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S’expatrier à la retraite

Dans «Indian Palace», un groupe de seniors anglais part s’installer en Inde, où la vie est moins chère. Ce film balaie quelques idées reçues sur la retraite. Ce scénario existe dans la vie réelle. Parcours de quatre retraités suisses qui se sont expatriés.

La retraite, un nouveau départ? C’est la prémisse d’Indian Palace, une charmante comédie dramatique qui cartonne outre-Manche et débarquera le 9 mai sur les écrans romands.

Un groupe de seniors anglais part s’installer en Inde, où la vie est nettement moins chère et apparemment idyllique. Arrivés sur place, ils découvrent que le luxueux hôtel qui leur avait été promis est en réalité une résidence délabrée. L’enthousiasme contagieux du jeune gérant des lieux, la gentillesse des autochtones et l’atmosphère enivrante des rues de Jaipur finissent néanmoins par séduire ces aventuriers du 3e âge, qui s’épanouissent dans leur nouvel environnement.

«Le changement à ce stade de la vie est stimulant. La curiosité, l’intérêt qu’on porte aux autres, c’est cela qui nous maintient en vie et motivés, même s’il est très facile de se replier sur soi-même», remarque John Madden (62 ans), le réalisateur du film. Peut-on vraiment changer à cet âge? Est-il possible de recommencer sa vie après 65 ans? Autant de questions abordées en filigrane dans un récit plein d’humour qui oscille entre rires et larmes.

Judi Dench incarne Evelyn, une retraitée nouvellement veuve, qui se retrouve avec une montagne de dettes à la mort de son mari et doit vendre sa maison. «Elle n’a pas envie d’aller habiter avec son fils et la maison de retraite est hors de question. Alors elle décide de partir, ce que je trouve admirable», observe la comédienne de 77 ans, pour qui la retraite «est un mot obscène».

Tombée, comme son personnage, sous le charme vivifiant de l’Inde («de ses odeurs, de ses couleurs, de sa beauté»), elle considère que les personnes âgées ont moins de préjugés que les jeunes contre les cultures étrangères «parce que nous sommes moins malléables». Alors, mesdames et messieurs les seniors, qu’attendez-vous pour faire vos valises?

Miguel Cid, Londres

Concours: des places de ciné pour voir «Indian Palace»

5 × 2 billets de cinéma seront tirés au sort. Ils vous permettront de découvrir le film «Indian Palace» (titre original «The Best Exotic Marigold Hotel»). Délai: dimanche 6 mai, minuit.

www.cooperation-online.ch/concours

En Thaïlande: ouverture et gentillesse

Paul Richle (66 ans). De l’eau chaude grâce à l’énergie solaire, des bananiers dans le jardin, une eau de mer à 31° C et seulement trois factures par mois à payer. Paul Richle est heureux à Phuket. Il connaît ce pays depuis des vacances qu’il a passées en 1990. Il est tombé sous le charme de l’ouverture et de la gentillesse de la population. «Il n’y a pas de gueules d’enterrement ici. Les gens sont souriants.» Depuis, ce technicien-géomètre, qui a fait toute sa carrière dans le canton de Vaud, y est revenu régulièrement. Il a noué des liens et il a fini par s’y installer. «Ma vie ici avec ma compagne thaïlandaise me convient parfaitement. J’ai perdu du poids grâce à la nourriture thaïe que j’aime beaucoup et je vis pratiquement dans mon jardin. Que demander de plus?» joc

Au Portugal: des amis pour la vie

Véronique Iseli (64 ans). Un fort attachement et un sentiment de liberté. C’est ce qu’a ressenti la Suissesse Véronique Iseli dès son premier séjour à Lisbonne, entre 1974 et 1975, au moment de la «révolution des œillets». «La vie était incertaine. Nous n’avions pas choisi d’y aller, c’était pour le travail de mon mari. Nous avons eu un vrai coup de cœur, nous nous y sommes fait des amis pour la vie», témoigne cette assistante sociale à la retraite. Elle s’est à nouveau expatriée dans la capitale portugaise entre 1990 et 1996, avec sa famille. Une expérience si positive qu’elle a décidé avec son époux retraité en 2005 de s’y installer. «Lorsque j’arrive à Lisbonne, j’ai le sentiment de rentrer à la maison», affirme-t-elle. N’ayant pas trouvé de logement à acquérir, le couple est rentré en Suisse il y a un peu plus de deux ans, en comptant bien repartir pour Lisbonne lorsqu’une occasion se présentera.  joc

