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Samuel (à gauche) et Frédéric Guillaume dans la forêt de Moncor à Villars-sur-Glâne (FR), près des locaux où les jumeaux de 35 ans réalisent leurs films d’animation.


«Un film utile qui ouvre le débat»

Les cinéastes Frédéric et Samuel Guillaume présentent aux Journées de Soleure leur court métrage d’animation «La Nuit de l’Ours», qui évoque la précarité. Rencontre avec les très créatifs jumeaux fribourgeois.

Coopération. Un film d’animation documentaire, c’est peu commun. «La Nuit de l’Ours» (22 minutes) est votre premier du genre. De quoi parle-t-il?
Frédéric Guillaume.
  Il raconte une nuit où des personnages perdus, désécurisés, sont accueillis à La Tuile. Cet hébergement d’urgence de Fribourg a fêté en 2012 son 20e anniversaire. Les voix des personnages sont des témoignages d’usagers de La Tuile que nous avons enregistrés. Comme on n’aime pas les caricatures humaines, on a représenté des animaux.

Pourquoi ce lieu vous a-t-il intéressés?
F. G. J’avais choisi de faire mon service civil à La Tuile, où je travaille encore de temps en temps, et Samuel y a aussi fait une période. C’est un lieu très attachant et étonnant. Avec le directeur Eric Mullener, on a eu l’idée de marquer les 20 ans en donnant la parole non pas à ceux qui y travaillent, comme souvent, mais à ceux qui y trouvent refuge, avec leurs mots, sans réécrire et sans les filmer.

Quelle technique d’animation avez-vous utilisée?
Samuel Guillaume. Du «digital cut out», c’est-à-dire du papier découpé digital et collé à partir de photos, de textures. C’est de l’animation entièrement virtuelle.

Qu’avez-vous éprouvé au contact de la précarité?
S. G. On a été frappés de voir que presque la moitié des usagers ont un travail, dans la construction et la restauration par exemple. Pendant la journée, ils sont mélangés au reste de la société.
F. G. Ce film nous a fait relativiser pas mal de choses. Pouvoir rentrer chez soi, avoir un réseau amical et familial, c’est déjà quelque chose. Celui qui va dormir à La Tuile est momentanément coupé de tout ça.

Dure réalité, mais il y a aussi une belle fête dans le film!
F. G. Oui, ça arrive vraiment quelquefois comme ça, une explosion de fête. Le film essaie aussi de mettre en avant les ressources des personnages, leur humour.

Prix du public et du jury au Festival Fantoche à Baden (AG), le film a fort bien commencé sa carrière...
S. G. On est super contents! Début février, on ira aussi le présenter au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand en France, dans la compétition internationale où figurent seulement trois films suisses.
F. G. A cause de leur durée, les courts métrages ne sont généralement montrés que dans les festivals, mais le nôtre s’accompagne d’un volet pédagogique. Cinq écoles fribourgeoises vont l’utiliser pendant plusieurs années pour évoquer l’exclusion et la précarité avec les enfants et les adolescents. Ça devient donc un film utile qui fait poser des questions, suscite des débats.

En 2007, votre long métrage «Max & Co» avait ouvert les Journées de Soleure. C’était le film le plus cher jamais réalisé en Suisse...
F. G. Oui, il avait été très médiatisé avant même sa sortie et tout a été vu à travers ce filtre du budget. Nous avons parfois eu des critiques très dures. Max & Co, production internationale, a été le premier long métrage réalisé avec la technique du «stop motion» en Suisse. Il a fallu tout monter, le studio, l’outil de production et la technique. On a énormément appris! Le film a reçu le Prix du public au Festival d’Annecy, a été vendu à une vingtaine de pays et a réuni 32 000 spectateurs en Suisse.

Un deuxième long métrage est-il en projet?
S. G. Oui, l’adaptation des Fables de l’Humpur de l’auteur français de fantasy Pierre Bordage (1999). On est en train d’écrire avec deux scénaristes suisses. En parallèle, on fait du développement visuel. Ce sera un gros mélange de techniques.

En attendant, on peut découvrir «Les bidules de Jules» sur RTSDeux...
S.G. Pop-Corn, l’émission de cinéma destinée aux enfants, diffuse ces 26 devinettes d’une minute et demie qui sont basées sur des objets du Musée suisse de la machine à coudre et des objets insolites, à Fribourg.

Site Internet de «La Nuit de l’Ours
site Internet de Frédéric et Samuel Guillaume

Frédéric et Samuel Guillaume.

Frédéric et Samuel Guillaume.
Frédéric et Samuel Guillaume.

Fred et Sam

Origines. Nés le 7 octobre 1976 à Fribourg de parents enseignants, ils ont un frère, une demi-sœur et un
demi-frère cadets. Sam a un enfant, Fred en a trois.

Autodidactes. Les jumeaux ont quitté l’Ecole cantonale d’art de Lausanne après six mois seulement, pour créer à 22 ans leur propre société de production. Leur premier film, «Le petit manchot qui voulait une glace» (1998), a été très remarqué.

Hobbies. Sam fait de la grimpe, souvent avec son père. Fred adore le vélo. «J’ai un problème écologique avec les voyages lointains. On peut avoir des expériences très dépaysantes à vélo au bord du lac de Neuchâtel!»

site Internet de Frédéric et Samuel Guillaume

Bande-annonce du court-métrage «La Nuit de l’Ours»:

La nuit de l'ours Trailer from Cine3D Association on Vimeo.

 

Making of de «La Nuit de l’Ours»:

Making Of - La nuit de l'ours from Cine3D Association on Vimeo.

Du 24 au 31 janvier

Une trentaine de fictions et documentaires seront projetés en première, du 24 au 31 janvier, lors du rendez-vous annuel du cinéma suisse. En tout, les 48es Journées de Soleure, dirigées par Seraina Rohrer, proposent 216 films. Dont le nouvel opus de Fernand Melgar, vainqueur du Prix de Soleure en 2012 avec «Vol spécial» et qui en a filmé la suite avec «Le monde est comme ça». «La Nuit de l’Ours» des frères Guillaume sera montré les 26 et 30 janvier dans la sélection des courts métrages en compétition pour le Prix Suissimage/Société suisse des auteurs (Prix du public pour l’animation).

Journées de Soleure

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Photo:
Charly Rappo/arkive.ch
Publication:
lundi 21.01.2013, 11:35 heure

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