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Lait bio: c'est quoi, au juste?

Les vaches donnant du lait bio sont-elles plus heureuses que les autres? Nous sommes allés nous renseigner dans une ferme Bourgeon. Reportage en images.

Trente Simmental font la queue dès 6 h du matin dans la ferme de Stefan Schreiber. Chacune veut être la première. Cependant, ne passe pas en premier qui veut; il existe une hiérarchie stricte. Si ce n’est pas Kenia, la cheffe du troupeau, qui entre en premier dans la salle de traite, c’est sa fille Kelly, aussi déterminée que sa mère! Il faut dire qu’après la traite du matin, un copieux déjeuner d’herbe fraîche les attend. Et aucune ne voudrait y renoncer.

Une matinée banale dans une ferme banale? Pas tout à fait: depuis plus de quinze ans, Stefan Schreiber exploite à Wegenstetten (AG) la ferme biologique Gründelematthofqui arbore le Bourgeon de Bio Suisse. Que signifie ce label?

«Pendant les six mois d’été, il y a chaque jour une sortie au pâturage, déclare l’agriculteur. Sauf s’il pleut trop et que le sol est détrempé.» Dans ce cas, les vaches restent à la ferme pour ne pas tout piétiner.
L’hiver, elles sont la plupart du temps à l’étable ou dehors sur l’aire d’exercice à laquelle elles ont toujours accès. «Les vaches ont besoin d’être au contact des éléments, explique le paysan bio. Elles aiment le grand air et sentir le vent, la pluie, la neige ou le soleil.»

De plus, le quinquagénaire a investi dans une brosse qui sert à gratter et masser les vaches plus âgées, moins alertes que leurs cadettes, et à entretenir ainsi leur pelage et activer leur circulation sanguine. «Cet aspect bien-être a aussi un intérêt économique. Mes vaches sont plus robustes, vivent plus longtemps et ont un rendement supérieur.»

Les vaches bio consomment principalement du fourrage vert. Dans les prés, elles trouvent des herbes et du trèfle de toutes sortes grâce à une fertilisation naturelle bien dosée. «C’est pour cela que le lait bio est si savoureux», relève l’agriculteur, convaincu. En plus, les bêtes mangent du foin et de l’herbe ensilée, un fourrage vert qui se conserve grâce à la fermentation lactique.

Les aliments concentrés à base de végétaux alimentaires, comme les céréales, le soja ou le maïs, ne doivent pas représenter plus de 10% du fourrage. Il est permis de donner du sel et des minéraux au bétail à condition qu’ils soient certifiés 100% Bourgeon et exempts d’ingrédients artificiels.

L’administration de médicaments à titre préventif est interdite. «Si une vache tombe malade, on lui administre un traitement homéopathique, précise Stefan Schreiber. On n’a recours aux médicaments de synthèse prescrits par le vétérinaire que lorsqu’on ne peut pas faire autrement.»
Le lait est alors interdit à la commercialisation. Cette règle s’applique aussi au lait conventionnel, mais pour le lait bio, le délai d’attente est deux fois plus long. «Les autres éleveurs doivent attendre sept jours après l’administration d’un médicament pour pouvoir vendre à nouveau le lait; nous, c’est au moins deux semaines.»
Une
vache bio traitée aux antibiotiques plus de deux fois l’an cesse d’être bio pour toujours.

Les règles auxquelles sont soumis les paysans bio sont très strictes. Les insecticides dans les étables ou sur les animaux sont interdits. «En été, le seul moyen de lutte contre les mouches de la ferme sont les hirondelles qui nichent sous le toit», précise Stefan Schreiber.
Certaines techniques de reproduction sont également proscrites, comme le transfert d’embryon. «Les veaux sont nourris au biberon ou au seau à tétines afin que le lait parvienne directement dans la caillette et non pas dans la panse; cela favorise la digestion naturelle.»

René Schulte

Rédacteur

Photo:
Martin Heimann
Publication:
mardi 01.11.2011, 09:20 heure

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