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Planteurs de café, cueilleurs de bananes ou cultivateurs de roses: grâce au commerce équitable, ils touchent un salaire convenable.


Fairtrade: ça marche

Depuis vingt ans, les consommateurs suisses achètent des produits Max Havelaar. A qui est-ce que cela profite? Une étude indépendante le révèle.

Bernhard Herold, directeur adjoint de Max Havelaar: «Le commerce équitable profite aux paysans concernés et aussi à toute une région».

Bernhard Herold, directeur adjoint de Max Havelaar: «Le commerce équitable profite aux paysans concernés et aussi à toute une région».
Bernhard Herold, directeur adjoint de Max Havelaar: «Le commerce équitable profite aux paysans concernés et aussi à toute une région».

Coopération. Vous avez fait réaliser une enquête pour connaître l’impact du commerce équitable dans les pays en développement. Avec quel résultat?
Bernhard Herold. C’est ce qu’on espérait, et qu’on savait déjà sans en avoir eu la confirmation: le commerce équitable bénéficie non seulement aux paysans et aux ouvriers directement concernés, mais il se répercute sur le développement des villages, voire des régions. En général, les entreprises et les coopératives certifiées Fairtrade ont des revenus plus élevés et/ou plus stables que les autres. Elles offrent de meilleures conditions d’embauche et sont souvent plus productives. A cela s’ajoute la prime Fairtrade. C’est à toute une région que cet argent profite.

Comment ça?
Au gré des besoins, les recettes supplémentaires sont investies dans l’assistance médicale, les infrastructures, comme le réseau routier, l’éducation des enfants, la formation professionnelle ou encore les minicrédits. Tout autour des projets Fairtrade règne du reste une ambiance de renouveau.

Qui décide de l’utilisation des primes versées en sus du prix des produits et financées par des consommateurs qui acceptent de payer plus?
C’est un point crucial. Les productrices de fleurs, les petits planteurs de café, les ouvriers ont l’obligation et la possibilité de déterminer démocratiquement à quoi servira l’argent des primes qu’ils ont gagné.

Et ça marche?
Oui, car c’est une des règles fondamentales du commerce équitable. Le ­respect des règles est con­trôlé par un organisme de certification indépendant. Si quelqu’un contrevient gravement à ces règles, il peut perdre sa certification. Cela arrive de temps en temps.

Quel crédit peut-on ­apporter à ces résultats?
L’enquête scientifique a été réalisée par le Centre d’évaluation de l’Université de la Sarre, un institut indépendant réputé.

Quel impact a le commerce équitable sur l’environnement?
Dans les entreprises certifiées commerce équitable, le compostage, l’élimination écologique des déchets ou la protection des sources font partie des standards. Les études sur le café, les bananes et le coton ont révélé que le commerce équitable a encouragé et encourage le passage à la culture bio.

Dans les pays en développement, ce sont souvent les femmes qui tirent la charrette. Sont-elles aussi impliquées dans les organes et processus de décision?
Dans les coopératives de café et de bananes visées par l’enquête, il existe des comités qui fonctionnent bien et renforcent le rôle des femmes. En même temps, on se rend compte que Fairtrade ne peut pas grand-chose contre la perception des rôles et les traditions, souvent pluricentenaires. Or Max Havelaar, alias Fairtrade, n’a que 20 ans, mais son action se fait sentir!

Côté producteurs, combien de personnes sont impliquées dans le commerce équitable?
Actuellement, on compte 990 coopératives certifiées, réparties dans 66 pays et rassemblant plus de 1,2 million de petits paysans et d’ouvriers. Chacun d’eux fait vivre en moyenne une famille de cinq personnes. Le chiffre d’affaires mondial de Fairtrade se monte à près de 5 milliards d’euros par an.

Du neuf en Thaïlande

Raphael Dischl, chef de projet chez Helvetas.

Raphael Dischl, chef de projet chez Helvetas.
Raphael Dischl, chef de projet chez Helvetas.

Helvetas et l’entreprise Reismühle Brunnen du groupe Coop sont en train de réaliser un projet rizicole innovant en collaboration avec des groupes de paysans thaïlandais.

Le but de ce projet novateur, outre les certifications Fairtrade et bio, est d’améliorer le caractère durable des systèmes de culture et l’exploitation des sols. «Au bout d’un an, on voit déjà du progrès», constate Raphael Dischl, chef de projet chez Helvetas.

La coopérative des paysans a vu arriver 378 nouveaux membres – elle en comptait 48 – grâce au partenariat avec Coop et Helvetas. Elle a formé les paysans à des méthodes de production durables avec Helvetas. Les idées et les projets sont discutés lors de visites sur place et par le biais d’une communication permanente, puis ils sont optimisés et finalisés. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie, d’assurer les moyens d’existence, de développer une assurance qualité autonome et de réduire les gaz à effet de serre et la consommation d’eau.

Le projet a été lancé en juillet 2011 avec le soutien du Fonds Coop pour le développement durable. Le premier riz Fairtrade Perfume récolté l’année dernière dans la région de Surin est en vente dans les magasins Coop depuis le 23 octobre dans la gamme Qualité & Prix.

Produit et commerce équitable

Le label de qualité Fairtrade est décerné par la Fondation Max Havelaar aux produits provenant de régions défavorisées du Sud qui sont conformes à des normes sociales et écologiques strictes et commercialisés équitablement. Ce label garantit un prix minimum ainsi qu’une prime Fairtrade aux agriculteurs. Le programme permet d’améliorer les conditions de travail des ouvriers des plantations.

Le contrôle des producteurs et de la chaîne de distribution est assuré par l’organisme indépendant FLO Cert. Les informations sur l’origine et le producteur des produits figurent sur l’emballage, s’il est assez grand, ou peuvent être consultées sur le site de Max Havelaar grâce au numéro de traçabilité (FLO-ID).

www.coop.ch/maxhavelaar
Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Yannick Andrea, SP
Publication:
lundi 29.10.2012, 10:25 heure

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