Bobo, docteur Peluche

Pour les 150 ans de l’Hôpital de l’enfance de Lausanne, plusieurs manifestations ont été organisées, comme des consultations de nounours par des étudiants en médecine. Un livre est également sorti sur l’histoire de l’institution.

Une affluence à faire perdre le latin du plus zen nounoursologue, autrement dit Dr Peluche. Ce mercredi après-midi sur le site de l’Hôpital de l’enfance de Lausanne – qui fête ses 150 ans – des étudiants en médecine accueillent des enfants sous une tente et proposent une consultation de leurs peluches. C’est l’hôpital des nounours, une manière de présenter en douceur le monde médical.

Salles d’attente, d’examen, de radiologie: comme pour de vrai, les enfants passent d’un espace à l’autre. Des soins sont accomplis, des carnets de santé remplis. La nounoursologue Inès supervise le tout: «Pourrais-tu les emmener à la pharmacie?» Les étudiants assurent leur mission avec sérieux, dans une ambiance détendue.


L’hôpital des nounours est un projet international, né en Allemagne il y a dix ans, grâce à des associations d’étudiants en médecine. Il a déjà fait ses preuves dans plusieurs pays. Tout jeune, il s’est immiscé à l’Hôpital de l’enfance de Lausanne, bien plus âgé.

L’historienne Marie Tavera a signé avec le professeur d’histoire de la médecine, Vincent Barras, un livre consacré au passé de cette institution*.

Les balbutiements de l’établissement ont eu lieu en 1861. Un couple engagé dans le mouvement du Réveil protestant avait loué un appartement et ouvert l’Hospice de l’enfance de Lausanne sous la protection divine, pour les plus déshérités de la région. Onze lits leur étaient réservés. C’était le premier hospice du genre en Suisse: «Il devint alors important de séparer les enfants des autres malades. Dans la suite du mouvement de séparation des diverses catégories de personnes hospitalisées (dans les hospices de l’Ancien Régime, les malades cohabitaient avec les vagabonds et les détenus), le XIXe siècle marque une prise de conscience de la vulnérabilité de l’enfant, tant sur le plan moral que physique. Les premiers établissements destinés aux soins des enfants visent à la fois à les protéger des mauvaises influences morales des adultes ainsi qu’à réduire les risques de propagation des maladies contagieuses infantiles aux patients adultes», explique Marie Tavera.


Un véritable hospice, pouvant accueillir quinze malades, a été inauguré en 1865, sur un terrain offert par le syndic de l’époque. Un deuxième déménagement a eu lieu en 1912, sur le site actuel de l’Hôpital de l’enfance, au chemin de Montétan. Des diaconesses de l’Eglise libre vaudoise ont été les infirmières des patients depuis le début de l’histoire de l’institution jusqu’à la fin des années 1960, où le contexte religieux a disparu. L’hospice a toujours pu compter sur des dons pour fonctionner.

 

En 1919, les vétérans du FC Lausanne avaient organisé en sa faveur un concours annuel de bébés, avec un peintre et un photographe au sein du jury! Les enfants étaient séparés de leurs proches au XIXe siècle à l’hospice: il s’agissait alors de préserver l’enfant de son milieu, considéré comme insalubre, tant du point de vue moral que sanitaire. Un renversement s’opère lentement au cours du XXe siècle.

En 1984, l’Hôpital de l’enfance a même permis à des mamans de dormir sur place. Les divertissements aux patients ont été proposés depuis toujours. Si les clowns ne sont arrivés qu’en 1994, le chant était déjà pratiqué en 1869. Extrait de rapport annuel: «Le chant, qui ne semblerait guère trouver sa place dans un hôpital, a une grande influence sur nos petits malades, redonnant de l’entrain, de la joie aux uns, et calmant souvent le pauvre petit patient, tourmenté par l’inquiétude ou la fièvre.» Marie Tavera a constaté qu’hier comme maintenant, un esprit de famille caractérise l’établissement: «J’étais trop limitée dans cette recherche pour étudier le ressenti de l’enfant mais j’ai été frappée par l’esprit de famille revendiqué par les acteurs de l’établissement, dans le passé comme aujourd’hui.»

 

* «l'Hôpital de l'enfance. Histoire d'une institution pionnière de la pédiatrie suisse.» Marie Tavera et Vincent Barras, éditions BHMS.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Publication:
lundi 12.09.2011, 12:16 heure

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