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Steve Guerdat (30 ans).




«Les chevaux? Du plaisir»

Steve Guerdat s’apprête à participer cette semaine au Championnat hippique international de Zurich. Le champion olympique nous parle de sa manière de vivre au quotidien. Et de sa passion.

Coopération. Steve n’est pas franchement un prénom très jurassien…
Steve Guerdat. C’est vrai. Je dois avouer que cela ne m’a jamais vraiment interpellé. Vous devriez plutôt interroger mes parents…

D’où vient votre passion pour les chevaux?
Mon père était lui-même cavalier. Nous avions des chevaux quasiment dans le jardin. J’étais encore très jeune lorsque j’ai été contaminé par le virus équestre.

Qu’est-ce qui caractérise un bon cavalier de saut d’obstacles?
C’est avant tout l’amour des chevaux, sans lequel ce métier est impossible. Et puis, il faut faire passer presque tout le reste après sa passion.

Que voulez-vous dire?
Un cheval n’est pas un ballon de foot que l’on peut ranger dans un coin l’après-midi. C’est un athlète qui ne peut pas s’entraîner seul, mais uniquement avec un cavalier. Cela demande beaucoup de temps, de patience et de confiance. Un cavalier doit élever, entraîner et soigner son cheval jour après jour, pendant des années, et ce, que ce soit à Noël ou à Pâques, la semaine ou le week-end, qu’il pleuve ou qu’il neige ou que l’on soit malade ou en bonne forme ...

Cela ne vous laisse donc que peu de temps libre?
J’investis beaucoup de temps et d’énergie dans mes chevaux. Je suis déjà à l’écurie à 7 heures du matin. La première séance d’entraînement dure jusqu’à 13 heures. J’ai ensuite une heure de pause avant de reprendre l’entraînement jusqu’à 17 heures.

C’est alors que se termine votre journée.
Non, ensuite vient tout le travail administratif. J’organise moi-même mes participations aux tournois, c’est-à-dire que je dois réserver mes billets d’avion et mes chambres d’hôtel, organiser le transport des chevaux vers le lieu du tournoi, m’occuper des assurances, des inscriptions et j’en passe.

Vous ne prenez jamais de vacances?
Récemment, je me suis accordé deux jours de vacances de ski. Ces deux journées sans mes chevaux m’ont fait plaisir, mais ce n’était pas facile: je n’arrêtais pas de penser à eux. Ces vacances seront les seules journées sans cheval pour moi cette année.

Vous semblez ne pas avoir beaucoup de temps pour vos amis?
C’est vrai. J’ai peu d’amis, mais des vrais, pour qui je ferais tout, et réciproquement.

Votre victoire aux Jeux olympiques a-t-elle changé quelque chose?
Oui, soudainement, tout le monde voulait devenir mon ami. Mais pour être franc, les gens qui étaient à mes côtés avant les Jeux restent mes meilleurs amis. Les autres m’importent peu.

N’avez-vous pas d’autres activités au quotidien pour compenser l’équitation?
Avant, je jouais régulièrement au tennis, mais depuis les JO, je n’ai pas touché ma raquette une seule fois. Par contre, je me suis mis à la moto il y a deux ans.

Qu’est-ce qui vous plaît dans la moto?
Honnêtement: la vitesse et la puissance que dégage un moteur.

Et quelle est la différence entre conduire une moto et monter un cheval?
En moto, il suffit d’appuyer sur la pédale de gauche ou de droite pour obtenir exactement ce que l’on veut. Sur un cheval, ce n’est pas toujours si simple…Si j’avais une famille, j’arrêterais tout de suite la moto en raison des risques que cela implique.

Avez-vous déjà pensé à fonder une famille?
Mon emploi du temps très chargé ne me laisse pas le temps de m’en préoccuper. Plus tard, peut-être. Si je rencontre un jour la bonne personne, je serais prêt.

Combien de temps voulez-vous encore donner la priorité aux chevaux?
L’équitation est ma plus grande passion et je continuerai encore longtemps. Si la santé le permet, l’on peut encore faire de l’équitation à 60 ans et avoir du succès. Alors pourquoi pas?

Comment vous voyez-vous dans dix ans?
Je ne me projette pas si loin. Je laisse la vie me surprendre. Les choses peuvent évoluer si rapidement qu’il faut parfois tout abandonner et revoir ses projets.

Avez-vous prévu des alternatives?
J’espère, bien évidemment, que rien ne m’arrivera. Le bon côté de l’équitation est qu’il est toujours possible de rester auprès des chevaux même lorsque l’on ne pratique plus ce sport, que ce soit en tant qu’entraîneur, professeur d’équitation ou organisateur de tournois.

Vous n’en avez jamais assez de l’équitation?
Moi? Jamais! Ma vie, c’est l’équitation et les chevaux. Je ne l’imagine pas autrement. Pour moi, m’occuper des chevaux n’est pas un travail, mais un pur plaisir. J’aime tellement l’équitation que je ne dois jamais me forcer. Malheureusement, je passe plus de temps sur le dos de mes montures qu’avec mes amis autour d’un café.

«

L’équitation est ma grande passion. Si la santé le permet, on peut en faire à 60 ans et avoir du succès. Alors pourquoi pas?»

Comment entretenez-vous votre forme physique?
Pour être honnête, lorsque l’on s’entraîne chaque jour pendant plus de neuf heures avec les chevaux, il est inutile de pratiquer davantage d’exercice physique. Je vais tout de même deux fois par semaine au fitness, notamment afin de renforcer mon dos qui est très sollicité en équitation.

