Minuscules vampires

Une tique peut transmettre des maladies aux conséquences graves, susceptibles dans certains cas de
provoquer la mort. Une grande prudence est donc de mise: informez-vous.

Ces jours-ci, dans nos champs et nos forêts, le danger guette. A nouveau. Les mois d’avril et de mai constituent en effet la période classique où les tiques passent à l’attaque sur tout ce qui bouge… ou presque. Les tiques infectées sont susceptibles de transmettre diverses maladies. La plupart du temps, il s’agit de la maladie de Lyme, ou borréliose, et de la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE), une inflammation du cerveau.

Cette année, ces minuscules vampires sont en grand nombre. «Les tiques hibernent d’autant mieux que les hivers sont froids et les sols gelés», explique le Dr Norbert Satz, médecin FMH spécialisé en médecine interne. «Lorsque la température atteint les 7 à 10° C, ces acariens refont surface.» C’est dire si les conditions actuelles leur sont favorables – donc défavorables pour nous.
Fait particulièrement traître: les 80% des personnes piquées ne remarquent même pas la présence d’une tique (ou de plusieurs) accrochée à leur épiderme. En effet, le travail de succion de ces parasites hématophages se fait sans qu’on ressente ni douleur ni irritation. Au début, ça ne gratte même pas!
Les tiques les plus dangereuses ne sont pas les adultes, mais les jeunes, les nymphes, à peine visibles puisque leur taille n’excède pas le demi-millimètre.

Les tiques sont petites mais peuvent s’avérer dangereuses.

De plus, il est impossible de prédire le nombre de cas d’infection d’une année à l’autre. Le chiffre fluctue en fonction des conditions météorologiques. «On a eu beaucoup de tiques l’année passée, constate le médecin. Mais comme la météo était franchement maussade ces derniers temps, les gens ne sont pas tellement sortis dans la nature. Nous avons eu très peu de cas d’infection.» En effet, seuls 80 cas de MEVE ont été diagnostiqués au printemps 2012, alors qu’en 2011, on en recensait près de 250!
En revanche, le nombre de cas de Lyme, la maladie la plus fréquemment transmise par des tiques dans l’hémisphère Nord (Amérique du Nord, Europe et Asie) est bien plus élevé, constate l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).  
En Suisse, 5% à 30% des tiques sont porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi. L’OFSP dénombre chaque année près de 10 000 cas d’infection.

La maladie de Lyme peut être traitée efficacement grâce à des antibiotiques. Encore faut-il déceler l’infection à temps et la combattre en administrant l’antibiotique indiqué au bon dosage, et assez longtemps. Si ce n’est pas le cas, il faut s’attendre à des complications invalidantes chroniques. Les symptômes de la maladie de Lyme (ou borréliose) sont un mal-être généralisé et une rougeur grandissante à l’endroit de la piqûre. Toutefois, la maladie peut se manifester plusieurs semaines, voire plusieurs mois après la piqûre: douleurs ou enflements articulaires, maux de tête persistants, douleurs au niveau des nerfs, troubles du rythme cardiaque ou encore rougeurs plus étendues sur la peau.
Une fois que la maladie se manifeste, il n’existe pas de thérapie contre le virus de la MEVE.
En Suisse, les régions concernées par les tiques porteuses du virus de la MEVE (environ 1%) se trouvent surtout en Suisse alémanique et en région neuchâteloise (voir carte de la Suisse en p. 37). Aucune tique infectée de la sorte n’a été jusqu’ici localisée dans une région située à plus de 1000 mètres d’altitude.

Signalons que très souvent, la guérison de la MEVE se déroule sans problème notoire; certains ne remarquent même pas qu’ils sont porteurs du virus. Si le cas est léger, les symptômes – comparables au départ à ceux d’une grippe – disparaissent au bout de sept à dix jours. Mais dans les cas lourds, quand la maladie entre dans sa deuxième phase, la guérison peut prendre plusieurs semaines, ou plusieurs mois: 10% à 20% des patients endurent alors de manière croissante de la fatigue, des maux de tête, des paralysies ou résistent moins au stress.
Parmi ces 10% à 20%, un tiers souffre par la suite de paralysies chroniques ou d’une diminution de l’intelligence. Les cas de décès concernent 1% des victimes. «On peut éviter une telle catastrophe en procédant à une triple vaccination contre la MEVE. Cela protège à 99,5%», plaide encore le Dr Satz.
L’OFSP conseille d’ailleurs cette vaccination pour toutes les personnes âgées de plus de 6 ans.

Contrôles anti-tiques

Chez Coop Vitality

Si vous avez été piqué par une tique et que vous présentez des symptômes pathologiques, il vous est possible, en avril et en mai, de procéder à un contrôle gratuit dans toutes les pharmacies Coop Vitality. Nos médecins spécialisés et expérimentés vous conseilleront sur appel téléphonique et/ou envoi d’une photo. Notre personnel vous conseillera sur les possibilités de prévention (vaccination) et de traitement. Pour toutes informations:

www.coopvitality.ch/tiques

Les tiques sont partout. Les zones marquées en rouge concernent les endroits où l’on rencontre les tiques infectées.

