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Eric Ferreux: un as du volant au Brassus

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23 octobre 2012

Au commencement, peu de gens savait qu'il était né à Paris. C'est quand le succès est arrivé et que les journalistes se sont intéressés à lui que Eric Ferreux l'a fait savoir. Un détail pour lui, puisque à l'âge de 3 ans, il a découvert Le Brassus, les beautés de la Vallée de Joux, hiver, il est souvent rude, comme été, le temps des couleurs. « Je suis un Combier de cœur », dit-il, installé dans son bureau. Depuis quelques dizaines d'années, il est patron d'un garage-carrosserie, racheté à l'époque avec  son père. Pour trouver ce lieu, venant des Bioux  (le village doit son nom aux nombreux bouleaux installés à cet endroit), il suffit de tourner à droite au petit giratoire du Brassus et de rouler encore 800m.

Portrait

La passion de la voiture, Eric Ferreux l'a héritée de son père, qui était mécanicien sur auto. « Il m'a appris à conduire. J'avais 9 ou 10 ans.» Sur la route ? « Non ! Non !, Dans les bois», s'empresse-t-il, sourire aux lèvres, de préciser. « A 18 ans, j'ai « fait » un peu de circuit. A 20 ans, j'ai découvert la compétition en participant à des slaloms et à des courses de côte.» Une année plus tard, le monde des rallyes lui a ouvert ses portes. Il s'y est engouffré. Il a remporté des courses, des titres mais ne s'est pas enrichi. « Au début, j'avais ma propre voiture, une Porsche. Une saison me coûtait grosso modo entre 80 et 100'000 francs. J'y engageais mon argent, j'avais aussi quelques sponsors. » Puis, grâce à Cédric Portier, alors concessionnaire Renault à Bussigny-près-Lausanne, Eric Ferreux courut pour cette marque. « Il connaissait mon père. Un jour, M. Portier lui a dit : « C'est incroyable, il faut qu'on donne un coup de main à ton fils. » C'est de cette manière que je suis rentré chez Renault, en tant que pilote. » A sa disposition : une voiture, des pièces et un mécanicien. Coût d'une saison, qui n'était pas à sa charge : environ 220 000 francs. « Chez Renault, je n'étais pas pilote d'usine. »

Dans sa carrière, Eric Ferreux n'a jamais reçu de salaire. Ses victoires ne lui ont rien rapporté, sinon des channes. « Je les ai données à gauche et à droite. », et des diplômes. « J'ai eu la reconnaissance du milieu. Pour moi, c'était sans doute ça le plus important.» Un court silence s'installe. Il réfléchit. Rectifie avec humilité. «Ce que je vous ai dit n'est pas tout-à-fait juste. Au Monte Carlo, en 1989, on m'a donné 30'000 Francs français, pour mon résultat. Au général, j'ai terminé au 14e rang ; mais j'ai fini 4e ou 5e du groupe N, réservé aux voitures de série modifiées. C'est pour ça qu'on m'a donné des sous. » Sur le moment, Eric Ferreux ne s'en n'était pas rappelé. Comme quoi, l'argent n'a jamais été son moteur, ce qui peut paraître paradoxal pour un pilote automobile.

Le vertige

Eric Ferreux n'aime pas prendre l'avion. « J'ai le vertige. » Il n'aime pas non plus le bateau. « J'ai le mal de mer. Néanmoins, pour faire plaisir à ma femme, j'ai fait 5 heures de bateau l'an dernier en Corse.» La peur du vide. Il n'effectuera donc jamais de saut en parachute. «Mais vous n'y pensez pas !» En revanche, il affectionne bien sûr la vitesse, pied au plancher, l'adrénaline qu'elle procure, les risques, maîtrisés. « La voiture, je la domine, même si je vais sentir une sortie de route. Ce qui n'est pas le cas pour les autres choses. Même quand je me trouve sur un barrage je suis crispé. La peur du vide, on l'a ou on ne l'a pas et il est très dur, voire impossible de s'en débarrasser, quandelle est là. »

Serge Audemars

Serge Audemars a été le copilote d'Eric Ferreux. Deux talents réunis et explosifs dans un cockpit. « Dans la voiture, quand on est deux, il y a une ambiance. C'est aussi ça, les courses de rallye », souligne en gras  le citoyen du Brassus. La vitesse ? «En tant que telle elle ne veut pas dire grand-chose pour moi. On peut aller très vite à 60km/h dans un virage comme sur une autoroute à 200 km/h. C'est facile. » Il poursuit. « Le summum, c'était d'aller le plus vite possible d'un point  A au point B et de négocier toutes les difficultés les séparant. Quand j'allais très vite dans une spéciale,    je savais que j'avais réalisé un bon temps. Dans une spéciale, c'est le chrono qui compte. Souvent,  j'ai été sur le fil du rasoir. A deux ou trois reprises j'ai failli y laisser ma peau. Je « chopais les bêtes » comme on dit dans le milieu. Serge Audemars m'a souvent freiné - c'est une image -, raisonné. Un grand coéquipier doit sentir quand le pilote «dérape». Durant toutes ces années passées ensemble, Serge a été formidable. »

Palmarès

Eric Ferreux est né le 24 mai 1957 à Paris.

Pilote de rallye. Co-pilote : Serge Audemars.

4 fois  champion de Suisse des rallyes. 4 participations.

En 1983 sur une Porsche 911. En 1984 et en 1985 sur Renault 5 Turbo. En 1987 sur Renault 11 Turbo.

13 victoires en championnat de Suisse des rallyes.

Rallye de Court en 1983 et en 1984.

1984 : succès au Rallye des Alpes Vaudoises, de Saint-Cergue, du Vin et Valais.

1985 : succès au Rallye de Genève-le Salève, de Lugano, de Della Lana.

1987 : succès au Rallye de Genève-le Salève, au Critérium jurassien, de Würthemberg, de Varèse, du Valais.

1996 : dernier rallye officiel, succès à celui de St-Cergue sur Ford Escort 4x4 (co-pilote, Michel Busset)

1989 : 14e au Rallye Monte-Carlo sur Renault 5 GT Turbo.

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Lien supplémentaire

www.youtube.com/watch?v=eMuEXhTdr7U


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