Archives des vidéos de présentation du journal en 2018

Thierry Délèze, rédacteur en chef

Les chiclettes 
du quotidien

Je vous le confie, puisque nous sommes entre nous: je n’ai jamais réussi à faire une bulle avec un chewing-gum! Bon, je n’ai jamais non plus passé des heures à essayer, mais à chaque fois que je l’ai fait, l’échec, rien, nada. Cela ne m’empêche pas d’être copain avec les chewing-gums.Le chewing-gum... Certains le détestent, beaucoup ne peuvent s’en passer, tous le connaissent. Extensible à volonté, comme un trait d’union entre les jeunes de la fin du XIXe siècle, qui l’ont vu naître, et ceux de la génération Z d’aujourd’hui, il se joue du temps qui passe, évolue et se consomme de plus en plus, à raison de milliers de kilos par minute sur toute la planète!
Depuis toujours, l’être humain aime chiquer. C’est sur cette propension qu’est né le chewing-gum, la gomme à mâcher. On lui prête aujourd’hui de nombreuses vertus, vérifiées ou non: combattre les petits creux compulsifs, contenir la mauvaise haleine, blanchir les dents, réduire le stress, mettre en confiance. Symbole de «coolitude» et de liberté, les publicitaires l’adorent. Ils ont fait avec lui, dans les années 80 surtout, des spots cultes («fraîcheur au goût très frais, lalalalala!») et des emballages mythiques. Les revoir de nos jours, c’est sourire.
Pour le Zoom de ce numéro, nous étirons dans tous les sens ce complice du quotidien et vous proposons un concours de la plus belle bulle. A vos chiclettes!

Daniel Fazan, écrivain

Quand je m’ennuie

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Les après-midis sont de délice, les soirs sereins, les matins ensommeillés, les mi-temps sont de rêve agissant pour vous écrire. Je me dis parfois que l’ennui ne vient pas de moi. Mais alors? D’où vient-il? De vous. Vos conversations me gonflent et surtout: ce que vous ne dites pas et me cachez. L’ennui me vient en présence des autres. Exigeant le Fazan? Parfois. Je m’aime mieux seul que dans une improbable fioriture d’exégèse sur les ashkénazes et les autres, les fibules romanes ou les petits pois finlandais, les fourmis dyslexiques contre les abeilles sans radar. Je suis parfois si seul quand je suis entouré. On dit «d’amis». On dit, on ne dit que des sottises entre amis. Les maladies, les impétigos des petits, les gros petits. Je m’ennuie, au secours. Je vais aller voir les musaraignes que chasse à ma porte notre sublime chatte. Taupes aveugles et surtout sourdes. Je vais en apprendre davantage sur la vie. Les autres m’ennuient. Et je crois bien que c’est réciproque. On fait quoi alors? On tourne la page.

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Publication:
lundi 09.07.2018, 12:46 heure

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