L’apéritif est un moment important d’une soirée. Peu importe que l’on soit debout ou assis, l’important est que chaque invité se sente à l’aise.

L’art de recevoir

Invitations Nul besoin de stresser lorsque l’on accueille du monde à la maison. Une bonne organisation et des ambitions raisonnables priment.

Une simple assiette de pâtes ou une raclette suffisent pour une invitation en toute décontraction. Mieux vaut éviter les grands préparatifs qui nous mettent sur les nerfs. Cependant, parfois, nous souhaitons dérouler le tapis rouge pour nos invités, en élaborant un repas digne de ce nom, avec tous ses à-côtés.
Le travail ne manque alors pas: il s’agit de nettoyer son chez-soi, de le présenter à son avantage, d’établir le menu, de choisir les boissons et la décoration de table, puis de passer des heures en cuisine. Nous faisons tout pour que la soirée soit parfaite et que nos invités puissent dire en toute sincérité, après un repas délicieux et convivial: «Quel merveilleux moment nous avons passé!»

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Une bonne organisation de rigueur

On est souvent très stressé avant de recevoir des amis. «Avec une bonne organisation, cela n’a pas lieu d’être», estiment Franziska Bründler et Simone Müller-Staubli. Ces Lucernoises adorent recevoir. Elles sont les auteures d’un guide sur le sujet (le livre Das 9 x 9 der Gastgeberei, disponible uniquement en allemand sur 9mal9.ch). La lourdeur des préparatifs dépend de plusieurs facteurs: le nombre d’invités, le but de l’invitation, le menu et les animations éventuelles. Leur bonne gestion est un plus pour celui qui reçoit, ainsi que pour les convives: «Si on est bien organisé, les invités se réjouissent qu’on ait du temps pour eux», constatent les deux expertes. 

Comment être à la hauteur face à ses convives? Pas évident de jongler entre les boissons, le repas et la conversation… «Il faut un peu de pratique, de la décontraction et, reconnaissons-le, beaucoup de travail», répond Simone Müller-Staubli, diplômée de l’École hôtelière de Lausanne. Et la gastronome d’ajouter: «La générosité, la simplicité et la chaleur humaine sont de bonnes conditions préalables. On doit avoir du plaisir à choyer ses convives et savoir leur faire sentir qu’ils sont les bienvenus.»

«

Plus on est détendu, plus la soirée s’en ressentira»

Franziska Bründler (35 ans), spécialiste en design

Neuf invités, neuf plats

Invitation après invitation, on gagne en confiance et en compétence. Franziska Bründler et Simone Müller-Staubli l’ont expérimenté. Il y a trois ans, celles qui ont une date d’anniversaire commune, le 9 septembre, ont eu l’idée de cuisiner neuf plats pour neuf invités. Elles admettent que le projet était ambitieux: «Nous avions visé un peu haut avec le menu et avons finalement dû servir des spätzlis industriels.»

Franziska Bründler (à gauche) et Simone Müller-Staubli adorent accueillir du monde avec classe.

1700 convives en trois ans

Malgré ce léger accroc et un peu de stress lors des préparatifs, la tradition des «9 x 9», repas en neuf actes donnés le 9 de chaque mois, était née. De telles  soirées se sont déroulées jusqu’au printemps dernier.
La partie culinaire est revenue à Simone Müller-Staubli (33 ans), l’esthétique à Franziska Bründler (35 ans), spécialiste en design. Elles ont accueilli quelque 1700 hôtes au total. Une soirée réussie n’est pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs y contribuent, même si tous ne doivent pas nécessairement être réunis. «Des invités bien assortis, un délicieux repas accompagné de bons vins, une ambiance détendue et un hôte chaleureux, sont de bons atouts», affirme Simone Müller-Staubli.

Miser sur des invités compatibles

Le choix des convives, par exemple, est plus important qu’un repas parfaitement réussi. Parfois, les personnalités ne s’harmonisent tout simplement pas, ce qui nuit à l’ambiance.
Il faut donc veiller à ce que les invités soient compatibles entre eux et aient si possible quelque chose en commun, un passe-temps par exemple, le goût de la cuisine ou celui des voyages. Cela permet aussi d’alimenter la discussion.

Spontanéité à préserver

Lorsqu’on reçoit, on souhaite donner le meilleur de soi-même, tout réussir à la perfection. C’est humain. Mais attention à ne pas réaliser ce souhait au détriment de la spontanéité et de la convivialité. «La soirée sera aussi détendue qu’on l’est soi-même. Si on est stressé, les invités le sentent et ont alors l’impression d’être un fardeau», confirme Franziska Bründler. Les deux expertes conseillent de ne pas prévoir un menu trop compliqué. Un repas à cinq plats est certes tentant, mais avec des recettes trop exigeantes, on ne sait plus où donner de la tête. Or un hôte qui passe la soirée à courir entre la cuisine et la table – ou pire encore, qui ne sort guère de la cuisine – ne contribue pas précisément au bien-être de ses invités.

