Des bois à la vie en société

Adapté d’un roman pour adultes édité au Québec, «Le Jour des Corneilles» arrive au cinéma. A l’inverse des contes, il montre l’étrange avant la réalité.

Bande-annonce

Reportage

Corps à corps en pleine forêt entre un homme et un sanglier, sous les yeux d’un garçon à qui la bête a échappé. C’est le fils Courge (voix de Lorànt Deutsch). Il observe son père (voix de Jean Reno) triompher de l’animal, puis lui lancer: «C’est qui le gibier? Celui qui se fait croquer.» Il laisse le soin à son fils fluet d’emmener le massif butin au lieu de dépeçage. Cette scène est ordinaire dans le quotidien de l’enfant Courge, élevé sans affection dans les bois par son père, veuf et aigri, coupé de la vie sociale, qui ressemble plus à un ogre qu’à un papa.
Nous ne sommes à l’évidence pas dans un Walt Disney, mais bien dans un dessin animé, coproduit entre la France et les studios de quatre autres pays.
Le Jour des Corneilles est une adaptation du roman du même nom, écrit par le Québécois Jean-François Beauchemin. «Ce n’est pas un livre à mettre dans les mains d’un enfant. Il est assez dur. Amandine Taffin a transposé cette histoire sous forme de conte. A l’inverse de l’habitude, on passe d’un monde étrange à un monde normal», observe le réalisateur Jean-Christophe Dessaint (38 ans), fan de Tex Avery, qui signe son premier long métrage.

Installé dans les Yvelines, le réalisateur vit comme le fils Courge à côté d’une grande forêt: «Elle m’a inspiré, elle a été longtemps mon terrain de jeu.» C’est son seul point commun avec le garçon, qui, isolé du monde, cherche l’amour de son père comme s’il s’agissait d’un objet égaré.
Un jour, le père Courge a un accident. Il fait une chute qui le rend inconscient. Son fils, qui a toujours entendu de son paternel qu’il n’y a rien au-delà de la forêt, excepté «l’outre-monde qui a emporté ta mère», s’y risque malgré tout. Il est encouragé par les gentils fantômes qu’il a la capa-cité de voir.
Arrivé dans un village, le fils Courge s’interroge devant les maisons des habitants, qu’il compare «à des tas de cabanes bizarres».
Rejeté à cause de son odeur, il est vite confronté à la cruauté des villageois. Ils reconnaissent le père Courge, qu’ils accusent d’être un criminel. Arrivés au dispensaire, le garçon et son père sont pris en charge par un médecin (voix de Claude Chabrol), qui accueille chez lui le fils Courge. Il y fait la connaissance de Manon (voix d’Isabelle Carré), la fille du médecin, qui a son âge. Elle est stupéfaite de découvrir que le fils Courge n’a pas de prénom.

Elle le lave, il la renifle! La scène est très drôle. Une amitié naît entre les deux enfants, élevés de manière opposée. «Nous avons essayé d’aborder subtilement les sujets, jamais frontalement, pour que les jeunes spectateurs se rendent compte de tout, par le jeu», indique le réalisateur.
Intelligent, poétique, esthétique, innovant, ce film présente plusieurs degrés de lecture. Il parle aux
enfants autant qu’aux adultes.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Publication:
lundi 17.12.2012, 11:56 heure

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