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En voilà quatre qui s’apprécient: Lena Jenni avec Konrad, Nelly et Netty.

Avec sa mèche rebelle, la chèvre à col fauve est une belle bête.

Peter Jenni, paysan et éleveur de chèvres.

Sauvée: la chèvre à col fauve

Les chèvres à col fauve sont magnifiques. Mais rares. Or des cabris de cette race viennent de naître à Scheunen (BE). Reportage.

C’est le bonheur pour Peter et Sabine Jenni, mais surtout pour Lena, leur fille. En effet, ces six derniers jours, pas moins de six cabris sont nés dans leur ferme de Scheunen (BE). Ils sont en bonne santé, solides sur leurs pattes, joueurs. Une naissance, chez les animaux aussi, est toujours un événement, un miracle renouvelé. Mais pour Konrad, Nelly et Netty, c’est spécial: ce sont les trois des chèvres à col fauve, une race qu’on considérait comme éteinte il y a quelques années. «A présent, on compte près de 180 animaux reproducteurs», déclare le paysan Peter Jenni, le regard pétillant de joie et de fierté.

Autrefois, c’est en Valais qu’on trouvait beaucoup de troupeaux de chèvres à col fauve. Cependant, les chèvres à col noir, plus nombreuses, les ont peu à peu supplantées. Les raisons sont diverses. «Les chèvres à col fauve n’ont pas eu l’heur de plaire aux Valaisans, c’est pourquoi leur élevage n’a pas été encouragé. Il n’y a jamais eu de registre d’élevage», explique Philippe Ammann, vice-directeur de Pro Specie Rara (PSR) et responsable des projets animaux. Cela a failli signer l’arrêt de mort des chèvres à col fauve: un animal qui n’est enregistré nulle part n’existe pas. «Quand parfois un cabri à longue crinière fauve venait au monde, il finissait généralement dans la casserole», rapporte Philippe Ammann.

En 2006, Pro Specie Rara s’est penchée sur l’une des dernières survivantes. Une recherche fébrile d’individus a suivi. «On a lancé des appels, fait le tour des bergeries, consulté de vieux livres et d’autres documents», raconte le vice-directeur de PSR. En 2007, quand la reconstitution de la race a démarré, il y avait en tout et pour tout vingt-huit reproducteurs. Des gens comme Sabine et Peter Jenni, qui tiennent à conserver des races et des variétés anciennes, se sont consacrés à l’élevage de cette chèvre magnifique.

Les Jenni sont en train de convertir leur exploitation au bio. Ils estiment qu’on ne doit pas laisser disparaître ce qui ce n’est pas rentable à première vue: «C’est aussi une affaire de convictions. Il y a le plaisir de pouvoir faire ce qu’on fait», commente le paysan. Les Jenni élèvent aussi des vaches Brunes suisses originales, cultivent d’anciennes variétés de pommiers de PSR et détiennent des chèvres à col fauve depuis trois ans. A la grande joie de Lena, qui embrasse Konrad, le cabri nouveau-né. A la grande joie aussi de PSR: «Les chèvres à col fauve sont belles, c’est sûr, mais il s’agit surtout d’une race très ancienne. C’est un patrimoine vivant.» Les races anciennes ont un plus au niveau génétique: «On sera peut-être contents de retrouver leurs caractéristiques en cas de nouvelles maladies animales ou de changement climatique», précise Philippe Ammann. La col fauve est robuste, peu exigeante et se prête à merveille à l’agriculture extensive.

Pendant que les grands discutent, Lena caresse Konrad, le cabri. Elle écoute son père dire que les bêtes retrouveront la vie en plein air jusqu’à l’automne et que les gens de la Protection des animaux et de PSR surveillent les conditions de détention des bêtes. Quant au sort réservé aux cabris, il n’y a pas de quoi s’inquiéter: «Nos cabris ne finiront pas à la casserole, car on s’y est beaucoup trop attaché, et Lena aussi». En effet, ces cabris serviront à perpétuer la race, car «avec 180 individus, la col fauve est la race caprine la plus rare de Suisse», souligne le vice-directeur de PSR. «On cherche donc des gens d’accord de participer au sauvetage des chèvres à col fauve.»

Infos sur:

Pro Specie Rara

Grâce à Pro Specie Rara et Coop, on peut redécouvrir d’anciennes variétés de légumes.

Les anciennes variétés de légumes comme la carotte de Küttigen, la betterave Chioggia ou diverses sortes de tomates, sont appréciées.

Les anciennes variétés de légumes comme la carotte de Küttigen, la betterave Chioggia ou diverses sortes de tomates, sont appréciées.
Les anciennes variétés de légumes comme la carotte de Küttigen, la betterave Chioggia ou diverses sortes de tomates, sont appréciées.

Depuis 2001, l’assortiment de Coop comprend d’anciennes variétés oubliées de tomates, de carottes, de pommes de terre, de pommes dans son assortiment. Cela résulte de la collaboration avec Pro Specie Rara (PSR). «Pour nous, il est important de contribuer à la conservation de la biodiversité, en particulier à l’agrobiodiversité», relève Simona Matt, responsable Coop pour ce domaine.

Les plantons et semences PSR de Coop conviennent dans un jardin privé ou au balcon, car elles ont d’autres formes, des couleurs différentes, ou un goût plus intense. En outre, les produits PSR ne sont pas des hybrides – on peut sécher et conserver les graines pour les semer l’année suivante. Par ailleurs, Coop sponsorise les événements PSR dans toute la Suisse.

L'engagement de Pro Specie Rara

Depuis plus de vingt-cinq ans, la fondation Pro Specie Rara s’engage pour la sauvegarde de plantes cultivées et d’animaux de rente traditionnels. Elle propose en Suisse des jardins d’exposition, des fermes pédagogiques, des zoos et des marchés de plants. Coop soutient la fondation depuis 1999 déjà. Grâce à cette coopération, Coop peut proposer divers produits de Pro Specia Rara dans son assortiment, qui témoignent de la diversité et de la richesse de la nature et enrichissent nos cuisines et nos jardins de formes, de couleurs et de saveurs intenses.

Pro Specie Rara
Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Philipp Zinniker
Publication:
mardi 02.04.2013, 00:00 heure

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