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Michel Broillet, haltérophile reconnu

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15 mai 2012

Avant d'être un haltérophile connu puis reconnu, Michel Broillet a offert son corps au monde de la musculation. «Il fallait avoir une base. J'en ai fait sept ans. Ce travail de constitution est nettement plus rébarbatif que l'haltérophilie », avoue l'intéressé, qui aura 68 ans le 15 juillet et qui soigne son aspect physique régulièrement dans une salle de fitness. « J'y retrouve des copains. On se marre et pour la tête, ça fait drôlement du bien. »

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Portrait

Né à Epagny, commune de Gruyères, Michel Broillet a fait un apprentissage de boulanger-pâtissier. « A Fribourg, puis à Berne. » Il était un garçon fluet. Un peu complexé. « Un jour, mon beau-frère  m'a apporté un bouquin sur la musculation et il m'a dit « Tu devrais en faire un peu pour t'étoffer. »  J'ai suivi son conseil, pour être beau. Je voulais frimer (il rit). » Au Club Hygiénique de Châtelaine (GE) où  il s'était inscrit à son arrivée à Genève en 1964, le président lui demanda, constatant sa passion aux entraînements et ses progrès probants  s'il serait intéressé à donner un coup de main à son équipe, engagée dans un concours. Il a répondu oui. Sans hésiter. «Tout est parti de là. Je me suis pris au jeu. Ça m'a plu. »

La musculation et l'haltérophile sont deux activités qui se complètent. « Mon moteur a toujours été la passion et pas parce que nous ne gagnions pas un centime.» Mais il a rapidement tiré un trait sur son sport quand il a décidé de jeter l'éponge dans les années 1980, lui un roi de l'arraché, la vitesse d'exécution et la détente étant ses plus beaux atouts. « J'ai stoppé du jour au lendemain. J'ai tourné la page. Quand c'est fini, c'est fini. »

Depuis qu'il a pris sa retraite professionnelle, fin 2003, Michel Broillet roule à vélo, pour entretenir  sa forme, sport qu'il pratiquait déjà un peu en 1984, après l'haltérophilie, juste pour ne pas couper avec les efforts. Durant sa carrière, il était un bon vivant. « Un bon coup de rouge et de la viande, plus quelques cigarettes, c'était bon. Je fumais pour mon plaisir, mais sans abus. » En 1997, il prit  une résolution, une autre,  personnelle. «J'ai arrêté de fumer. »  Il avait constaté, Michel Broillet,  que le souffle lui manquait un peu, sur les routes comme ailleurs.

Après avoir dessiné son corps, il venait de décider de sculpter la suite de sa vie. Aujourd'hui, en fait depuis de nombreuses années, elle le lui rend bien.

La police

En août 1968, le jour de la Fête nationale, Michel Broillet entre dans la police mais pas comme en religion. « En Ville de Genève, j'étais agent municipal. On nous appelait comme ça à l'époque. » Le travail est varié. « On traitait de tout. On passait du terrain au bureau pour y dresser des rapports. Nous faisions tout nous-même. J'ai suivi aussi des cours de perfectionnement. »

Puis, il postule pour travailler à Vernier. Il y sera en mars 1971. Fin décembre 2003, il décide, sans rancune et pour profiter surtout et au maximum de la vie toujours trop courte  d'ouvrir le chapitre  de la retraite.  «Durant les 5 ou 6 dernières années je sortais, mais de moins en moins.» Aléas d'un monde en mouvement ou en mutation partout.

Première contravention

Au début de sa vie comme policier municipal, Michel Broillet était aux prises avec tous les actes de la vie ordinaire. Du chien promené sans laisse au véhicule mal parqué en passant par tout ce qu'on peut imaginer d'autre. « Si je ne me souviens pas de la nature de la première contravention dressée, je me souviens en revanche d'une chose :  je tremblais. Après, je me suis dit que je n'étais pas fait pour ça, « tailler » les gens, pour ce métier. Mais je me suis fait une raison. Elle n'est pas venue tout de suite. Je me suis dit : « Michel, si tu ne veux plus faire de métier tu feras quoi ? Clochard ? N'oublie pas que tu n'as pas fait d'étude. »

Policier, Michel Broillet n'a jamais eu de problème. D'un naturel psychologue, fort dans son sport, il a toujours su se sortir de situations souvent délicates. Sa carrure l'a fréquemment aidé. Elle a aussi, on peut l'imaginer, impressionné le citoyen, mais seulement visuellement. Toujours bien bâti, il accuse sur la balance 80 kg.

La bonne période

La prise des anabolisants a été autorisée  jusqu'en 1974-1975. Puis, elle fut interdite. « J'ai récolté des médailles après. Je peux donc être fier de ce que j'ai accompli », dit Michel Broillet, qui avoue néanmoins avoir « pris des trucs qui étaient autorisés ». « Souvent on m'a contrôlé en compétition. Je trouvais ça normal. »

Ses résultats l'ont poussé à poursuivre l'aventure dans son sport. Ils l'ont motivé, lui ont donné la patience nécessaire pour atteindre des buts. « L'haltérophilie n'est pas un jeu. On est seul avec la barre et des poids. C'est un sport chiffré qui permet de voir si on progresse ou pas. Cela n'a rien à voir avec les travaux de musculation. »

Pour la petite histoire,  Michel Broillet fut élu Monsieur Suisse en 1982. A Crissier. Il y a 30 ans. «Individuellement, toute catégorie confondue. Et par équipe. Elle venait de Lausanne.»

Aux dernières nouvelles, Michel Broillet n'a pas prévu de fêter cet anniversaire.

Palmarès

Michel Broillet est né le 15 juillet 1944 à Epagny.

JO de Munich en 1972. Qualifié mais blessé.

1975 : 2e aux Mondiaux de Moscou et aux Européens (même compétition) à l'arraché (167,500 kg)

1976 : 3e aux Européens à l'arraché (167,500 kg)

JO de Montréal 1976. « Je me suis « planté » à l'épaulé-jeté »

1977 : 1er aux Mondiaux de Stuttgart à l'arraché et 3e aux totaux olympiques

1977 : record du monde à Paris à l'arraché (170,500 kg).

1978 : 3e aux Européens de Brno, à l'arraché.

A battu environ 80 records de Suisse (arraché et épaulé-jeté). Il fut environ 70 fois  champion de Suisse.

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