Jean-Dominique Humbert, rédacteur en chef adjoint

Cette petite touche qui vous devient atout

http://www.cooperation.ch/opinions_1712 opinions_1712

Vous connaissez bien le scénario de légende, qui vous met en présence inopinée, au moment d’entrer dans un ascenseur, du super boss qui peut vous engager ou vous permettre de réaliser votre projet. Ce fabuleux projet qui va changer votre monde. Seulement voilà: vous n’avez le temps que de quelques étages d’un ascenseur, d’un elevator pitch, disons une minute et à peine plus de cent mots, pour tenter votre chance, retenir l’attention de ce big boss, le convaincre. Une minute pour changer la vie? L’histoire n’est pas que de légende, quand elle dit l’enthousiasme canalisé, la force de conviction et l’à-propos saisi de la situation.
Tenter sa chance, la préparer, la stimuler? Il n’y a bien sûr pas de recette toute prête, unique ou idéale, quand on fait pour la première fois acte de candidature, quand on souhaite changer de poste ou retrouver un job. Mais sans doute, et c’est l’objet de notre Zoom de cette semaine, des atouts peuvent être préparés en efficace escorte pour appuyer la motivation d’une candidature, la définir, la singulariser, lui donner cette touche particulière qui sera décisive.
À l’heure où nous entrons dans le printemps, et où nous allons guetter les promesses de ses jours, vous trouverez aussi dans ce numéro la rencontre de Barbara Polla qui vient de faire paraître un essai sur le destin de plusieurs femmes. Et qui nous dit de quoi se nourrit sa liberté et l’élan de sa vie. Belle semaine à vous!

Jean Pinesi, rédacteur

Vivement vendredi!

J’attends le vendredi soir avec impatience. Je sais, je ne suis pas le seul, mais ma raison est différente. Non pas que la perspective du week-end me laisse indifférent, mais «ma raison» à moi à un visage de reine. Que dis-je, de reine? D’ange, de... Madone! Je la retrouve toujours à la même heure, au même endroit: le kiosque de la gare d’une ville où je retourne en fin de semaine. Je ne vous dirai pas laquelle pour éviter toute éventuelle concurrence.
Pendant qu’elle sert les clients qui me précèdent, j’admire sa silouhette fine et légère, ses yeux, sa bouche, son visage encadré par un long fleuve de cheveux noirs. Arrive mon tour. Bien que je me prépare chaque fois à dire quelque chose d’original, ce sont toujours les mêmes fadaises qui sortent de ma bouche: «Bonsoir, ça va?» «Oui, et vous?» répond-elle, avant d’ajouter: «La même chose?»
Et sans même attendre la réponse, elle va dans la réserve chercher mes cigarettes. Tandis qu’elle scanne le code-barres, je me perds dans son regard ténébreux.
Le monde m’échappe soudain. Je me vois l’invitant à s’asseoir sur un rayon de lune. Sans mots inutiles, je dessine pour elle des arabesques et des volutes de fumée sur la toile de la nuit. Elle me regarde et me sourit. Elle me sourit, me sourit... «Monsieur!, Monsieur?» «Euh... oui?» «Il faut payer maintenant; ça fait 8 fr. 60.» Ce brusque retour à la réalité a eu raison de mon rêve, parti en fumée. À vendredi prochain!

.

Publication:
lundi 20.03.2017, 13:00 heure

Publicité