«

Misons sur la générosité et la chaleur humaine»

Simone Müller-Staubli (33 ans), gastronome

Préparation à l’avance

Il vaut mieux opter pour un menu que l’on a déjà réalisé ou un menu à trois plats dont on peut préparer une partie à l’avance. Ce qui ne nous garantit toujours pas que tout se passera idéalement. Que faire si la soupe est trop liquide ou le steak brûlé? «Réagir avec humour et charme…» Pour nos deux collègues, qui exercent toutes deux une activité professionnelle, recevoir est un loisir.
Elles ont aussi plaisir à être elles-mêmes invitées et s’inspirent alors volontiers des réceptions de leurs hôtes. Quel est leur niveau d’exigence? Franziska Bründler éclate de rire: «Nous sommes des invitées toutes simples, pas difficiles pour deux sous.» Des convives comme on aimerait en recevoir souvent!

  • Il faut du temps pour décorer une table. Réfléchissez-y à l’avance! Évitez aussi les fleurs très odorantes dans les arrangements floraux.
  • Des serviettes en tissu sont de mise. Avec du ruban ou d’autres matériaux, on peut créer en toute simplicité
    ses propres ronds de serviette.
  • Un beau plateau pour commencer la soirée au mieux! Afin de gagner du temps, il suffit de miser sur des flûtes, de la charcuterie et du fromage. Les antipastis, de Betty Bossi par exemple, sont aussi très pratiques.
  • Indiquer le prénom de chaque invité vers son couvert personnalise la soirée. Dans un plan de table à la française, on installe le couple qui reçoit au centre de la table et les invités les plus importants à ses côtés.
 

Bienséance comme invité

  • Si l’invitation mentionne 19 h, soyez ponctuel. Ne jamais arriver avant l’heure, les dernières minutes de préparatifs étant souvent les plus précieuses pour votre hôte, parfois sous pression à ce moment. Ne pas non plus arriver avec plus d’un quart d’heure de retard.
  • Apporter un petit présent en prenant soin d’éviter les cadeaux disproportionnés, qui risquent de mettre mal à l’aise la personne qui vous reçoit. Des fleurs, un choix de pralinés, une bonne bouteille de vin ou de champagne, faute d’être originaux, font toujours plaisir. Si vous connaissez bien les goûts de votre hôte, vous pouvez offrir quelque chose de plus personnel, un livre par exemple.
  • Offrir des fleurs emballées dans du papier transparent ou sans emballage, et veiller à ce que les tiges ne soient pas trop mouillées.
  • Ne jamais pénétrer dans la cuisine sans y être invité; c’est le refuge de votre hôte.
  • Régler son téléphone en mode silencieux.
  • Ne pas monopoliser son hôte toute la soirée, ni la parole. Penser aussi aux autres convives…
  • Envoyer un SMS, lancer un coup de fil ou envoyer un petit mot de remerciement au lendemain de la fête.

Check-list lorsqu’on reçoit

Deux semaines avant la soirée:

  • Demander à vos invités s’ils ont des allergies alimentaires ou une aversion pour certains mets.
  • Informer éventuellement les voisins.
  • Prévoir des places de parking.

La veille:

  • Faire le ménage.
  • Préparer de la glace pour le seau à champagne.
  • Mettre des boissons au frais.
  • Dresser la table pour juger de l’effet et voir ce qui vous manque.
  • Préparer sa tenue, pour éviter de se prendre la tête au dernier moment.

Le jour même:

  • Prévoir un endroit où déposer les cadeaux des invités et des vases pour les fleurs.
  • Faire de la place pour les manteaux (y a-t-il suffisamment de cintres?).
  • Mettre un savon neuf et des serviettes propres dans la salle de bain.
  • Ranger les affaires de toilette et les médicaments.
  • Vider le lave-vaisselle et la poubelle.
  • S’assurer d’avoir un tire-bouchon à portée de main.
  • Parfumer l’appartement.
  • Ranger le courrier.
  • Poser des cendriers sur la terrasse ou le balcon.

Après le départ des invités:

  • Noter qui était présent à votre soirée et ce que vous avez préparé à manger, en vue d’éviter de servir la même chose la prochaine fois.

Couverts bien dressés

On place les couverts dans l’ordre d’utilisation, en partant de l’extérieur. On ne met jamais plus de trois couverts de chaque côté de l’assiette.

