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Le glissement de terrain a provoqué des dégâts importants aux terres agricoles et aux infrastructures.

La seule voie d’accès de la famille Burch à ses terres a été détruite.

Catastrophe: la montagne bouge

Au-dessus du lac de Sarnen, à Hintergraben (OW), la montagne glisse vers la vallée; cinquante personnes sont concernées. C’est l’état d’urgence.

Bruno Abächerli, chef des services de l’agriculture et de l’environnement du canton d’Obwald.

Bruno Abächerli, chef des services de l’agriculture et de l’environnement du canton d’Obwald.
Bruno Abächerli, chef des services de l’agriculture et de l’environnement du canton d’Obwald.

Nous avançons à vitesse réduite sur une piste cahoteuse et boueuse. Elle a été tracée il y a quelques semaines à flanc de coteau. «Vous voyez là-bas, il n’y a pas longtemps, il y avait un pont», nous indique Bruno Abächerli, chef des services de l’agriculture et de l’environnement du canton d’Obwald. Des pelles mécaniques s’activent le long du Schlimbach; les ouvrages en béton coulé dans le cours de ce ruisseau ont été renversés. Un peu plus loin, un camion charge du foin et du bois. Il faut évacuer. Le canton d’Obwald a décrété l’état d’urgence et les paysans de Hintergraben, lieu-dit situé au-dessus de Sarnen, mettent leurs biens en sécurité. Environ trente hectares de prairies et de pâtures sont concernés par le glissement de terrain.

Tout a commencé en 2010. De un à deux centimètres par année, le glissement s’est accéléré. Il y a moins d’un mois, il est passé brusquement à deux ou trois centimètres par semaine. Et actuellement, ce sont dix à vingt centimètres par jour. Chaque jour, on voit apparaître de nouvelles failles. Routes, ponts, maisons et étables s’effondrent. Cinquante personnes sont touchées, dont six familles paysannes.

Nous avons rendez-vous avec Paul Britschgi-Lüthi qui est agriculteur. Son étable est déjà descendue de sept mètres et s’est enfoncée de deux mètres et demi dans le sol. Une fente de dix centimètres de large traverse la dalle de béton de l’étable par le milieu. «Il n’y a plus qu’une chose à faire, c’est de procéder à un démontage contrôlé», explique-t-il tandis que nous jetons un coup d’œil prudent à l’intérieur. De quoi l’avenir sera-t-il fait? Le paysan répond par un haussement d’épaules. Nul ne peut savoir quand la montagne va s’immobiliser. Le mouvement peut s’accélérer comme il peut ralentir. Les experts eux-mêmes n’osent pas avancer de pronostics. «C’est précisément cette incertitude qui met les nerfs des agriculteurs à rude épreuve, affirme Bruno Abächerli. On ne sait pas ce qu’il en sera dans six mois, un an ou deux.»

L’étable de Paul Britschgi est descendue de sept mètres dans la vallée.

Le canton d’Obwald a investi beaucoup d’argent dans la consolidation du terrain afin de préserver cet espace. Depuis que le versant a commencé à bouger, il a dépensé près de 1,2 million de francs en mesures d’urgence. Les agriculteurs devront toutefois prendre en charge les coûts de réfection des voies d’accès aux terres agricoles et des dommages qu’elles ont subis, des drains ainsi que  des réseaux hydraulique et électrique. «Ces coûts s’élèvent déjà approximativement à 350 000 fr.», précise Bruno Abächerli.

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Personne ne sait de quoi l’avenir sera fait. Et cette incertitude met les nerfs des agriculteurs à rude épreuve»

Bruno Abächerli, chef des services de l’agriculture et de l’environnement du canton d’Obwald

Depuis 1989, Antoinette et Gregor Burch exploitent neuf hectares de terres. Gregor fauche lui-même les prairies en forte pente «car le sol, ici, ne supporte pas les animaux lourds». Or, la seule voie d’accès aux terres de la famille Burch et les deux ponts se sont effondrés. Le pont de secours mis en place n’a résisté que quelques jours. On a donc créé deux gués pour passer les ruisseaux. «Des catastrophes, seul l’homme en connaît, dans la mesure où il leur survit; la nature ne connaît pas de catastrophes», a écrit Max Frisch. Le glissement de terrain est un désastre pour tous les habitants de Hintergraben. Il met leur existence en péril.

«Les sinistrés peuvent compter sur nous»

Le Parrainage Coop pour les régions de montagne verse un quart de million en faveur de la zone sinistrée du canton d’Obwald.

Béatrice Rohr, cheffe du Parrainage Coop pour les régions de montagne.

Béatrice Rohr, cheffe du Parrainage Coop pour les régions de montagne.
Béatrice Rohr, cheffe du Parrainage Coop pour les régions de montagne.

Coopération. Pourquoi le Parrainage Coop s’intéresse-t-il à Obwald?
Béatrice Rohr. Le glissement de terrain ne menace pas seulement des bâtiments et le sol autour de Hintergraben dans le canton d’Obwald, mais l’existence même de cette zone! Il est important que les personnes sinistrées sachent qu’elles peuvent compter sur une aide extérieure et qu’elles ne sont pas seules dans cette situation difficile.

Quelle est la somme mise à disposition et à quoi va-t-elle servir?
Dans un premier temps, nous avons débloqué une somme de 250 000 francs au titre d’aide immédiate. Cela permettra de réparer les dégâts qui ont endommagé les voies d’accès ainsi que les drains, les réseaux hydraulique et électrique et les terres. Ces coûts ne sont pris en charge ni par les assurances ni par l’Etat. L’argent est versé directement aux personnes.

Pourquoi Coop s’engage-t-elle pour les régions de montagne?
Le Parrainage Coop est une organisation caritative dont le but est d’aider les habitants de ces régions en améliorant leurs conditions de vie et en sécurisant leur existence sur le long terme.

www.coop.ch/parrainage

Imprimer le coupon de don au Parrainage Coop pour les régions de montagne

Photo:
Elsbeth Flüeler / Texte: Elsbeth Flüeler
Publication:
lundi 13.05.2013, 11:00 heure