Thierry Délèze, rédacteur en chef

Les Romands se marrent bien

Avoir le sens de l’humour est une qualité, une force, une chance. Les Cubains ou les Roumains disent toujours que l’humour les a sauvés durant les périodes douloureuses qu’ont dû affronter leurs pays. Je les crois volontiers. Dans la vie de tous les jours, l’humour est un allié précieux, qui nous permet tantôt d’atteindre nos objectifs, tantôt de mieux vivre des moments difficiles. Arme des pauvres et des moches, comme aiment à le dire certains humoristes, il est aussi la politesse du désespoir, magnifique définition du réalisateur et écrivain Chris Marker. L’humour revêt mille et une formes, dont l’autodérision – cette capacité à rire de soi-même – est peut-être la plus délicieuse et la plus forte, celle qui nous aide à nous sortir des situations les plus cocasses ou dramatiques. J’ai aussi un faible pour les pince-sans-rire, capables de dire des choses hilarantes sans broncher.
En Suisse romande, l’humour se porte bien.
Le nombre d’humoristes et de jeunes talents est élevé pour un si petit coin de pays. Les performances solo foisonnent, des écoles et des clubs d’humour se créent, les Romands s’exportent à Paris. Ça bouge! Comment devient-on humoriste, comment naît une blague et comment l’humour évolue-t-il? Pour mieux cerner le phénomène, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui nous font rire, à l’instar de Mirko Rochat, l’un des représentants de cette nouvelle vague romande (lire notre Zoom). Bonne lecture et bonne semaine!

Daniel Fazan, écrivain

Star marginale

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Ce titre est un oxymore, une contradiction en soi. Dans la vie on commence en très confiné: plaire à sa mère. Puis aux voisines, ébaubies par des talents de marche et d’élocution précoces. Le cercle s’élargit! La clarinette à la fanfare et dans les rédactions à l’école. Ouh! que je vais vite! Vient alors l’époque de l’acné puis le temps des amours où les succès sont moins que locaux, mâtinés d’échecs. Vient le temps de l’espoir, la notoriété dans l’immeuble puis le quartier. Puis… Puis le monde à conquérir, ce monde revêche et peu séductible. On établit alors son star-system accessible, gymnastique, ou sourire terrorisant de beauté, pas moi. On réussit à ne pas être ignoré, on fait peu avec trois fois rien. Puis on est catalogué adorable. Et on a terminé l’ambition de ce monde. Ni Johnny ni Jackson, ni Brigitte Bardot. Star tranquille du quartier, aimable et sans aspérité. On est une star de pas même son appartement. On a tenu. Le monde est à nos pieds. Faudra que je pense à les laver.

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Publication:
lundi 23.04.2018, 12:46 heure

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