«La magie? C'est une réalité…»

En Europe, les soricères se comptent par milliers. En Suisse, leur nombre reste un mystère. Les sorcières existent-elles? L’écrivaine Eilwen Guggenbühl a accepté de nous parler d’elle. Et aussi de magie.

Page 1 de 2  «La magie? C'est une réalité…»

Coopération. Etes-vous une sorcière, Eilwen?
Eilwen Guggenbühl.
Ça, c’est vous qui le dites. (Elle sourit, puis chasse une guêpe en la fixant du regard) Va plus loin s’il te plaît. Tu déranges.

… Hé, la guêpe s’en est allée! Vous parlez aux animaux?
Je m’entretiens avec eux. Il ne s’agit pas de donner des ordres, mais d’échanger, cela s’apprend. Si vous croyez pouvoir communiquer avec l’animal par les pensées, vous avez tout faux, parce que l’animal ne «pense» pas comme nous. C’est donc sur un autre plan ou mode que se fera l’échange de communication: il s’agit d’un échange énergétique.

Tout le monde peut faire ça?
Tout le monde peut jouer du piano, il suffit de s’y mettre. Mais certains deviennent bons, d’autres des virtuoses.

Vous donnez des cours, écrivez des livres. Vous avez ouvert une école de sorcellerie. Si vous n’êtes pas sorcière… alors qu’êtes-vous?
J’ai mis beaucoup de temps à le trouver moi-même. Le mot sorcière est réducteur et connoté négativement. Sans parler de tout ce «boom» autour de la magie et de la «voie des sorcières» qu’on appelle Wicca dans les pays anglo-saxons, un véritable marketing! La Wicca est une religion, mais le fait d’être sorcière ne vous fait pas appartenir à une religion. Agir comme une sorcière, c’est comme exercer un métier: je ne suis pas le métier que j’exerce. Ces deux dernières semaines, j’ai reçu trois demandes des médias, dont deux chaînes de télévision: j’ai refusé. Les médias ne peuvent s’empêcher de fantasmer.

S’il fallait résumer le but de vos cours, que diriez-vous?
Ils servent à mieux se connaître afin de devenir pleinement soi-même un jour. C’est trop pénible et cela demande beaucoup trop d’efforts de ne pas être soi-même. Alors que celui qui se connaît, et qui sait gérer sa véritable identité, vit libre et peut changer le monde.

Vous avez suivi des formations spirituelles?
Beaucoup. Mais une des meilleures écoles spirituelles est celle que j’ai trouvée auprès de la nature, en particulier les chevaux. Un cheval vous fera comprendre qui vous êtes, et vous enseignera par l’exemple que vos peurs, vos craintes et frustrations sont en vous. Mon chef n’est pas le problème; le problème est en moi.

Comment se comportent les gens avec vous?
Je suis mariée mais je ne fréquente plus beaucoup de monde. Quand il m’arrive de parler de mes activités magiques, les gens montrent toujours un grand intérêt. Le seul qui s’est montré agressif en m’entendant parler de magie est un jeune garçon de 11 ans. Il m’a dit: «Tu racontes des conneries!» Intéressant de constater comme on formate l’être humain le plus tôt possible.

Dans l’univers de J. K. Rowling, «Harry Potter», il y a les sorciers et les «moldus», les non-sorciers. Dans la vie, c’est pareil?
Oui, sauf que l’étude de la magie est accessible à tous, surtout de nos jours. La magie est un outil pour appeler et transférer des «énergies» selon des lois précises. Beaucoup s’y intéressent, mais peu explorent vraiment cette voie.

Peut-être parce que ce concept de magie a été diabolisé?
Oui, on pense pour vous. On vous dit: «Ceci n’existe pas, cela est mauvais», et vous répétez: «Ceci n’existe pas.» Mais qu’en savez-vous? Méditez, expérimentez et jugez par vous-même. Ceux qui assimilent les activités des sorcières à celles des satanistes se trompent. Rien à voir! Ils ont peur, ou sont mal informés. Pas mal de craintes et de mensonges du Moyen Age planent encore…

S’adresse-t-on aussi à vous pour des… pratiques magiques?
Oh ça! Les gens ont l’impression qu’il suffit de s’adresser à un mage, ou à une sorcière, que sais-je, pour résoudre leurs problèmes financiers, affectifs ou de santé. Fausse attitude. Je peux vous aider à vous aider, mais je ne résoudrai pas vos problèmes à votre place.

Quel genre d’enfant étiez-vous?
Solitaire. A 30 ans, j’ai appris que j’étais un enfant indigo. Il y avait peu d’indigos dans ma génération; on était tout de suite repérés et traités de bizarres. A l’école, j’étais la fillette qu’on repousse et dont on se moque. Plus tard, à l’université, quand j’ai fait mes études scientifiques, ça a continué. En fait, ça n’a jamais cessé. Jusqu’au jour où j’ai compris: il n’y a pas de mal à être comme je suis. Un jour, je me suis pris la liberté de dire: «Je ne veux plus, je sors du système.» Et j’ai commencé à m’épanouir comme une fleur.

Pour aller plus loin

La chasse aux sorcières dans le Pays de Vaud (XVe-XVIIe siècle): exposition temporaire au Château de Chillon (VD), jusqu’au 24 juin 2012. Infos: www.chillon.ch

Hexenmuseum Schweiz, à Auenstein (AG). Un beau musée qui vous servira d’excellente introduction au monde enchanteur des sorcières: histoire, herbes, talismans... Infos: www.hexenmuseum.ch

L’Ecole suisse des sorcières (Eilwen Guggenbühl). Site fascinant (en allemand): www.wizardschool.ch


A lire en page suivante: l'interview de Kathrin Utz Tremp, historienne à l'Université de Lausanne.

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Pablo Davila
Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
mardi 25.10.2011, 09:37 heure

Publicité



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?