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Le cirque où la mort est vivante

Le collectif québécois «Les 7 doigts de la main» arrive bientôt en Suisse romande avec le spectacle «La vie», qui emmène les spectateurs dans un purgatoire de folie, où s’invite le style cabaret.

Un festival international de cirque bat son plein en cette fin d’après-midi ensoleillée. Nous sommes dans un havre de verdure qui surplombe le cœur de Prague, la capitale de la République tchèque. Des enfants se mesurent au diabolo, une maman essaie de faire tenir une assiette en carton sur un bâton. Devant l’un des chapiteaux dressés dans le parc, les artistes de la compagnie québécoise Les 7 doigts de la main profitent de la douceur du moment pour lire, discuter ou fermer les yeux quelques minutes. Dans un peu plus de deux heures, ils proposeront une représentation du spectacle La vie.

  • Rien n’arrête Patrick Léonard, un as du diabolo. Après être apparu en vieux pull en laine, l’artiste se retrouve mis à nu…
  • Isabelle Chassé, éblouissante dans un numéro de draps noués.
  • La cérémonie du purgatoire de «La vie»: une folie.
  • Krin Haglund, en hôtesse qui fait l’appel des morts.
  • DJ Pocket, un magicien des sons, doit assurer à la décomposition musicale!
  • Quand la contorsion et l’hystérie vont de pair.
  • Les infirmières se dandinent joyeusement, la patiente incarne la folie.
 

Dix ans que les «doigts» –comme ils se nomment tendrement – se sont unis au nom des arts du cirque pour créer des spectacles. Acrobates, comédiens, danseurs, clowns, musiciens, les artistes ont de multiples talents. Ils les partagent avec succès dans le monde, dans des structures et des événements de toute taille.

Souples, les «doigts»  comptent avec d’autres venus et sont libres de leurs parcours. «On évolue, comme tout groupe. Notre  structure nous permet divers projets en parallèle, c’est intéressant», explique Patrick Léonard. Le Québécois joue dans La vie, tourne avec son spectacle solo Patinoire ou participe à Fibonacci, créé par le «doigt» Samuel Tétreault.

Ce projet inspiré du mathématicien italien a pour but de créer des ponts entre les cultures, grâce au cirque. «On se lance dans une création à partir de zéro avec des artistes et des techniciens d’un autre pays que le nôtre, selon l’inspiration du moment. Ça marche très bien», se réjouit l’artiste, qui a travaillé durant trois ans à l’école de cirque genevoise du Théâtre-Cirqule.

La foule arrive sous le chapiteau pragois. Le spectacle peut commencer! Surprise: le maître des lieux et son assistante obéissante nous font sévèrement comprendre que nous nous trouvons au purgatoire et que, par conséquent, nous sommes tous morts. Un artiste se fait jeter sans ménagement de sa chaise roulante. L’heure de l’appel sonne. Un spectateur est pris à partie: «Un si joli visage pour un nom si affreux.» Eclat de rire général. Un cruel jugement dernier commence pour Patrick Léonard, timide et apeuré dans son vieux pull en laine. Il est ensuite rejoint par Isabelle Chassé, en aliénée qui cherche avec frénésie son dossier, détenu par le maître de cérémonie. Les numéros se succèdent au sol et dans les airs, entre équilibre et déséquilibre, plus époustouflants les uns que les autres.

En parallèle, DJ Pocket œuvre aux platines, superpose ses propres rythmes vocaux sur un disque en terre glaise, qu’il sculpte avec malice, entouré d’une provocante danseuse de cabaret. Coquin, le spectacle n’est pas conçu pour des enfants. L’amour flirte avec la mort, plus vivante que jamais dans ce cirque de folie. Au final, le maître, tout de blanc vêtu, annonce que le temps est échu, la partie terminée. Une leçon d’humilité: nous ne sommes rien face à la mort, essayons de profiter pleinement de la vie.

Patrick Léonard, un artiste épanoui

Patrick Léonard (43 ans) ne changerait de vie pour rien au monde.

Patrick Léonard (43 ans) ne changerait de vie pour rien au monde.
Patrick Léonard (43 ans) ne changerait de vie pour rien au monde.

Quel est votre premier souvenir du cirque?
Il est très vague. Je devais avoir 7 ou 8 ans. C’était un spectacle de cirque traditionnel, que j’ai vu avec mes parents. Au Québec, contrairement à l’Europe, il n’y a pas de petits cirques qui viennent en campagne. J’ai attrapé le virus du cirque plus tard, comme bien des gens de ma génération, lorsque
j’ai vu le Cirque du Soleil.

Et ça a été le déclic?
Quelque chose a dû se créer en moi. A 24 ans, j’ai eu envie d’entrer dans une école de cirque, sans que je connaisse ce milieu. Je faisais beaucoup de sport. J’avais donc un bon background. On m’a accepté. J’ai alors découvert tout un monde…

Lequel?
J’ai eu le sentiment de me retrouver à l’école comme dans une grande famille, avec des contacts humains constants. La synergie de ce que représente le cirque m’a beaucoup marqué. ça a continué et c’est encore le cas. Il y a une sorte de reconnaissance entre les gens qui font du cirque.

Partout où vous allez dans le monde?
Oui, on partage tous ce que l’on est. Quand on rencontre d’autres troupes dans les festivals, il y a comme un feeling commun. Grâce au cirque, on n’a – jusqu’à une ­certaine limite – pas la ­barrière de la langue. Je ne changerais ma vie pour rien au monde, même si en tant que père de deux enfants, c’est parfois difficile d’être toujours en voyage.

Le spectacle «La vie» est à voir:

  • les 28 et 29 septembre à la salle CO2 de La Tour-de-Trême (FR)
  • les 2 et 3 octobre à Beausobre à Morges (VD)
  • les 5 et 6 octobre au Crochetan de Monthey (VS)
  • du 12 au 14 octobre au Théâtre du Léman à Genève
Commande des billets et points de vente
Le site de la compagnie «Les 7 doigts de la main»

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Nico Stinghe, Joan Marcus, Yannick Derennes, Vladimir Jupovskoy, J-M Bartolozzi
Publication:
lundi 10.09.2012, 12:03 heure

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