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On les achète facilement. Et puis certains s’en débarrassent.











Carapaces au cœur tendre

Le refuge pour tortues de Chavornay accueille des tortues aquatiques et terrestres abandonnées. Rencontre avec son responsable, Jean-Marc Ducotterd.

C’est un petit coin de paradis qui n’a l’air de rien, entre deux bâtiments de couleur verte: le jardin d’agrément des tortues. Un espace très zen où, à tout instant durant la belle saison, des petites têtes émergent des mares.
Il y a aussi des tortues terrestres, dont les maltraitées, celles que le destin a heureusement amenées à Chavornay (VD), à la Protection et récupération des tortues (PRT). Jean-Marc Ducotterd est le papa gâteau de la PRT – et le père fouettard de ceux qui ne prennent pas soin de cette bestiole fascinante, symbole de sagesse. Et il est toujours prêt à raconter le monde de ces reptiles vivant sous une carapace d’os et d’écailles, d’où émergent une tête et une queue. Des pattes ou des nageoires aussi, bien entendu, dont le poids varie entre 80 grammes et… une tonne, telle la tortue luth.
L’animal a fait son apparition il y a probablement plus de 200 millions d’années, comme en témoignent les plus anciens fossiles découverts à ce jour. Il s’est adapté à des climats divers, peuplant quatre continents, les tortues terrestres délaissant l’Australie.

Jean-Marc Ducotterd: les tortues n’ont plus de secret pour lui.

La PRT est née en 1994: «Depuis les années 1970, raconte Jean-Marc Ducotterd, le commerce des petites tortues à tempes rouges pose le problème de l’abandon, la longévité de l’animal dépassant largement la durée de l’intérêt que lui porte son acquéreur.»
Outre le largage sauvage dans la nature, où les tortues causent des dégâts et n’ont aucune chance de survivre, les SPA, vivariums et autres zoos sont tellement sollicités par les abandons, qu’il apparaît nécessaire de mettre en place un refuge spécialement aménagé pour elles.
Le biologiste Olivier Lasserre, le fondateur du vivarium de Lausanne Jean Garzoni et Jean-Marc Ducotterd, défenseur de l’animal à sang froid, fondent alors la PRT avec l’aide de la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA) et de la Loterie romande. C’est que les infrastructures sont lourdes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec les aquariums, les bassins, les enclos.

Les installations de la PRT offrent un environnement idéal.

Et puis, 800 pensionnaires, y compris les survivantes de maltraitance, ça exige des soins attentifs et ça mange… même si, plusieurs mois par an, ça hiberne pendant que le monde galope à perdre haleine! A ce jour, 6000 tortues ont été récupérées, dont 2000 ont trouvé des amoureux de leur mystère, des particuliers offrant des installations adéquates et assez grandes pour accueillir les protégées de Jean-Marc Ducotterd. Le refuge emploie une quinzaine de bénévoles et tourne financièrement grâce aux dons, cotisations des membres, ventes de gadgets. Il accueille des classes – l’éducation étant le meilleur moyen d’éviter plus tard les abandons – répond à toutes les questions et donne des conseils, notamment concernant l’hibernation, un virage délicat à ne pas rater, sous peine de perdre l’animal. Les vétérinaires eux-mêmes trouvent auprès de Jean-Marc Ducotterd un conseiller averti. Le refuge est ouvert tous les samedis matin au public.
En plus de l’hôpital et de l’hôtel cinq étoiles qu’est la PRT, celle-ci participe à des projets de conservation de la seule tortue indigène et de tortues asiatiques. Des partenariats ont été établis avec les zoos de Münster et de Prague. Les tortues se sentent si bien à Chavornay que leur territoire bientôt s’agrandira, leur offrant des biotopes où la vie sauvage est parfaitement respectée. Un fait si rare pour la gent animale qu’il mérite d’être souligné!

www.tortue.ch

Protection et récupération des tortues, Grand-Pâquier, 1373 Chavornay (VD). Ouvert le samedi de 9 h 30 à 12 h, tél. 024 441 86 46.

Portrait:  Jean-Marc Ducotterd

«A l’âge de 11 ans déjà, je fondais un groupe de recherches sur les reptiles», raconte Jean-Marc Ducotterd, directeur et premier assistant en soins pour ses grandes amours que sont les tortues. Tout jeune, il construit un terrarium pour les lézards et s’occupe de lapins. Pour tout dire, «le terrarium pour les lézards a fini en cage à lapins…», se souvient-il. Quand il a 22 ans, une amie de sa femme lui offre deux tortues, il achète un aquarium, c’est le doigt dans l’engrenage. Il fonde la Communauté d’intérêt pour les tortues en Suisses (CTIS), section romande, donne des conférences, voyage – notamment avec des scientifiques – afin de les voir vivre dans leur biotope. Mécanicien électronicien, aujourd’hui délégué à l’énergie à Orbe, il a un parcours prouvant que la formation autodidacte peut vous élever au rang de spécialiste. Mais évidemment, pour parvenir à ce stade, il faut être animé par une passion déraisonnable. La preuve? Il aime tout particulièrement la tortue hargneuse, franchement dangereuse, car la belle vous coupe un doigt d’un simple coup de bec…

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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Fotolia, darrin vanselow
Publication:
lundi 11.03.2013, 10:45 heure

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