En France: retraite plus correcte

Jean-Marc Rey (75 ans). Le Genevois Jean-Marc Rey a fait carrière en Suisse romande, dans le domaine du social. Il a pris une retraite anticipée à 62 ans et depuis, il vit en Gironde, près de Bordeaux, avec son épouse française. Il constate que son AVS lui permet de vivre plus décemment en France qu’en Suisse. «A aucun moment je n’ai regretté cette décision, c’était la meilleure solution pour moi de partir à l’étranger», raconte-t-il. La difficulté pour s’y reconstituer un cercle d’amis représente une ombre au tableau. «Les gens sont plutôt suspicieux, il faut forcer les portes.» Membre du comité de l’association des Suisses de Bordeaux, il continue grâce à Internet de suivre de près l’actualité helvétique.  joc

Au Sri Lanka Sans cervelas

Lotti Beichert Thomas (71 ans). Une maison entre fleuve et mer, un jardin de palmiers, des poules, des chiens et des chats. «Ici je vis simplement et paisiblement. On a une installation solaire, l’eau du fleuve est pompée et on va en bateau s’approvisionner en eau potable. Il fait chaud toute l’année.» Lotti Beichert Thomas avait décidé depuis longtemps de vivre sa retraite sur l’idyllique côte est du Sri Lanka. La Bâloise aime cette région depuis qu’elle est venue y faire de la plongée, dans les années 1970. Elle s’y est établie une première fois mais a dû rentrer en Suisse à cause de la guerre civile. Avec son époux sri-lankais Praki, elle profite chaque jour de la nature environnante. «Ce qui me manque ici? Le cervelas! rigole-t-elle. Et m’asseoir sur une jolie terrasse pour regarder les gens, car ici, ça n’existe pas.»  fm


En savoir plus sur l’émigration

  • L’Organisation des Suisses de l’étranger donne de nombreux renseignements et conseils. Elle répond à des questions pratiques comme: «Je vis à l’étranger et j’ai cotisé à l’AVS. A partir de quel âge puis-je percevoir une rente de l’AVS?» ou: «Je suis Suisse de l’étranger et je n’ai pas reçu le matériel de vote lors des dernières votations, que faire pour que cela ne se reproduise plus?»: www.aso.ch
  • Des retraités suisses alémaniques à l’étranger racontent leur parcours sur un blog (en allemand): www.careguide.ch/blog


Les baby-boomers ont les moyens de partir

Les Suisses de l’étranger sont de plus en plus nombreux. Pourquoi cette évolution? Explications de la démographe Ilka Steiner, du Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population de l’Université de Neuchâtel.

Pour quelles raisons les aînés suisses émigrent-ils?
Ils trouvent souvent de meilleures conditions de vie dans le pays de leur choix, comme le climat, le niveau des prix et le style de vie. La génération des baby-boomers, qui arrive maintenant à la retraite, a les moyens financiers et la santé pour se lancer dans une nouvelle étape de vie à l’étranger. Il y a aussi les anciens immigrants qui ont obtenu la  nationalité suisse, mais retournent dans leur pays d’origine au moment de la retraite.

Quels pays ont le plus de succès?
La population totale des Suisses de l’étranger compte 18% de personnes âgées de 65 ans ou plus. Parmi les pays avec la plus grande population de Suisses de l’étranger, l’Espagne (28%), l’Argentine (21%), les Etats-Unis (21%) ou l’Italie (20%) comptent une proportion élevée de retraités. La proximité, un bon système de santé ou des liens sociaux peuvent être des critères de choix.

Du côté des plus jeunes générations, qui quitte la Suisse et pourquoi?
Selon le moment du parcours de vie, il existe différents types d’émigrants: des étudiants, des jeunes diplômés  qui émigrent pour une première expérience professionnelle, des actifs qui partent pour poursuivre leur carrière – accompagnés de leur famille – des personnes qui tentent l’aventure de vivre ailleurs, ou qui vont se marier, etc.

Quelles sont vos prévisions sur l’émigration des Suisses?
La population des Suisses de l’étranger n’a cessé de croître. Elle comptait 695 100 personnes en 2010. Il est fort probable que cette évolution continue. Mais elle dépend des comportements des différents types d’émigrants. On peut par exemple s’attendre à ce que les baby-boomers trouvent encore davantage leur bonheur à l’étranger, y compris dans des pays plus éloignés.

De quelles données statistiques dispose-t-on sur les départs de Suisses à l’étranger au moment de la retraite?
En 2010, la statistique de la population et des ménages, qui est basée sur les registres, a été introduite. Elle contient les départs à l’étranger et fournit des informations démographiques. Il existe aussi une statistique des consulats suisses, qui dépend de l’annonce volontaire des émigrants au moment de leur départ de Suisse et de leur arrivée dans le pays d’accueil. La statistique de l’AVS contient elle aussi des informations sur les Suisses percevant une rente à l’étranger.

Propos recueillis par Joëlle Challandes

www.migration-population.ch

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lundi 30.04.2012, 11:50 heure

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