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A l’instar des autres cueilleurs, Halima bénéficie de bonnes conditions de travail et de standards sociaux élevés.



Le parc national Coto de Doñana (ci-contre) a tout à gagner de projets de gestion durable de l’eau.

Fraises: des cueilleurs heureux

Grâce à Coop, les cueilleurs de Huelva, au sud de l’Espagne, bénéficient de bonnes conditions de travail et de standards sociaux obligatoires.

Halima est rayonnante: «Le patron est comme un père pour moi», déclare cette jeune Marocaine. C’est la septième saison qu’elle vient travailler sur la plantation de fraises d’Agromartin, près de Huelva, au sud de l’Espagne.

La cueillette des fraises n’est pas une sinécure, mais la jeune femme ne perd pas sa bonne humeur pour autant. Au contraire: «Je préfère être ici qu’au Maroc. Ici, j’ai du travail et des loisirs. En plus, je peux rester en contact avec ma famille grâce à Internet», se réjouit-elle dans un espagnol impeccable. En effet, les employés d’Agromartin jouissent non seulement d’horaires de travail réglementés, d’un salaire adapté et d’un logement décent, mais ils bénéficient encore de leçons d’espagnol gratuites. Avantages qui ne vont pas de soi. Car les fraises espagnoles ont beau être douces, les journaux ont tendance à les accompagner d’une crème amère concernant les tristes conditions de travail des cueilleurs. José Martin ne veut pas en entendre parler. Le propriétaire de l’entreprise, qui emploie 682 collaborateurs durant la récolte, est un patron de l’ancienne école. Il s’astreint à des standards sociaux obligatoires et a suivi diverses formations organisées par Coop sur le thème des bonnes conditions de travail.

Depuis mi-janvier, des audits sont effectués dans son entreprise selon le standard social GRASP (GLOBALG.A.P. Risk Assessment on Social Practice). Selon ces critères, tous ses employés disposent de contrats de travail écrits conformes au droit espagnol, avec des horaires de travail, des salaires et des prestations sociales définis. Les travailleurs peuvent aussi rejoindre des syndicats et élire leur délégué, chargé de représenter leurs intérêts devant la direction de l’entreprise.

«

Seul un employé heureux est un employé productif »

José Martin, propriétaire de l'entreprise de plantation de fraises Agromartin, au sud de l'Espagne.

Actuellement, les audits GRASP s’appliquent à 20% des entreprises qui produisent des fraises pour Coop à Huelva. L’objectif est que d’ici à 2014, 90% des producteurs aient adopté ce standard social. José Martin est un précurseur quand il déclare: «Seul un employé heureux est un employé productif.»

La nationalité de ses salariés lui est égale. Ceux-ci confirment: «Ici, le racisme et la xénophobie sont inconnus», affirme Anna Bordena. Cette Roumaine revient depuis plusieurs années dans le sud de l’Espagne pour la récolte, de janvier à juillet. «Nous nous sommes toujours sentis les bienvenus.»
En effet, ici les tensions ou les désordres sociaux – comme en a connu l’Andalousie en raison des mauvaises conditions de travail ou de vie dans les entreprises agricoles – sont évités. Patron typique, José Martin s’intéresse au contraire aux différentes cultures représentées dans son entreprise. Ce self-made-man a commencé par gagner sa vie comme pêcheur de langoustes au large des côtes de l’Angola avant d’acheter du terrain et de fonder sa propre entreprise en Espagne.

Malgré son engagement, il ne reçoit aucune subvention de l’Etat. Celui-ci aurait pourtant tout à gagner de personnes comme lui. Car non seulement José Martin intègre les forces de travail étrangères de manière exemplaire, mais il emploie aussi des concitoyens dans cette Espagne secouée par la crise. «En 2004, durant le boom immobilier, à peine 10% des employés étaient Espagnols. Ce chiffre a depuis nettement augmenté», souligne-t-il.

Projet GRASP pour la culture équitable de fruits et de légumes

Gestion durable des ressources naturelles en eau et en terre

Les sites de production de fraises se trouvent tout près du parc national Coto de Doñana, une réserve de biosphère (une zone conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable). Ce parc est aussi situé dans l’une des principales zones humides d’Espagne. Or, ces dernières années, l’agriculture s’y est intensifiée et la surface agricole a beaucoup augmenté dans la province de Huelva. Corollaire de cette expansion, la consommation d’eau a elle aussi pris l’ascenseur. Ce qui a provoqué un impact négatif sur l’équilibre hydrique du parc national.

Dans un souci de développement durable, qui concerne aussi la production de fraises à Huelva, Coop a élaboré, de concert avec le WWF, des règles pour l’usage des ressources naturelles (eau, sol). Selon ce standard, l’exploitation des terres pour la culture et celle des sources d’eau pour l’arrosage doivent être conformes au droit; il est aussi nécessaire de mettre en place un bon système de gestion des eaux. Sur la base de ce modèle, des organismes de certification externes ont réalisé un audit de tous les fournisseurs de Coop. Actuellement, 60% d’entre eux remplissent totalement les exigences du standard et ont été certifiés.

Stefan Fehlmann

Rédacteur

Photo:
Heiner h. Schmitt
Publication:
lundi 28.01.2013, 11:27 heure

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