Cette année, la soudaine arrivée du printemps va déclencher la diffusion de beaucoup de pollens différents en même temps.

Rhume des foins: les pollens arrivent

Près de 15% des Suisses souffrent à divers degrés d’une allergie au pollen. Eclairage avec l’allergologue François Spertini.

Le Dr François Spertini, spécialiste FMH en allergologie au CHUV.

Le Dr François Spertini, spécialiste FMH en allergologie au CHUV.
Le Dr François Spertini, spécialiste FMH en allergologie au CHUV.


Coopération. Pourquoi parle-t-on de «rhume» des foins?

François Spertini. Il s’agit d’une définition populaire. Il s’agit en fait d’une allergie, dont les symptômes ressemblent à ceux d’un rhume.

Peut-on parler de maladie?
Bien sûr, puisqu’il s’agit d’une rhinite allergique. Diverses manifestations peuvent d’ailleurs s’additionner. Certaines personnes ne souffrent que d’une conjonctivite; d’autres n’ont qu’une rhinite, ou les deux. L’asthme, quant à lui, est le plus souvent associé à la rhino-conjonctivite et touche environ le 30% des cas.

Jusqu’où cette rhinite allergique peut-elle aller?
Le rhume des foins est une affection qui va surtout créer une détérioration de la qualité de vie. Avoir le nez et les sinus bouchés va entraîner des maux de tête, des bourdonnements d’oreille, une fatigue permanente, des troubles du sommeil et de la mémoire, des difficultés de concentration… et donc une diminution des performances professionnelles. Je signale d’ailleurs que l’impact du rhume des foins sera plus marqué chez les patients souffrant d’une rhino-conjonctivite, que ne le ferait un asthme, plus facile à traiter. Alors que la rhino-conjonctivite vous donne l’impression de souffrir d’un rhume qui n’en finit jamais.

A partir de quel moment une personne allergique doit-elle appeler le médecin?
A partir du moment où l’on ne comprend plus très bien ce qui se passe. Il faut alors s’adresser à son médecin généraliste, qui saura à partir de quel moment il convient de rediriger le patient chez le spécialiste, afin de poser un diagnostic spécifique de l’allergie. Celui-ci se fait par le biais de tests cutanés, ou des mesures dans le sang.

Un rhume des foins peut-il se déclarer à n’importe quel âge?
Il se déclare, dans une grande majorité des cas, entre l’adolescence et les 30-40 ans, pour ensuite disparaître gentiment avec une régulation classique du système immunitaire. Dans une minorité des cas, le système ne se rétablit malheureusement pas, et le rhume des foins continue à sévir. Mais vous avez aussi des cas où tout allait bien jusqu’à 40 ans et soudain, la maladie apparaît.

Cela est-il le signe que le système immunitaire souffre soudain de «défaillances»?
Non, cette régulation particulière est inscrite dans les gènes de notre système immunitaire. A chacun son propre programme. C’est aussi la raison pour laquelle certains seront allergiques à très peu de pollens différents, tandis que d’autres le seront à toute une cohorte.

En cas d’allergie, parle-t-on d’un «mauvais» fonctionnement de l’organisme? Parce que si l’organisme réagit à un pollen donné, c’est qu’il le pointe faussement comme un «ennemi», non?
Oui, il s’agit d’une erreur de casting. Le corps continue de penser que l’allergène, en l’occurrence un pollen donné, est un parasite, alors qu’il n’en est pas un. Un allergène est un corps inerte pour l’homme: il n’a pas besoin d’être attaqué quand il arrive dans les poumons, mais l’organisme le fera quand même.

Le bagage génétique est-il le seul responsable de l’apparition du rhume des foins?
Il n’est pas le seul responsable, non. L’urbanisation et le fait de vivre dans des environnements quasiment stérilisés jouent un rôle (voir l’encadré ci-dessous, «Evolution»). Tout commence à la période fœtale et se poursuit durant les premières années de vie. Il est bien connu que les enfants de mères paysannes, qui travaillaient à la ferme tout en étant enceintes et laissaient ensuite leurs enfants entrer en contact avec les animaux, souffraient statistiquement moins, plus tard, d’un rhume des foins, même si leur bagage génétique les y prédisposait.

«Elle est possible»

«Le rhume des foins, explique le Dr Spertini, peut être traité par une forme de vaccin qui s’appelle la désensibilisation (il ne s’agit pas d’un vaccin classique, ndlr.). Une fois que l’allergologue a bien posé le diagnostic – le succès du traitement dépendra de la précision de ce diagnostic – on injecte des doses croissantes de pollen. On réserve cette approche relativement lourde à des patients qui sont sévèrement allergiques à des pollens bien définis (pollen des arbres, graminées, herbacées), et/ou dont l’allergie se manifeste par une rhino-conjonctivite allergique modérée à sévère. Pour des cas plus légers, p. ex. avec des symptômes modérés, la prise d’un antihistaminique suffit le plus souvent.» L’antihistaminique inhibe l’action de la histamine, médiateur chimique libéré par les mastocytes (cellules) et qui cause les symptômes du rhume des foins.

«Le nombre de cas est stable»

«Les dernières études épidémiologiques ont montré qu’aujourd’hui, le taux d’allergiques est stable – même si, depuis les années d’après-guerre, on note une augmentation du nombre de cas de l’ordre de 30%. Ceci est probablement dû au fait que la réponse allergique aux pollens est favorisée par un environnement de plus en plus urbain, civilisé, stérilisé. Le contact, jadis, avec les animaux de la ferme et l’interaction avec une plus grande flore bactérienne dans l’environnement, avait un effet positif sur la réponse du système immunitaire aux allergies. Ce système était mieux équilibré en quelque sorte. Et ceux qui auraient dû souffrir du rhume des foins à cause de leur bagage génétique, n’étaient pas touchés. C’est l’hypothèse de base.»

En cas d’allergie, agissez

Si vous êtes parmi les 15% des personnes en Suisse souffrant du rhume des foins, la première chose est de vous informer. Commencez par consulter votre médecin traitant (même si l’allergie est légère), afin de pouvoir contrecarrer les manifestations du système immunitaire à temps – ou encore, si besoin, de rendre visite à un allergologue s’il s’avère que les symptômes s’aggravent. Visitez ensuite les sites de prévision pollinique. Des prévisions du début de floraison sont établies pour le noisetier, l’aulne, le frêne, le bouleau et les graminées, responsables  de la majorité des allergies en Suisse.

Vous trouverez toutes sortes d’infos pratiques (symptômes, conseils, prévisions) sur le site de Coop Vitality (sous l’onglet «santé»). Tapez: www.coopvitality.ch

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Pablo Roberto Jimenez Davila
Photo:
Keystone, SP
Publication:
mardi 16.04.2013, 12:26 heure

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