Et votre mental?
Même si je donne l’impression d’être très calme, je bouillonne intérieurement avant chaque concours. Je suis alors très nerveux. Je n’ai pas vraiment confiance en moi. Mais dès que je suis sur le parcours, je retrouve mon calme intérieur et je deviens très concentré. Contrairement à d’autres cavaliers, je n’ai pas besoin d’un coach mental.

Comment gérez-vous l’échec?
C’est très difficile. Heureusement, les concours sont si nombreux que l’on ne reste jamais trop longtemps sur un échec. Il faut souvent se remettre en selle dès le week-end suivant, ce qui ne laisse pas le temps de se morfondre.

Pourquoi l’équitation est-elle une activité sportive marginale?
C’est une bonne question. Je crois que cela est lié au fait que ce sport n’a pas de grande star. On ne peut pas gagner toutes les semaines parce que l’on ne monte pas toujours le même cheval. En ce qui me concerne, j’aimerais que les chevaux inexpérimentés ne soient pas inscrits trop rapidement à des concours, car les gens se demandent alors parfois pourquoi Guerdat n’a terminé que dixième. Et quand un sport n’a pas de star, les spectateurs ne peuvent pas s’identifier avec cette discipline.

Quels ont été les chevaux les plus importants dans votre carrière?
Je ne souhaite mettre aucun cheval en avant, car ils me sont tous très chers. Bon, je pourrais citer Tresor à qui je dois mes premières victoires, Jalisca avec qui j’ai gagné la médaille d’or aux championnats d’Europe (en équipe), et bien évidemment Nino des Buissonnets avec qui j’ai décroché l’or en individuel l’année dernière.

Que deviennent les chevaux lorsqu’ils ne sont plus aptes à disputer des compétitions équestres?
Malheureusement, les chevaux ne m’appartiennent généralement pas. Et pourtant, je ne peux pas me séparer d’eux. J’ai notamment racheté Tresor à son propriétaire par la suite. Il vit maintenant dans le sud de la France où il peut galoper en prairie et où il est parfois utilisé pour l’élevage. Je lui rends régulièrement visite, trois ou quatre fois par an.

Pendant combien d’années peut-on monter un cheval en compétition?
Cela est très variable, selon le caractère. Si un cheval n’a subi aucune blessures, il peut concourir jusqu’à l’âge de 14 ans. Mais il y a aussi des chevaux de compétition âgés de 17 ans. Du haut de ses 16 ans, Jalisca par exemple aime toujours autant le saut d’obstacles et je sens encore en elle le feu et l’envie. Par contre, j’ai tout de suite remarqué lorsque Tresor perdit l’envie de sauter.

Les chevaux ont-ils des caractères vraiment différents?
Chaque cheval a son propre caractère, comme les humains. Jalisca, par exemple, est une jument très affectueuse, je pourrais presque la comparer à une peluche. Elle adore les caresses. Nino, quant à lui, est un futé et aime jouer des tours. Les deux ont en commun leur caractère de battant.

Avez-vous déjà éprouvé des regrets?
Des petits regrets, oui. En fin de compte, l’on tire des leçons de ses erreurs. Mais globalement, je suis satisfait et content de moi.

Steve Guerdat

Date de naissance. 10 juin 1982

Situation familiale. célibataire, vit avec ses chevaux à Herrliberg (ZH).

Carrière. En 2003, Steve Guerdat s’est classé 6e des championnats d’Europe de saut d’obstacles de sa catégorie d’âge. En équipe, il décrocha le bronze. Il participa pour la première fois aux Jeux olympiques en 2004. Il remporta la médaille de bronze en équipe aux JO de 2008, puis l’argent aux championnats d’Europe de 2005 et l’or en 2009. Le sommet de sa carrière fut les JO 2012 où il décrocha le titre de champion olympique en individuel.

Ses objectifs. Finir aux premières places lors des prochains tournois, parmi lesquels le CSI Zurich (du 25 au 27 janvier), notamment afin de se qualifier pour la finale de coupe du monde de Göteborg. Par ailleurs, il souhaite monter pour la première fois sur le podium des championnats du monde.

Actualité. Du 25 au 27 janvier à Zurich au Championnat hippique international (CSI Zurich).

steveguerdat.com

Votre livre de chevet?
«Rafa» de Rafael Nadal.

Quels sont vos modèles?
John Whitaker (cavalier britannique de saut d'obstacles) en sport. Et Thomas Fuchs (ancien cavalier suisse) sur un plan plus personnel.

Le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma?
Lincoln (2012), de Steven Spielberg.

Quelle musique écoutez-vous en ce moment?
Johnny Cash et Eminem.

Quel disque prendriez-vous sur une île déserte?
Johnny Cash: 100 Greatest Hits.

Avec quel musicien aimeriez-vous boire un verre?
S'il vivait encore: Johnny Cash.

Qu'aimez-vous cuisiner?
L'émincé au curry.

Votre boisson préférée?
L'eau.

Plutôt vin ou bière?
Un peu des deux. Mais je ne m'intéresse au vin que depuis trois ans environ. J'en bois donc un bon verre de temps en temps. Bien sûr, avec une bonne grillade, j'aime boire une bière bien fraîche!

Pâte ou fondue?
Fondue.

Jogging ou marche?
Jogging.

Mer ou montagne?
Montagne.

Si vous étiez un animal, lequel seriez-vous?
Un aigle.

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Markus Kohler
Photo:
Christoph Kaminski, Keystone
videos:
www.youtube.com
Publication:
lundi 21.01.2013, 13:48 heure

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