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«Il y a encore des jeunes épatants»

A l'affiche des «Neiges du Kilimandjaro» de son compagnon Robert Guédiguian, Ariane Ascaride est une comédienne solaire. Rencontre.

Coopération. Depuis trente ans, vous êtes la muse et l’interprète fétiche de votre mari cinéaste Robert Guédiguian. Travailler en couple, bonheur ou galère?
Ariane Ascaride. Nous faisons des films ensemble mais pas exclusivement. Sans quoi je crois bien qu’on aurait divorcé! Nous avons élaboré une œuvre commune dont nous n’avions pas conscience au début… Le premier film de Robert, Dernier été, était d’abord une façon de se raconter à travers sa bande, pas de me filmer. Robert fédère techniciens et comédiens, des gens qui se sont reconnus et à un moment sont devenus amis. Nous sommes sa bande et quand on travaille, le couple passe au second plan. De nous tous, il est celui qui raconte le mieux notre rapport au monde.

Vous formez aussi un (beau) couple avec Jean-Pierre Darroussin, dans ce film et pas mal d’autres…
J’ai rencontré Jean-Pierre au Conservatoire de Paris, où nous sommes entrés la même année. Robert et lui sont nés à un jour d’intervalle et beaucoup de choses nous lient en dehors du cinéma. Il est un peu comme un frère, avec un côté un peu incestueux, selon les rôles qu’on nous fait jouer… On en revient à la notion de bande: on pourrait tomber dans la caricature, mais le fait est que nous sommes très liés, attentifs les uns aux autres. Nous formons une sorte d’irréductible village de Gaulois. Et puis nous avons la chance de raconter notre vision du monde.

«Les neiges du Kilimandjaro» reflète l’engagement, la vision du monde d’une génération militante. Mais un peu dépassée désormais?
C’est le récit d’une génération qui se bat pour le bonheur du monde, sans parvenir toujours à transmettre ses idéaux. Michel et Marie-Claire ont fait «tout juste», mais se retrouvent face à des individus qui peuvent faire peur… On fait tout bien pour ses enfants, mais parfois, on s’englue et il devient difficile de tout remettre en cause. Le choc de l’agression les oblige à se remettre en question.

Et les jeunes? On est en présence d’une génération qui n’est plus capable de s’indigner?
Les temps sont plus durs, le monde a changé. Nous laissons à nos enfants un lourd héritage. Que doivent-ils faire? Suivre la voie des parents, leur adresser des reproches, tout envoyer balader? Quelle peut être leur place? Nous sommes responsables d’avoir mal passé le relais. La jeune génération fait souvent un choix d’individualisme parce que c’est plus rassurant. Je crois qu’il faut retrouver une jeunesse qui cherche à reconquérir le monde, il faut les regarder, les écouter… Mes deux filles de 28 et 22 ans, qui ont vécu des galères comme celles de leur génération, ont été très touchées par le film. A la sortie du film, dans un lycée, une jeune fille très émue m’a dit: «Y’a encore des vieux qui pensent bien.» En les voyant, je me suis dit: y’a encore des jeunes épatants!

L’inspiration première du scénario vient de Victor Hugo?
Robert a écrit un article politique dans Le Monde, qu’il a intitulé Les pauvres gens. A cette occasion, il a relu le poème homonyme de Victor Hugo. C’est l’histoire de quelqu’un qui n’a rien et va partager ce rien avec plus pauvre que lui. Il l’a transposé de la Bretagne des pêcheurs à son décor familier de l’Estaque et à des gens violentés, qui portent plainte contre leur agresseur. C’est un mélo d’aujourd’hui.

Comment vous mettez-vous dans la peau d’un personnage?
Je commence toujours par les chaussures. Il n’y a pas deux personnes qui ont la même démarche. Marie-Claire porte des petites sandales de corde à talons compensés… Elle porte aussi, dans la scène où elle danse avec sa sœur, des sandalettes roses limite mauvais goût…

Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride se connaissent depuis l’époque du Conservatoire de Paris.

Bio express

Née à Marseille en 1954. Issue d’un milieu modeste, elle découvre le théâtre amateur dans sa famille et entame des études de sociologie à Aix-en-Provence. C’est à la fac qu’elle rencontre Robert Guédiguian, son futur mari. Elle suit le Conservatoire à Paris et décroche ses premiers rôles au théâtre. Dès les années 1980, Ariane Ascaride tourne essentiellement dans les films de son mari, de «Dernier été» à «Marius et Jeannette» (tous deux de 1997), qui la révèle au grand public et lui vaut un César. Ariane Ascaride travaille aussi pour la télé, le théâtre, s’essaie au scénario et à la réalisation et tourne avec d’autres metteurs en scène, notamment Dominique Cabrera.

Le film

La vie de Michel et Marie-Claire est bouleversée par l’agression dont ils sont victimes. Ils sont un beau couple de quinquas, incarné par Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin, qui a tout réussi: engagement social, syndical, un doigt de bénévolat pour les personnes âgées, enfants et petits-enfants, réseau d’amis proches et de collègues, un certain bien-être matériel et un joli appartement sur le port de l’Estaque, quartier fétiche du cinéaste, lieu de ses origines. Du jour au lendemain pourtant, la confrontation avec leur agresseur les entraîne dans un abîme de questionnements. Et de remise en cause de leurs engagements. Un récit tendre en demi-teintes, qui dévoile les grandes choses derrière les petites, selon le mode familier du cinéaste.

«Les neiges du Kilimandjaro», de Robert Guédiguian, avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, en salle le 23 novembre.

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Véronique Zbinden
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lundi 21.11.2011, 11:12 heure

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