L’eau pour tous: vrai défi planétaire

Philippe Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, fait un vibrant plaidoyer en faveur de l’eau, indispensable à la vie. Il faut arrêter de la polluer et de détruire sols et forêts.

Philippe Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, consultant indépendant.

Philippe Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, consultant indépendant.
Philippe Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, consultant indépendant.

Philippe Roch, l’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, se désole du manque de vision globale dans les débats sur l’or bleu: «On parle trop souvent des problèmes de l’eau en oubliant le cœur de la question, à savoir qu’elle relie tout dans la nature. Le cycle de l’eau est un élément majeur de la biosphère: il assure la régulation du climat, la recharge des lacs et des nappes souterraines, l’enrichissement des sols…»

Travaillant actuellement comme consultant indépendant dans le domaine de l’environnement, Philippe Roch souligne que, sans eau, il n’y aurait simplement pas de vie. Il faut donc lui «redonner son sens sacré».

A ses yeux, il est d’autant plus incompréhensible qu’on continue à la malmener: «Il y a de l’eau en abondance sur la planète. Chacun devrait donc pouvoir en disposer. Mais même dans des pays où elle est présente en grandes quantités, on ne peut plus la consommer, tellement on a détruit les sols.» Dans plusieurs textes de son site Internet (www.pirassay.com), il s’indigne de la situation de certains pays d’Afrique, où les fortes précipitations ne sont plus une aubaine, mais un problème qui provoque des inondations et des catastrophes: «La coupe des forêts et la surexploitation des sols ont transformé les bienfaits de la pluie en drames humains. Lorsque le sol est dénudé, stérile, la pluie s’écoule rapidement en entraînant la couche superficielle.»

Philippe Roch rappelle que la forêt est «le grand réservoir de l’eau», en mentionnant l’exemple des sources d’Henniez: «Pour les préserver, l’entreprise exploitante a planté en vingt ans 70 000 arbres, créant une forêt de 200 hectares.» L’ancien chef de l’OFEV estime qu’il faut urgemment revenir aux fondamentaux. «Nous devons absolument protéger les écosystèmes et gérer durablement le cycle entier de l’eau que les déforestations, le surpâturage, l’assèchement des zones humides et l’agriculture intensive ont rompu.»

La pollution est le deuxième ennemi de ce précieux élément. «Les engrais, les pesticides, les décharges et les micropolluants chimiques sont les principaux polluants. Nous devons parvenir à faire interdire les produits chimiques qui ne se dégradent pas entièrement.» Ainsi, pour lui, «les citoyens qui achètent des produits bio font un geste direct pour l’eau». Dans ce contexte, il applaudit le travail de Coop pour la promotion de l’agriculture biologique. Quand on lui demande enfin si la Suisse doit s’inquiéter pour son approvisionnement en eau – la Confédération vient d’adopter des dispositions générales contre les pénuries locales d’eau – il juge que le principal problème n’est pas dans la pénurie, mais dans la pollution: «Les agriculteurs ont consenti de grands efforts, mais il reste beaucoup à faire. On utilise encore beaucoup trop facilement des herbicides à tort et à travers.»

Avec le changement de stratégie énergétique qui s’amorce, une nouvelle pression menace les derniers cours d’eau sauvages. Les conflits de l’eau ont aussi des aspects géopolitiques: «Historiquement, l’eau a plutôt été un facteur de civilisation qui a permis d’unir des peuples. Aujourd’hui, au Moyen-Orient par exemple, elle est une source de conflits.»

Chacun peut apporter son soutien sous forme de dons

Jean-Marc Richard animera l’opération «L’eau pour tous» sur RTS.

Jean-Marc Richard animera l’opération «L’eau pour tous» sur RTS.
Jean-Marc Richard animera l’opération «L’eau pour tous» sur RTS.

Coop soutient en tant que principal sponsor «Chaque centime compte». En Suisse romande, radios et télévision se mobilisent.

Près d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable ou vivent dans des conditions d’hygiène précaires. Il y a urgence! «Jeder Rappen zählt» (Chaque centime compte) est une opération d’appel aux dons de la RTS et de la Chaîne du bonheur. Côté alémanique, un studio de verre sera installé à Lucerne, où trois animateurs conduiront du 17 au 22 décembre une émission de radio, en grande partie filmée par la télévision.

La Suisse romande ne sera pas en reste. La journée du 19 décembre sera consacrée à cette opération, de 6 h du matin à minuit, notamment sur les ondes de La 1ère. Les émissions seront ponctuées toutes les heures par des interventions de Jean-Marc Richard qui lancera des appels aux dons. De plus, l’opération «L’eau pour tous» fera l’objet de chroniques dans les émissions On en parle et CQFD.

De 6 h à 21 h, Option Musique offrira aux auditeurs la possibilité d’entendre la chanson de leur choix contre une promesse de don. Et à la télévision,  Jean-Marc Richard interviendra durant les journaux d’actualité de 12 h 45 et de 19 h 30.

psi

Les petits ruisseaux font les grandes rivières

Coop et ses clients soutiennent l’opération «Jeder Rappen zählt» (abrégé JRZ). Du 3 au 22 décembre, Coop reverse 5 centimes par bouteille Swiss Alpina de 1,5 litre à JRZ. Les bouteilles portent une étiquette spéciale arborant le sigle «JRZ». Les magasins et restaurants Coop sont associés à l’opération et proposent des bonshommes en pâte JRZ. Dans les grands magasins Coop, les clients peuvent acheter un bonnet Naturaline au prix de 10 fr., 3 fr. étant reversés à l’opération JRZ.

www.coop.ch/jrz
Charly Veuthey

Rédacteur

Photo:
Keystone, Magali Girardin, RTS/Anne Bichsel, Beatrice Thommen-Stöckli
Publication:
lundi 03.12.2012, 14:20 heure

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