Disposer au-dessus des couteaux deux verres au minimum, trois au maximum. L’assiette pour poser son morceau de pain se place au-dessus des fourchettes.

«Comme un chef d’orchestre»

Christophe Laurent (56 ans), Ambassadeur des valeurs de l’École hôtelière de Lausanne

Christophe Laurent (56 ans), Ambassadeur des valeurs de l’École hôtelière de Lausanne
Christophe Laurent (56 ans), Ambassadeur des valeurs de l’École hôtelière de Lausanne

Savoir-vivre Un spécialiste des arts de la table nous donne ses conseils lorsque l’on reçoit.

Comment accueillir au mieux ses invités?
En soignant l’environnement et les  sens. Il faut que l’atmosphère soit apaisante et l’odeur neutre.
On peut également mettre de la musique en arrière-fond.

La musique n’est-elle pas synonyme d’alibi pour couvrir de potentiels silences?
Non, elle réchauffe le climat. Son niveau sonore ne doit toutefois pas couvrir celui des conversations. Tout le monde craint des silences: en tant que maître de maison, on est là pour les empêcher. Comme un chef d’orchestre, on doit rassembler ses convives.

Et que faire si la discussion s’enflamme et devient débat?
Il faut observer un petit moment de silence. Mieux vaut éviter d’entrer dans le chaud de l’argument et quitter les terrains glissants.

Dans quel ordre servir ses hôtes?
On sert d’abord les femmes, puis les hommes et les enfants. Mais le monde évolue et la culture change. Les enfants sont impatients et on peut tout à fait commencer par leurs assiettes!

Comment gérer le service du vin?
Je recommande de goûter avant la soirée, au moment où l’on ouvre les bouteilles, puis de demander à un invité de déguster. On suivra alors toujours son avis.

Qui souhaite un bon appétit?
La dernière personne qui passe à table. Cette expression date du Moyen Âge. Les pauvres disaient bon appétit et n’avaient que des pommes de terre et des choux. On n’utilise pas ces mots dans la haute société, car ils dévalorisent la prestation de la personne qui a préparé les plats.
Par contre, on peut toujours souhaiter un agréable repas.

Si l’on doit faire patienter ses hôtes à table pour terminer quelque chose par exemple en cuisine, que faut-il leur dire?
Cela ne devrait pas arriver, mais si c’est le cas, il faut les prévenir de ce qui va se passer. On peut dire que l’on va chercher l’entrée, qui sera une surprise. Puis quand on revient dans la salle à manger, il faut maîtriser la situation!

Que faire si un invité ne touche presque pas à son assiette?
Ne rien dire, car il ne faut pas le mettre dans l’embarras. Le pire serait de lui demander s’il est malade…

Passer au salon après le repas: bonne ou mauvaise idée?
On peut, à condition que le feu de cheminée ronronne déjà. Cela peut créer une nouvelle dynamique. Le risque, c’est de casser l’ambiance.

Comment faire comprendre aux gens qu’il est l’heure de partir?
En servant de l’eau et des jus de fruit. Il faut savoir qu’en règle générale, le minuit diplomatique correspond à 23 h.

Quel faux pas doit-on absolument éviter lorsque l’on reçoit?
On ne procède pas à des invitations intéressées. On invite des gens pour leur procurer du bonheur, pas pour se faire plaisir.

L’historique décalé sur les bonnes manières; émission «C’est la jungle», RTS

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Les arts de la table, excellence française!

De la lecture pour en savoir plus

  • Des amis à dîner, Nicole Renaud, Éd. First, 2016
  • 1001 idées pour inviter sans stresser», Camille Depraz, Éd. Larousse, 2013
  • Le petit Larousse du savoir-vivre, Sabine Denuelle et Mathilde Fergusson, Éd. Larousse, 2016
  • Que sais-je? Politesse, savoir-vivre et relations sociales, Presses universitaires de France, 2014
  • Savoir recevoir - Astuces pour réussir une invitation, Emilie de Clercq, Éd. Cabedita, 2012
  • Savoir-vivre aujourd’hui - Guide des bonnes manières, Emilie de Clercq, Éd. Cabedita, 2011
  • RSVP - 124 questions à propos du savoir-vivre, Sylviane Roche, Éd, Bernard Campiche, 2010
  • L’usage et le bon ton de nos jours, Catherine Parr, Hachette BnF, 1892

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Yvonne Fertsch

Avec la collaboration de Joëlle Challandes.

Infographie: Jacob Kadrmas

Photo:
Heiner H. Schmitt, EHL/Jean-Marie Michel, DR
Publication:
lundi 28.11.2016, 14:00 heure



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