1 von 2


Tri des déchets à l’arrêt du tram au CERN, à Genève.

Amendes salées à Singapour.

Déchets: encourager à être propre

Les ordures qui traînent constituent un fléau. Dans toutes les parties du monde! Les mesures prises pour y remédier sont très diverses.

Le 12 janvier dernier, le passager d’une Mercedes gris argent immatriculée PRN 304 a jeté un mégot de cigarette par la fenêtre de la voiture, à Ewa Beach, Hawaï. Comment? Vous n’étiez pas au courant? Alors, lisez cet article. Pour en savoir plus sur de tels faits ou méfaits commis par des citoyens américains, il vous suffit de consulter le site www.litter-bug.org. Des «policiers» autoproclamés y dénoncent avec précision les pollutions par des déchets avec date, heure et autres détails permettant d’identifier les fautifs.

En Suisse, la mise au pilori sur Internet, comme mesure d’éducation, est juridiquement contestée. Notre pays connaît toutefois lui aussi un problème de «littering» (abandon de déchets dans l’espace public). La Communauté d’intérêts pour un monde propre (IGSU) tente d’inculquer un meilleur respect de l’espace public aux Suissesses et aux Suisses (voir interview). Quelques villes et cantons infligent déjà des amendes pour la pollution des terrains publics, notamment Soleure, Berne, Lucerne, Thurgovie et Bâle-Ville.

Singapour est connue dans le monde entier pour sa propreté et pour l’entretien de ses espaces publics. Cette ville du Sud-Est asiatique est surnommée The Fine City. Cette expression est un jeu de mots basé sur le double sens du terme anglais «fine»: c’est donc la «belle cité» mais aussi la «cité des amendes». Et les amendes prévues sont lourdes: de petits délits tels que jeter un mégot de cigarette ou un ticket de bus sur la voie publique coûtent 300 dollars de Singapour (SGD), soit environ 220 francs. En cas de récidive, l’amende monte à 500 SGD, à quoi s’ajoute une dénonciation pénale.

L’automne dernier, l’Angleterre a attiré l’attention sur elle et sur Londres, ville olympique, avec des poubelles chantantes. Toute personne ne jetant plus ses déchets sur le sol mais dans une poubelle est félicitée… par la poubelle elle-même. La Grande-Bretagne recourt donc désormais aussi à la motivation positive. «Aussi», car elle possède en effet déjà des litter wardens, des agents de la police des déchets habilités à prononcer de fortes amendes. Ceux-ci ont cependant perdu de leur crédit car, engagés par des entreprises privées, ils travaillent en partie à la commission. Leur valeur pédagogique est par conséquent controversée.

Les Etats-Unis n’ont pas seulement un pilori sur Internet, mais connaissent également le nettoyage privé des voies publiques. Alors que chez nous, ce nettoyage fait partie du mandat de droit public, les Américains comptent sur l’engagement bénévole des citoyens. Le programme s’appelle Adopt a highway (Adoptez une route). Les personnes peuvent nettoyer le tronçon elles-mêmes ou payer une entreprise. En contrepartie, leur nom est inscrit sur des panneaux le long de la route et de ce fait porté à la connaissance des concitoyens.

En 2006, Vienne a lancé l’initiative Saubere Stadt (Ville propre) pour lutter contre trois de ses principaux problèmes: les crottes de chien, les mégots de cigarette et les déchets encombrants. La Magis-tratsabteilung 48 de Vienne publie un plan en ligne de la ville indiquant tous les services. La ville a en outre créé des waste watchers. Ces agents de la police des déchets sont habilités à prononcer des avertissements ou des amendes pouvant aller jusqu’à 36 euros. Ils peuvent aussi déposer plainte contre des particuliers.

Quant à l’Allemagne, elle cherche à maîtriser le problème du littering en organisant des campagnes de déblayage, en améliorant les possibilités d’évacuation des ordures, et par des avertissements, voire des amendes. De même nos voisins du nord, comme les Pays-Bas, les pays scandinaves et bien d’autres, misent également sur le versement de consignes sur les emballages jetables tels que les bouteilles en PET.

Les ambassadeurs de l’environnement en route

Convaincre plutôt que faire la morale: c’est le mot d’ordre de la lutte contre le littering.

Urs Freuler, responsable des ambassadeurs de l’environnement.

Urs Freuler, responsable des ambassadeurs de l’environnement.
Urs Freuler, responsable des ambassadeurs de l’environnement.

Coopération. Quelle est la fonction des ambassadeurs de l’environnement?
Urs Freuler. Nous sommes des «thérapeutes du littering», en aucun cas une «police des déchets». Notre but est de prendre contact avec les gens de manière sympa et avec humour pour les convaincre de ne pas jeter ou laisser traîner des déchets et notamment les mégots de cigarette.

Combien y a-t-il d’ambassadeurs de l’environnement?
Nous sommes actuellement une cinquantaine, pour la plupart des étudiants avec un petit job. Le fait que des jeunes exécutent ce travail a un impact aussi bien sur les autres jeunes que sur les personnes plus âgées.

Combien de fois intervenez-vous?
Entre avril et octobre, nous intervenons près de 40 fois dans l’ensemble du pays. Avec trois engins de recyclage accompagnés de deux personnes chacun dans les grandes villes, deux dans les localités plus petites.

Avec quel succès?
Nous estimons avoir atteint notre but si nous parvenons à convaincre une personne sur 50 de ne plus jeter n’importe où ses papiers et mégots mais de les déposer dans une poubelle.

Communauté d’intérêts pour un monde propre

Où déposer quel matériel?

Vous pouvez restituer aux magasins Coop les matériaux recyclables que vous y achetez: bouteilles en PET, bouteilles en PE, verres consignés, harasses, appareils électriques ou électroniques, piles, batteries, accumulateurs, cartouches de gaz pour émulsionneurs Kisag, appareils à soda, cartouches pour filtres à eau Coop et Brita, ampoules à économie d’énergie.

Sont repris par les Coop brico+loisirs: batteries de voiture, tubes néon, peintures, vernis, produits chimiques. Bouteilles et verres jetables, conserves, couvercles twist-off, emballages en alu, canettes et tubes doivent être jetés dans les conteneurs publics.

Il existe des services de ramassage à domicile pour: papier, carton, textiles et chaussures. Les centres de collecte Swico et Sens reprennent les appareils électriques.

Carte de recyclage de la Suisse
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Keystone, Alamy, Christian Lanz
Publication:
mardi 05.06.2012, 15:00 heure

Publicité