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La réponse du psy

Elever ses ados, un parcours du combattant!

28 décembre 2018

Mère élevant quasiment seule ses deux garçons ados, je suis quotidiennement face à la notion d’autorité (le père refuse de voir ses enfants de manière régulière et de participer à leur éducation). Je dis souvent que je fais la mère et la (sic) père.  Aujourd’hui il est devenu incroyablement difficile d’élever ses enfants en les préparant à la vie d’adulte: je dois les confronter à leurs désirs d’autonomie et d’indépendance en pesant leur volonté avec leurs capacités ou compétences. Autrement dit en les amenant peu à peu à assumer leurs prétentions et revendications. Néanmoins, l’entourage scolaire, social, leur dit qu’ils ont le droit d’être eux-mêmes (signification?), que je suis bien trop sévère et stricte, qu’il faut plus les écouter et négocier. 

Où est la notion d’effort et de discipline là-dedans? Mystère. L’idée que le temps de l’enfance est là entre autre pour se préparer à la vraie vie d’adulte qui est celle où l’on devient entrepreneur de sa vie? Absence!  Mon souci est que le quotidien d’un ado devienne si confortable qu’il ne voie pas pourquoi il le quitterait. Et par conséquence, la vie d’adulte ne devient pas attrayante, voire devient angoissante…

L’adolescent est devenu un partenaire de son éducation sur laquelle il a des choses à dire, et des situations/permissions à négocier! Parfaitement informé, il n’hésite pas à contacter les instances sociales, ou même envisager le procès dans le cas où le parent est jugé comme ne respectant pas son devoir de payer l’éducation de ses fils. 

Il en résulte le développement pour certains parents d’une sorte de méfiance ou défiance, voire de mépris à l’égard de ses propres enfants, et je pense qu’il n’y a rien de pire.

Plusieurs parents d’amis de mes fils ont refusé que leur enfant vive encore à la maison. Cela devenait infernal (par exemple le jeune qui refuse de respecter les horaires pour faire de la batterie, qui laisse ses mégots de cigarette partout, qui parle à ses parents avec un langage ordurier et insultant, qui refuse de suivre le même rythme de de vie que ses parents, avec des horaires de lever et coucher plutôt adaptés à l’horaire de New York et des ponctions spontanées dans le frigo qu’ils considèrent en self service.).  Ces parents ont véritablement divorcé de leur enfant! Et le jeune s’est retrouvé en foyer, où d’ailleurs les règles ne sont pas forcément absentes. 

Mes fils ados ont également essayé d’aller dans ce sens. Ils ont buté sur leur mère qui croit encore que ce n’est pas une façon de grandir. Mais qu’est-ce que c’est fatigant! Qu’est-ce que je suis seule! 

Alors, Monsieur Valterio, continuez à parler dans ce sens!  Et écrivez-nous un bon bouquin sur la relation parents-ados! Avec une partie destinée directement aux-dits ados! Parce que le langage pseudo-psy lénifiant et gnon-gnon actuel est totalement contraproductif pour élever nos enfants! Et décomplexez les pères qui poussent un coup de g… de temps en temps ou envoient une baffe bien méritée pour autant qu’elle soit rare!

Je vous parie que dans 20 ans, nos jeunes devenus parents seront bien plus sévères avec nos petits enfants, par juste retour des choses!

Anne (48 ans)

 

La réponse du psy:

Merci pour vos encouragements. Vous avez raison de craindre que trop de confort peut amener un enfant à ne plus avoir envie de quitter la maison. Je suis pour ma part de l’avis que les adolescents n’aient pas le droit d’avoir une vie sexuelle avec leur partenaire au domicile de leurs parents. La sexualité ne devrait pas être qu’une source de plaisir mais aussi donner envie de construire.
Je ne serais pas aussi sévère que vous avec ses parents qui n’ont pas eu d’autres solutions que de mettre à la porte leurs enfants. Bien sûr qu’ils portent une part de responsabilité dans le fait qu’ils soient devenus insupportables à la maison, mais la plupart d’entre eux ont fait du mieux qu’ils pouvaient.
Le principal problème des parents est à mettre sur le compte d’une pensée commune qui pourrit l’éducation. Ces nouveaux stéréotypes leur interdisent inconsciemment d’avoir l’autorité. Les psys dont je fais partie ne sont pas pour rien dans cette autocensure qui les empêche de se faire respecter. La peur de l’abus d’autorité qui pourrait traumatiser l’enfant a fini par rendre l’adulte impuissant dans ses interventions.

Dans mes livres, j’essaye de montrer les ravages que cette éducation dans laquelle le thérapeutique s’est substitué à l’éducatif (d’où le titre de mon premier livre «Névrose Psy, les effets de la psychologisation sur les mentalités»). Ma pensée m’a valu de me faire accuser à tort de vouloir rétablir le châtiment corporel et autres simplifications de ce genre. En fait, je ne prescris rien. J’essaye à partir de nombreux exemples de montrer combien les interventions éducatives telles que je peux les observer aussi bien au sein de la famille que dans l’éducation professionnelle, sont perturbées par une fausse interprétation de ce que les psys ont dit.    
Ce que je peux y observer est édifiant. 
En tant que psychologue, je me suis aperçu que les parents m’envoyaient leurs adolescents dès lors qu’ils auraient dû faire preuve de plus d’autorité. Comme ils s’interdisent d’en avoir, leurs interventions sont dépourvues d’efficacité. Leur peur, inconsciente répétons-le, de les maltraiter ne leur permet pas de voir que souvent, ce sont eux qui le sont. On observe le même interdit chez les éducateurs qui travaillent en institution où l’on préfère déférer un usager chez le psy plutôt que se montrer éducatif.