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Des jeunes défenseurs du catch

Des passionnés ont mis sur pied une association de catch pour mieux faire connaître la discipline et en prévenir les dangers à travers des cours.

Une musique digne d’une spectaculaire entrée sur le ring se fait entendre. En fermant les yeux, on se croirait au cœur d’un grand match de catch américain. Nous nous trouvons en réalité dans la salle de gym du cycle d’orientation de Drize, à Carouge (GE).

Cinq jeunes élèves catcheurs de tous niveaux s’échauffent avec leurs deux professeurs, au pas de course. Au milieu de la salle, deux couches de tapis font office de ring. Après une série d’abdominaux, en file indienne, les sportifs courent sur les tapis et se jettent en arrière pour apprendre à chuter. «Il faut oser se lancer et faire de la douleur une amie», explique l’enseignant Xavier Jörimann. «On doit tendre la joue pour prendre les coups, il faut perdre ses réflexes défensifs», ajoute-t-il.

Les mises en scène (voir les élèves en arrière-plan) font partie du catch. Cette discipline mêle le sport et le théâtre.


La Corde à linge – une prise de catch – est le nom de l’association genevoise de catch. Les membres du comité souhaitent élargir l’audience de la discipline et en prévenir les dangers, notamment auprès des jeunes. «Le but est de blesser l’autre le moins possible. L’autre n’est pas notre adversaire, c’est notre partenaire», indique Xavier. «Ceux qui veulent juste se taper dessus ne restent pas longtemps», assure Denis Lage, président. Lui et ses collègues estiment que le catch est mal considéré s’il est méconnu: «Pour ses détracteurs, le catch est une mascarade. Il y a un côté théâtral avec des mises en scène, mais pas seulement. C’est du sport. Il est nécessaire d’avoir une bonne condition    physique.» La corde àlinge  a entrepris des démarches pour bénéficier de plus de reconnaissance et de soutien. Ce sera difficile. Le catch ne fait par exemple pas partie des disciplines de Jeunesse + Sport, le programme d’encouragement du sport de la Confédération, qui exclut notamment le K.-O. de ses critères d’admission.

L’art de la bonne chute est essentiel.


Le cours se poursuit à Carouge, en musique. On lit dans les yeux des élèves le rêve de progresser pour un jour catcher en public, sur un ring. «On se sent valorisé avec du public. Du coup, on oublie la douleur», décrit Vega Vazquez, catcheur enseignant. Sport-spectacle, le catch puise ses sources dans plusieurs arts martiaux, mais aussi dans la boxe et la gymnastique. Les catcheurs se cons- truisent un personnage, s’inventent un nom de scène. Très populaire aux Etats-Unis, il l’est aussi au Japon et au Mexique. La corde à linge espère qu’un jour, en Suisse, on évoquera le catch comme on parle de football!

www.clg-catch.ch

Vega, 22 ans

«J’aimerais pouvoir catcher au Mexique»

Le catch fait partie de Vega depuis son enfance. Ce diplômé en communication habite Meinier (GE). Il rêve de pouvoir un jour partir catcher aux Etats-Unis et au Mexique avec son propre show. Il porte un masque, à la manière des catcheurs mexicains appelés luchadors, qu’il aime particulièrement. «Ils sortent masqués même en ville, je ne le fais pas», sourit Vega. Il est fier de ses costumes, qu’il a commandés au Mexique. Vega aime les vibrations procurées par le public au catch.

 

Chris, 21 ans

«L’image qu’on donne me plaît»

Avec un gabarit qui en impose, Chris est un fan de catch depuis son enfance. Son père lui a transmis cette passion. Le jeune Genevois s’est lancé dans la pratique il y a trois semaines, à sa plus grande satisfaction. «C’est génial, j’aime l’image que l’on donne et il y a beaucoup d’émotions.» Peut-être pour contrebalancer sa rudesse apparente, Chris commence une activité professionnelle dans la vente de savons artisanaux!

 

Ziad, 16 ans

«Edge, mon modèle»

Les matchs de catch passionnent Ziad depuis qu’il a 5 ans. Son modèle est la star du catch Edge, qu’il a pu rencontrer personnellement. «Cette discipline est belle à voir et elle me permet d’oublier mes problèmes.» Auprès de l’équipe genevoise qu’il a rejointe le mois dernier, le jeune Français dit avoir trouvé une deuxième famille.

 

Denis, 22 ans

«J’ai renoué avec le sport»

Passionné de photo et de vidéo, Denis s’est mis à apprécier le catch sur le tard, à 18 ans. Alors plus amoureux du théâtre que des salles de gym, il a renoué avec le sport grâce au catch. Il s’est très vite pris au jeu. A l’entraînement, entre deux sauts à la corde, il lance: «On a tous imaginé un jour être un super-héros. C’est sympa de se créer un personnage.» Aujourd’hui, le Genevois, qui souhaite faire l’école de police, consacre beaucoup de son temps à promouvoir le catch, notamment à travers la prévention de ses dangers. Denis préside depuis ce printemps l’association genevoise de catch La Corde à linge.

 

Ramy, 15 ans

Footballeur catcheur

Après avoir connu le prof de catch Xavier dans un centre de loisirs, Ramy a été marqué par cette rencontre. Il a eu envie de se lancer dans cette discipline (ndlr: avant leurs 16 ans, les jeunes peuvent bénéficier d’une initiation). Bien plus familier du foot que du catch, l’adolescent genevois, étudiant en école de culture générale, se réjouit pourtant d’avoir l’occasion de se mesurer à ce nouveau défi: «ça fait peur mais c’est bien.»

 

Xavier, 24 ans

«On passe le temps qu’il faut sur les chutes»

Calme, concentré, Xavier observe ses élèves. «Ma fierté, c’est de voir des jeunes que j’ai formés montrer leurs talents.» Ce Genevois diplômé en travail social est un fou de catch, une passion née entre amis. Il enseigne cette discipline avec sérieux. Il jongle avec les niveaux, il s’assure de la sécurité de tous les élèves, il leur apprend petit à petit à prendre confiance et à se lancer. «Les chutes sont essentielles. On est à leur écoute. On prend le temps nécessaire pour qu’ils maîtrisent les mouvements correctement.» Xavier parle à qui veut l’entendre de sa passion pour le catch, histoire de faire mieux connaître cette discipline. Il regrette qu’elle ne soit pas valorisée en Suisse. Il travaille avec pour objectif l’obtention d’un regard plus positif sur elle de la part du grand public.

 

Diana, 21 ans

«Psychologiquement, le catch m’a fait gagner en confiance»

Seule fille du groupe, Diana, de Chancy (GE), n’avait jamais fait de sport avant de se mettre au catch. «J’ai gagné en assurance et en confiance en moi. En plus, ça défoule», raconte cette étudiante en éducation de la petite enfance. Pas facile de se trouver en minorité face aux garçons: «Ils ont peur de me blesser. Certains ne veulent pas catcher avec moi à cause de cela.» Diana est sensible à la maîtrise technique. Elle insiste: «Au début, j’avais peur. Il y a un apprentissage à faire et il est essentiel. Je m’inquiète lorsque j’entends mes voisins dire qu’ils font du catch alors qu’ils ne connaissent pas les gestes corrects. Les conséquences peuvent être graves.»

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
videos:
La Corde à Linge Genevoise
Publication:
mardi 23.10.2012, 00:00 heure

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