Coopération. Pourquoi le phénomène des tiques concerne-t-il surtout la région alémanique, et moins les régions romandes? Au Tessin, elles sont absentes.
Jan von Overbeck. Non, en fait il y a des tiques partout. En Suisse, on en dénombre environ 800 espèces. Il faut faire la différence entre les tiques et les tiques infectées: les premières sont beaucoup plus nombreuses que les secondes. Les zones à risques, que l’on voit sur les cartes suisses, concernent les tiques infectées.

Pourquoi certaines tiques sont-elles infectées?
On ne sait pas exactement. Cela dépend des conditions écologiques, climatiques… Prenez par exemple le cas de la grippe: on connaît la saison, mais pourquoi frappe-t-elle plutôt ici que là-bas? C’est difficilement explicable.

Comment une tique se fait-elle infecter?
Dans toute maladie infectieuse, il y a un «réservoir», et dans ce cas le réservoir est dans la nature. Les tiques vivent avec des biches, des chevreuils, des souris. Ce sont eux, le réservoir.

Le gibier en forêt est-il malade?
Non, il est juste porteur de la maladie qu’il transmet aux tiques. C’est nous qui risquons de devenir malades.

Et les chiens?
Les chiens ne sont pas un réservoir naturel. Ils sont comme les humains, ils vont en forêt et ramènent des tiques, infectées ou non.

Comment évolue le phénomène sur le territoire suisse?
Le taux d’infestation des tiques augmente légèrement et il se déplace lentement. Mais c’est surtout la perception des médias qui change. Comme on en parle abondamment, les gens ont plus de craintes. En fait, ce n’est pas parce qu’on lance des campagnes de prévention que l’épidémie change fondamentalement! Montrez-vous prudent et protégez-vous, mais n’en faites pas une maladie. Cela dit, il est tout à fait sensé de lancer des campagnes de ce type, d’autant plus que la borréliose est facile à traiter.

Comment enlever correctement une tique ?

  • Il est important d’acquérir en début de saison une pince adéquate (dans toutes les pharmacies Coop Vitality). La tique s’attrappe immédiatement au dessus de la peau, où elle a planté sa tête, puis on tire sèchement, mais pas violemment, vers le haut. Ne tournez pas. Ne tirez pas dans tous les sens. D’abord, assurez-vous que vous tenez bien la bestiole dans votre pince, puis marquez un arrêt ; c’est après seulement que, d’un coup sec, vous tirez vers le haut. Vous verrez, quelque soit sa taille, elle sortira immédiatement.
  • N’appliquez aucun produit. Ce n’est pas nécessaire du tout et cela n’aide pas vraiment.
  • Une fois enlevée, jetez la tique dans l’évier et coulez de l’eau brûlante. Bye, bye…  ;-) Désinfectez vos mains puis la plaie, puis autour de la plaie, avec un désinfectant usuel.
  • Il se peut que certains éléments de la tête de la tique soient restées accrochés à l’épiderme. Ils sont quasiment microscopiques et ceux-ci tomberont bientôt d’eux-mêmes. Si ceci n’est pas le cas dans les 24h, montrez la piqûre au médecin. Ou encore à un service Coop Vitality (cf. « Tiques Check ».
  • Notez la date exacte et l’endroit de la piqûre, afin qu’il vous soit possible de procéder à un autocontrôle dans les trois semaines qui suivent. Trois semaines après la piqûre de tique l’endroit doit présenter un épiderme parfait, à l’aspect normal, c’est à dire sans la moindre rougeur. Ceci est important. S’il devait y avoir une rougeur, quelle qu’elle soit – et que vous aurez vue auparavant, car elle n’échappe pas à l’œil nu – rendez-vous immédiatement chez le médecin.

Prévenir les piqûres de tique

Personne n’est livré sans défense à l’attaque des tiques. Même si l’efficacité de ces méthodes ne garantit pas une immunité à 100%, il est possible de minimiser les chances d’écoper d’une piqûre. Ou de plusieurs.

Vêtements

Porter des chaussures fermées (éviter les espadrilles, p. ex.) et des pantalons à toile dense. Les produits anti-tiques ne sont pas totalement fiables, mais constituent une protection supplémentaire.

Comportement dans la nature

Eviter tout contact avec les buissons, se promener au milieu du chemin, ne pas s’asseoir dans le haut gazon ou dans les sous-bois. Evitez aussi les bancs entourés de beaucoup de verdure : les promeneurs aiment parfois s’y coucher pour se reposer ou faire une petit somme… les tiques apprécieront.

Hygiène corporelle

Prendre une douche immédiatement après le retour de promenade, se frotter avec un linge et ausculter la surface de la peau, en particulier les zones à risque : derrière les genoux, la région génitale, le nombril, les aisselles, le cou, les épaules et derrière les oreilles. Enlevez immédiatement une tique accrochée à votre épiderme, selon nos instructions plus bas.

Jardin

Si vous entourez la zone à protéger d’un chemin très sec, constitué de plaques en pierre ou de gravier par exemple, les tiques ne passeront pas. Maintenez le gazon très court. Les zones de vie des tiques sont les tas de bois mort, les poubelles, les compost ouverts. Attention, les chiens attirent les tiques comme par magie… Contrôlez-les au moins une fois par jour.

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Susanne Stettler
Photo:
Fotolia, Dominique Meienberg
Publication:
lundi 08.04.2013, 15:06 heure

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