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Quels caps devra traverser mon fils?

TEXTE
26 juillet 2018

J'ai un fils de 3 ans et je me demande quels sont les caps qu'il devra passer plus tard

…pour qu'il devienne un adulte masculin autonome. Comme père, à quelles épreuves je dois le préparer?

D'autre part, j'aimerais avoir votre avis sur cette question. Celle du désir après 16 ans de vie commune. Je n'ai plus vraiment de désir pour ma femme alors que je souhaite un deuxième enfant. De désir, je n'en ai pas non plus beaucoup plus pour les autres femmes. (…) Cyril C.

La réponse du psy:

En ce qui concerne l'éducation, la grande évolution du vingtième siècle aura été que la mère ait eu son mot à dire, ce dont on ne peut que se réjouir. Il faut toutefois constater que c'est elle qui dicte au père la conduite qu'il doit adopter avec l'enfant. Or ce qu'une mère attend du père de son enfant, c'est ce qu'elle sait le mieux lui apporter : affection et protection. En un mot, la mère souhaite trop souvent du père qu'il fasse comme elle. A cette attente s'en ajoute une autre, celle qu'il aille partager des loisirs avec lui. Quand on ne veut pas réduire le père à une deuxième mère, on veut en faire un GO.  Il y a, c'est certain, dans cette volonté très maternelle, celle de le mettre à l'abri d'une confrontation avec ses pairs. Un enfant prendra toujours moins de risque d'aller jouer avec son père plutôt que d'aller se frotter aux autres enfants. 
Le rôle du père n'est pas seulement d'arracher l'enfant des bras de sa mère pour le prendre en charge. Sa mission est de le projeter dans le monde de l'extra-parentalité. L'épreuve ultime pour l'enfant est d'être séparé de sa mère en même temps que cette séparation est nécessaire à son individuation. C'est à la fonction paternelle de s'atteler à cette tâche : confier l'enfant à d'autres mains ! Qu'il aille à la rencontre de ses pairs, c'est le meilleur conseil que l'on peut donner à des parents aujourd'hui. Les enfants de notre époque vivent plus avec les adultes qu'avec les autres enfants. C'est un important facteur de socialisation qui n'existe presque plus.
Comprenez bien que je n'incrimine pas ici les mères mais que je mets en exergue une tendance de l'éducation qui vise plus à offrir à l'enfant soin et protection plutôt que de le mettre à l'épreuve. On peut être un père très maternel et une mère très paternelle. La fonction maternelle a pris le dessus de la fonction paternelle. Cela saute aux yeux dans l'éducation professionnelle que je connais bien.

 A la deuxième partie de la question, je répondrais ceci. N'en déplaise à une certaine pensée commune, il est évident que la sexualité masculine n'est pas symétrique de la sexualité féminine. Les hommes ont plus de désirs que les femmes. Certains en parlent même comme d'un besoin, ce qui est naturellement faux. Un désir n'est pas un besoin. Bien des femmes se sentent harcelées par les attentes sexuelles de leur partenaire faute de ne pas se sentir le droit de se refuser.
On entend souvent des hommes faire part de leur frustration de façon pas toujours très digne. C'est ainsi qu'un homme peut prétendre avoir perdu le sommeil parce que sa femme ne se donne pas suffisamment. Votre manière à vous de réagir à ce refus, c'est de prétendre que votre sexualité s'en est trouvée affectée. Je crains que vous vous punissiez vous-même en voulant punir votre femme de s'être refusée. Il semble aussi que vous craigniez le désir que vous pourriez avoir pour d'autres femmes que la vôtre.
Dans un cas comme dans un autre, vous réprimez votre libido. La solution d'un problème s'impose quand on n'y voit plus clair.     

  


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