pied, c’est de me rendre compte que je n’étais pas accro. Ça libère. Maintenant je tourne les films que j’ai envie de faire profondément.

Quels films montrez-vous à vos enfants pour leur faire découvrir le «bon» cinéma?
Je préfère les laisser choisir et laisser leurs goûts évoluer avec l’âge. Les parents jouent un rôle de censeurs lorsqu’on estime qu’un film n’est pas de leur âge.

Quand vous étiez petit, quels films vous ont donné envie de faire du cinéma?
Ce n’est pas le cinéma qui m’a poussé à faire des films. C’est l’envie de m’exprimer et la rencontre avec les techniciens et les acteurs sur un plateau. On ne veut pas devenir marin en voyant la photo d’un bateau, mais en mettant les pieds dans l’eau et en sentant les vagues. C’est pareil avec le cinéma.

Quel genre d’enfant étiez-vous?
Très solitaire et très en rapport avec la nature.

Vous êtes différent maintenant?
Vous savez, un grand philosophe a dit: «L’enfant est le père de l’homme.» C’est important d’avoir une bonne relation avec l’enfant qu’on était. Les gens pensent que c’est enfantin d’être en contact avec lui. Ça n’a rien à voir. Je me sens adulte. Mais je n’ai pas oublié ce petit garçon. Il m’a tout appris.

Vous avez entretenu des relations houleuses avec les critiques de cinéma. Qu’en est-il aujourd’hui?
C’est marrant parce qu’il n’y a que les journalistes qui me posent cette question. Moi je fais des films pour les gens. Le journalisme est un beau métier et on a la chance d’être dans un pays démocratique. (Légèrement sarcastique) Je suis très content que nous ayons une presse libre et excitée.

Avoir obtenu la reconnaissance de la profession et du public vous a-t-il permis de prendre du recul par rapport aux critiques?
(Un peu agacé) Je ne marche pas comme ça. Ce qui m’intéresse, c’est le cinéma, les films que je fais et la relation avec les acteurs et le public. Le reste ne m’intéresse pas. J’ai rencontré un Coréen de 16 ans qui m’a dit que son film-culte était Subway. J’ai réalisé qu’il n’était même pas né quand je l’ai fait en 1985. C’est ça la vie d’un film. Le gamin ignore ce que les critiques ont dit. Ce qui reste c’est le film, rien d’autre.

Quels sont les bons films que vous avez vus au cinéma dernièrement?
(Il ignore la question) Tu vois, on est tous différents. Un film n’est pas vu de la même manière par tout le monde. Un film est un cadeau dans lequel on prend ce qu’on veut. Et l’attitude qui consiste à aller voir un film négativement n’est pas la réalité. Les gens qui vont au cinéma ont envie d’aimer le film. Ce n’est pas leur métier d’aller au cinéma, c’est leur plaisir. Le Grand Bleu a attiré 10 millions de spectateurs en France. Tout le monde me disait que c’était incroyable. Je leur répondais que 40 millions de personnes n’étaient pas allées le voir.

C’est voir le verre à moitié vide…
Au contraire, c’est positif. C’est accepter dès le départ que des gens n’auront même pas envie de voir le film.

Gérez-vous différemment vos succès et vos échecs désormais?
C’est vous qui délimitez l’échec ou le succès. Pour moi, le succès c’est de réussir à faire le film que je voulais.

Portrait

Un CV qui en jette

Luc Besson (52 ans): «The Lady est un de mes meilleurs films. Je le sais. Des gens ne partageront pas mon avis, mais ce n’est pas grave.»

Carte d’identité. Luc Besson est né le 18 mars 1959 à Paris.

CV. Il a réalisé quatorze films, dont «Subway», «Le Grand Bleu», «Léon» ou «Le Cinquième Elément», pour lequel il a reçu le César du meilleur réalisateur en 1998. A également écrit des dizaines de scénarios et produit encore plus de films. A présidé le Festival de Cannes en 2000.

Concours. «The Lady», avec Michelle Yeoh et David Thewlis, sort ce mercredi 30 novembre au cinéma. Gagnez 10 exemplaires de la bande originale du film signée Eric Serra dès mardi sur www.cooperation-online.ch/concours


Commentaires (5)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Didier Nieto

Rédacteur

videos:
YouTube
Publication:
mardi 29.11.2011, 08:00 heure

Publicité



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?