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«Je suis un sale môme»

Gérard Lenorman donne un concert à Genève dimanche. Son disque de duos le relance sur scène, où il se balade depuis plus de quarante ans. Entretien avec un homme dont le début de parcours ne fut pas très heureux.

Gérard Lenorman (67 ans): «Le bonheur est indéfinissable. Peut-être est-ce accéder à une certaine sérénité.»

Gérard Lenorman (67 ans): «Le bonheur est indéfinissable. Peut-être est-ce accéder à une certaine sérénité.»
Gérard Lenorman (67 ans): «Le bonheur est indéfinissable. Peut-être est-ce accéder à une certaine sérénité.»


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Coopération. «En 1969, Gérard Lenorman faisait un peu peur. Il était coiffé comme un Playmobil. Sur les plateaux de télévision, il chantait avec une joie presque effrayante, les yeux écarquillés. Et, à la pose extatique, il ajoutait sans complexe des paroles heureuses.» Cette description sur votre site est-elle de vous?

Gérard Lenorman.(Rires) Non, pour présenter mon nouveau disque de duos, j’ai demandé une espèce de biographie à une journaliste, écrivaine, qui a beaucoup de talent et d’humour. Une personnalité a toujours des excès; j’aime bien qu’on mette le doigt dessus. Là, c’est de l’excès de sincérité, de peur – j’avais une trouille terrible à mes débuts. J’étais tellement malade avant d’entrer sur scène que certains me disaient: «C’est fou ce que vous êtes décontracté!»

Vous choisissiez vos apparitions à la télévision ou vous en faisiez un maximum?
J’étais dans une maison de disques dont l’attaché de presse télé était féroce! Avec lui, il fallait faire de la télé. Mais après cinq ans, j’ai commencé de m’éloigner et en 1986, j’ai littéralement disparu des médias. J’ai toujours pensé que la surexposition est néfaste; le jugement des gens peut être cinglant.

A 30 ans, vous chantez «La ballade des gens heureux». Elle fait désormais partie des chansons françaises du siècle, classée 3e...
Entre Charles Trenet et Prévert, entre La mer et Les feuilles mortes. C’est beau, non?

Oui, et à propos des gens heureux, le bonheur, pour vous, c’est d’avoir fondé une famille (ndlr: il a quatre enfants), d’avoir trouvé l’amour, d’atteindre la sérénité par rapport à votre enfance ou d’être entouré d’amis fidèles?
(Réfléchit) Le bonheur est indéfinissable. Peut-être que c’est accéder à une certaine sérénité. J’aimerais la trouver. Ne pas tomber dans la béatitude, rester toujours conscient de ce que je vis et surtout trouver un sens à la vie. J’ai couru ma vie, et j’ai loupé des rencontres, des connaissances, de celles qui mènent à une certaine élévation par rapport à une vie d’homme. Mais pour la trouver, il faut pardonner à ­l’humanité, et ce n’est pas facile, surtout quand elle n’a pas été très gentille avec vous.

Vous avez trouvé des traces de votre père en Allemagne. Avez-vous des demi-frères ou des demi-sœurs?
Ma mère s’est remariée avec un homme qui m’a reconnu, mais je savais très bien que j’étais né bien avant. Mon (demi-)frère est un très grand ami. Malheureusement, il n’en a pas été de même avec ma demi-sœur, qui est un peu particulière. Et j’ai d’autres sœurs par mon père originel, mais dont je n’ai eu confirmation qu’à 35 ans; les rencontrer n’avait aucun sens. Par contre, j’ai su que mon vrai père était violoniste et chef d’orchestre. C’est un peu le cadeau qu’il m’a fait.

Et de vos fans, vous avez reçu un autre cadeau…
Oui, ils avaient appris que je cherchais un âne du Cotentin. Je l’ai donc appelé Kdo. Il est très beau, il a une belle noblesse, il est intelligent comme pas possible et il vit avec des vaches et d’autres animaux.

Pour vous, les animaux…
(Interrompt) Très important. C’est un équilibre que j’ai toujours aimé garder. Ça me fait du bien. Ce sont des leçons permanentes, les animaux, dès qu’on est capable de les comprendre et d’apprécier ce qu’ils sont. Ce sont des modèles de vie dont l’homme devrait s’imprégner. Je dis souvent que les plus belles leçons d’humanité que j’ai reçues venaient des animaux.

Revenons à ce disque de duos avec de jeunes artistes…
Je ne m’entends bien qu’avec les jeunes! (Rires) J’aime pas les vieux! Dans ma façon d’être, je suis à la fois très pointilleux sur ce que je fais: la finition des textes, de la musique, des enregistrements. C’est sacré pour moi. On ne fait pas un enregistrement d’une chanson comme ça. Il faut qu’elle soit habitée de A à Z, et il faut trouver les ingrédients pour. D’un autre côté, je suis ouvert à tout, je suis un sale môme. Et fier de l’être.

Vous vous êtes aussi toujours senti à votre place comme chanteur?
Oui. Je faisais mes tournées et je vivais très bien comme ça. Mais c’est vrai que ces dernières années, il fallait quand même songer à quelque chose. Ce qui m’a motivé à faire ce disque c’est la réaction, au hasard des rencontres, de jeunes artistes. Ils m’ont dit combien j’avais été important dans leur choix de devenir chanteur, auteur ou compositeur. Je ne soupçonnais pas de tels aveux. Je suis content de ce disque, on n’a rien forcé, on n’a pas voulu faire branché.

Le métier a évolué. Les chanteurs doivent-ils être meilleurs? Plus formatés?
Le public est devenu très sélectif. Dans le choix des artistes et de leur répertoire. Avec Internet, on peut ne pas aimer un disque, mais aimer le titre et ne choisir que ce titre. C’est horrible…

et pratique...
… et très démocratique. A l’époque, ça me dérangeait quand des artistes qui tenaient le bon titre te vendaient un 33 tours avec douze titres, mais excepté le titre phare, c’était de l’eau de vaisselle! J’appelle cela du vol. Le contraire de Peter Gabriel, de Kate Bush ou des Beatles…

... ou de vous!
Ou de moi, Gérard Lenorman! Sur les 45 tours, mes titres étaient aussi importants en A qu’en B. Idem pour mes albums; le premier le prouve. Douze titres, dix boulets de canon. Ahurissant.

Le chanteur dans les années 1970.

Fils d'Allemand

Verseau. Né le 9 février 1945 d’une liaison entre Madeleine Lenormand – 16 ans à l’époque – et Erich, soldat allemand qu’il ne connaîtra jamais. Rejeté par sa mère qui l’a battu.

Goûts musicaux. «Enfant, j’étais une éponge. Stravinski a été un choc, Mozart me faisait pleurer. Beethoven évidemment. Et puis Bach, ce mystère, cette facilité, ce fleuve musical parfait. A 14 ans, c’était le jazz moderne à mort; cela m’a initié à une connaissance musicale beaucoup plus large.»

Un faible pour. Adele. «J’adore. Cette fille est une montagne d’émotion et de vérité, de mots et de musique. Et cette voix.»

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Aline Petermann
Photo:
Karl-Heinz Hug
videos:
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Publication:
lundi 19.03.2012, 19:00 heure

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