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«Mozart» ou «Divin chauve» : deux surnoms qui lui vont bien

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13 août 2012

Il a toujours voulu utiliser sa matière grise ; par intérêt, par souci de préserver, puis d'affirmer son futur professionnel. Education saine et  intelligente. Harold Mrazek est un travailleur. Il l'a été sur les parquets. Aux études. Comme aujourd'hui dans le monde bancaire. A Bulle à la Banque Cantonale Fribourgeoise, il est mandataire commercial « Conseiller crédit », précise-t-il. Dans un bureau qu'il nous ouvre, tôt un matin, il parle un peu de lui, serein, toujours humble. Avec le temps, Harold est resté Mrazek. Le divin chauve, ainsi (sur)nommé, quand il affolait les compteurs avec cette élégance naturelle, cultivée par la suite et pour cause, est banquier. «Mon retour en Suisse en 2006 (FR Olympic), j'ai voulu l'associé à une reconversion professionnelle. Durant 18 mois, j'ai effectué un stage découverte dans cette banque qui m'emploie, ce qui m'a permis de découvrir toutes ses facettes. J'étais moins dépendant d'une place de travail. »

Portrait

« A la base, j'ai effectué des études d'économiste à l'Uni de Fribourg ; le monde bancaire m'intéressait », dit cet ancien grand basketteur, un peu par la taille (190 cm), surtout par le talent. Depuis quelques années, il a retrouvé FR Olympic son club de cœur et de canton dont il est le directeur technique ou sportif. Pour Harold Mrazek, il s'agit du même emploi. « Je suis le garant de la politique sportive. «  Et vice-président, toujours bénévole. «Je veille à l'évolution de tout le club. A sa bonne marche, en espérant que mes idées tiennent la route.» FR Olympic est une petite PME qui fonctionne avec un budget d'un million de francs.

Il a été, Harold Mrazek, le premier basketteur suisse à partir à l'étranger. A Villeurbanne, il a connu le succès, des titres personnels et un titre de champion de France en 2002. A l'ASVEL, il était pro, dans un autre monde que celui qu'il venait de quitter, qu'il allait retrouver 5 saisons plus tard. « Il n'était pas envisageable d'avoir une activité à côté du basket. Cette période en France pour moi fut une parenthèse, un rêve qui devenait réalité. Mon but : c'était de jouer à un haut niveau. Etre professionnel n'était pas une fin en soi. » Avec l'ASVEL, il a disputé environ une soixantaine de matches de Coupe d'Europe. Harold Mrazek, shooteur de grande qualité, était dans le cinq de base. « Lors de ma première saison à Villeurbanne, nous avons été champion. Ce n'est pas anodin. » Son regard brille. « En France, j'ai appris à faire des siestes. Le corps me demandait ça. Il est arrivé de ne pas avoir de congé ou de jour de repos durant 5 à 6 semaines. Le concept des entraînements, leurs fréquences, voulaient ça ; le rythme du championnat et celui de la Coupe d'Europe aussi. »

La musique

Dans son sport, Harold Mrazek était surnommé le « Divin chauve », mais aussi le « Mozart du basket suisse ». Rapport à la musique qu'il écrivait sur les parquets. Ce qu'on sait moins, c'est qu'il a joué d'un instrument. « De la flûte traversière, durant dix ans, au Conservatoire de Fribourg ; mais ça n'a pas été plus loin, par manque de temps. » Il sourit, parce qu'on l'imagine avec cet instrument, pas banal.

« Dans ma famille, tout le monde jouait d'un instrument. Ça faisait partie de notre ouverture d'esprit. » Sa sœur a joué du piano durant   dix ans, son frère, du violon et son papa Célestin – aussi ancien grand joueur de basket, qui a évolué, notamment, en France, à Denain -, mais autodidacte dans le monde de la musique ? « De l'harmonica et de la guitare. »

La NBA

Harold Mrazek est de la génération d'avant Thabo Sefolosha – finaliste de la NBA, cette saison, avec Oklahoma City -. « Je n'ai jamais eu dans l'idée d'évoluer un jour en NBA. A mon époque, très peu de joueurs partaient aux Etats-Unis. C'était inconcevable. Il n'y avait pas l'engouement d'aujourd'hui. » Physiquement, Harold Mrazek n'avait pas la stature NBA. « Thabo a le physique de l'athlète parfait. Il est athlétique, il possède de grands segments. Moi, je n'aurais eu que mon tir à faire valoir en NBA. C'était bien trop peu pour y accéder ou plus justement, espérer quoi que ce soit. Je savais que ce rêve était inatteignable. J'ai pu jouer en Europe. Je ne pensais pas aller aussi haut. Mon rêve a duré cinq ans. Que demander de plus ? »

Palmarès

Harold Mrazek est né le 17 avril 1973 à Fribourg.

A joué avec l'équipe de Suisse de 1993 à 2003.

Champion de Suisse en 1992 (FR Olympic), 1994 et 1995 (Bellinzone), 1997 à 1999 (FR Olympic), 2000 et 2001 (Lugano Snakes), 2007 et 2008 (FR Olympic)

Vainqueur de la Coupe de Suisse en 1994, 1995 et 1996 avec Bellinzone, 1997 et 1998 avec FR Olympic, 2001 avec Lugano Snakes et 2007 avec FR Olympic.

Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2007 et 2008 avec FR Olympic.

Champion de France avec Villeurbanne en 2002 (élu meilleur défenseur de l'ASVEL). Vice-champion en 2003. Capitaine de l'ASVEL durant 2 saisons.

Meilleur tireur à 3 points avec Villeurbanne (2002-2003) avec 64 sur 120 (53,3%). Et de l'Euroleague 2003-2004 (25 sur 44).

Lors de l'Euroleague 2001-2002, 100% de réussite aux lancers-francs.

Participation au match exhibition ASVEL – San Antonio Spurs (champion de NBA) en 2006. Il fait ses adieux au public de Villeurbanne. (Ses statistiques : 13 minutes 0/2 au tir, 1 passe et 4 rebonds).

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