Thierry Délèze, rédacteur en chef

La vie entre ses mains

Vous avez peut-être répondu à l’enquête qui fait l’objet du Zoom de cette semaine, et dans ce cas, nous vous en remercions.
En novembre dernier, dans ses supermarchés, Coop invitait ses clients à participer à un sondage sur leur degré de satisfaction. Plus de 40  000 ont répondu, de manière extrêmement positive et complète, avec de pertinents commentaires à l’appui. Dans ce numéro, nous revenons sur cette enquête et détaillons les services dont vous pouvez pro­fiter en tant que client.
Bonne à tout faire, la pomme de terre est une habituée de nos assiettes. Les Suisses en mangent 40 kg en moyenne par année, quatre fois plus que le chocolat. Au FiBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique), dans le canton d’Argovie, les chercheurs travaillent sur de nouvelles variétés, dans l’espoir de trouver la pomme de terre parfaite, celle qui allie goût et résistance au mildiou. Une nouvelle variété baptisée «Passion» se révèle prometteuse, mais manque encore de saveur. Les tubercules de la passion, une faute de goût? Peut-être plus pour longtemps!
Pour un parent, rien n'est plus important que la vie de son enfant. Alors, lorsque vous confiez son cœur aux mains d'un chirurgien, imaginez ce que cela représente... Des cœurs d’enfants, René Prêtre en a opéré plus de 6000, et autant d’adultes. Un travail extraordinaire, qui force le respect, et que le chirurgien jurassien effectue depuis près de trente ans, en Suisse et dans le monde. Il vient de sortir un livre. Nous l’avons rencontré.

Daniel Fazan, écrivain

La patate du bonheur

J’ai vécu des années de luxes, des sentiments d’écume, ceux du bonheur du goût et de l’accueil, des vertiges, somptueux et inutiles pour la suite. Je veux bien revivre ces miracles avec des fous qui viennent chez moi avec les œufs de leurs poules chiffonnées du Nagaboutou extérieur. Ou des kibu-kibalous bien verts du sud des Fidji, à l’étouffée, mais nature. Là j’invente pour la métaphore. Car le compliqué ne me séduit plus. Une patate fait mon bonheur, un abat ma désolation de le savoir boudé par le monde des super­marchés.
J’aimerais désormais me contenter du plus frugal, du plus convivial: un plat unique comme le pot-au-feu, qui reviendra demain avec son bouillon et sa vinaigrette. Puis tout à coup d’un vol-au-vent avec de la langue de veau et son escorte de champignons et de filets de volaille. Des plats qui ne durent pas qu’un repas mais le lendemain et dans nos souvenirs. Et si nous consacrions nos vies à l’épure? Je n’en suis pas capable, autant vous le dire franchement! Mais avec moins de fastes et davantage de valeurs essentielles. Demain j’irai acheter des raves et des bettes pour un gratin paysan. Je le suis et je vais le rester, c’est ma gloire d’aristocrate à deux balles.

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Publication:
lundi 16.01.2017, 12:05 heure

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