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Michel Sardou (65 ans): «Il va falloir que nous remontions la pente.»

«Je crains la lutte des classes»

Pas nostalgique pour un sou, Michel Sardou éprouve toujours autant de plaisir à chanter. Il s’exprime sur le temps qui passe, l’actualité hexagonale et son pays adoré… qu’il ne quittera pas.

Coopération. Que vous inspire le temps qui passe?
Michel Sardou. Je trouve qu’il y a comme une accélération: on croit que certaines dates c’était il y a dix ans et ça fait déjà vingt-cinq ans. Rien de triste, rien de grave. Personnellement, je dois faire plus attention à ma forme, à ma santé. On atteint l’âge où l’on commence à avoir des emmerdements, on court moins vite.

Vous êtes l’un des derniers grands de la chanson française. Nostalgique?
Je ne raisonne pas comme ça. J’ai beaucoup de chance de pouvoir encore faire mon métier après quarante cinq ans de carrière. Ça n’arrive pas à beaucoup de ppersonnes. Quand je suis arrivé, il m’a fallu dix ans pour m’imposer, car il y avait des gens comme Brel, Bécaud. La génération qui vient va prendre son temps avant de produire à son tour de grandes vedettes.

Oui, mais le métier a beaucoup évolué.
Ce n’est plus le même, en effet. La consommation de musique est effrénée. On est moins fidélisé à un artiste qu’avant. Il me semble qu’il y a à la fois un manque et un trop-plein. Rien n’est grave: il y aura toujours des gens qui viendront aux spectacles. Je ne me fais pas de souci.

Vous ne faites pas mystère de vos opinions politiques. Regrettez-vous Nicolas Sarkozy ou laissez-vous encore du temps au président Hollande avant de le juger?
Difficile de commenter et de critiquer par les temps très durs qui courent. Les problèmes sont mondiaux. Je suis plus libéral que socialiste, vous le savez bien. Toutefois, les pays européens font face à des difficultés inédites, hors périodes de guerres. Il faut laisser le temps à François Hollande. Je souhaite que son programme réussisse pour la France.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus, en France?
Que l’on monte les gens les uns contre les autres. La lutte des classes, avec les révolutionnaires d’un côté et les nantis de l’autre. La chasse aux sorcières est toujours très dangereuse. Ça finit toujours mal.

La France a perdu de son lustre d’antan comme puissance économique, autorité morale. Inquiet?
C’est vrai que c’est une période particulière. On a connu trente années magnifiques, des débuts de De Gaulle jusqu’à Pompidou. Puis une descente aux enfers. Des pays ont émergé et la concurrence qui va avec. On parle de moins en moins français. A l’époque de Piaf, les chanteurs faisaient des tournées mondiales, car notre langue était plus répandue. Notre métier a perdu de son influence. Nous avons été dévorés par les Anglo-Saxons et nous le sommes maintenant par les Chinois. Mais nous avons des ingénieurs et des chercheurs de qualité, du talent, il va falloir remonter la pente.

De quels artistes francophones vous sentez-vous le plus proche?
D’un mélange Bécaud-Aznavour. Bécaud avait vingt ans d’avance dans ses musiques. J’aime beaucoup les compositions d’Aznavour. Dans les plus jeunes, je ne sais pas trop. Aujourd’hui, c’est la technologie qui prime. Ce sont surtout des informaticiens et là je décroche un peu. Devant un Mac à 300 000 sons, je suis un peu perdu. Je préfère cent fois être sur scène avec mes musiciens. Vivant, quoi. Il y a des émotions qu’on ne retrouve plus dans les enregistrements, où tout est archi-propre, artificiel.

Artistiquement, avez-vous encore des rêves?
J’ai surtout envie d’aller vers le théâtre après ma tournée musicale avec une pièce très drôle, Le Gorille, qui se jouera au Palais Royal, en septembre 2014.

Et le cinéma?
Je ne fais pas ce qu’il faut en ne demandant pas à mon agent de parler de moi lorsqu’un film se fait. Je ne fais pas partie de la famille du cinéma. J’ai fait trois ou quatre films qui n’étaient pas des chefs-d’œuvre. Je ne dirais pas non à un très bon rôle dans un film au diapason. En tout cas pas un premier rôle, ce serait ridicule. De toute façon, je préfère le théâtre. Marcel Achard disait: «Au cinéma, on joue; au théâtre, c’est joué.» On est devant un public. C’est vivant, il y a une réaction immédiate. On évolue dans un rôle que l’on connaît de mieux en mieux au fil des représentations. C’est comme un tour de chant. On va évoluer, c’est ça qui est intéressant.

Seriez-vous intéressé à devenir Belge, comme l’a déclaré le milliardaire français Bernard Arnault, pour éviter la pression fiscale de l’Hexagone? Votre fils, Romain, écrivain, est établi à Neuchâtel.
Franchement, non. Si j’avais 25 ans, je ne dirais pas la même chose. De toute façon, tout mon travail, tout ce que je réalise, c’est en France. Donc, je n’échapperais à rien. Je trouve incorrect de partir pour une question d’argent. Si on me mettait en danger, ce serait autre chose. En outre, j’ai mes racines ici, et aussi mes chevaux de course. Quant à mon fils, il n’a pas choisi Neuchâtel pour des raisons économiques, car, à l’époque, il ne vendait pas beaucoup de livres.

Que vous inspire notre pays?
On en dit beaucoup de choses, surtout de ses banques, d’ailleurs! C’est dommage, car il y a bien autre chose, notamment ses paysages extraordinaires, des maisons sublimes.

Vos loisirs?
Je suis pilote d’avion, j’ai des chevaux de course, je fais du bateau, de la plongée sous-marine. Cependant, je me fais discret et je n’aime pas trop étaler ma vie privée à des fins publicitaires. Je la sépare bien de mon activité professionnelle.

Site Internet de Michel Sardou

120 millions de disques

Bio. Michel Sardou est né le 26 janvier 1947 à Paris. Il est le fils des comédiens Jackie et Fernand Sardou.

Carrière. Plus de 300 chansons et 23 albums studio avec des titres inoubliables comme «Les lacs du Connemara» ou «La maladie d’amour». 120 millions de disques vendus.

Anecdote. A 16 ans, peu studieux, il décide de s’envoler pour le Brésil afin d’y monter une boîte de strip-tease! Son père le rattrape in extremis à l’aéroport.

Concerts à Genève. Tournée «Les Grands Moments»: le chanteur se produira à l’Arena de Genève les 21 et 22 mars 2013.

Concours

Gagnez 3 × 2 billets pour le concert de l’artiste le jeudi 21 mars 2013 à l’Arena de Genève sur www.cooperation-online.ch/concours. Délai: dimanche 14 octobre, minuit.

Site Internet de Michel Sardou



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Didier Walzer

Rédacteur

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SP
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Publication:
mardi 09.10.2012, 09:58 heure

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