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Silvio Giobellina: un pilote qui s'est mis en quatre

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18 septembre 2012

Jeune et durant trois ans et demi, Silvio Giobellina apprit le métier de carrossier à Paudex. « J'ai commencé avec du retard, mais j'ai fini plus tôt, ça m'allait très bien  », avoue-t-il, comme déjà  pressé d'embrasser une carrière de bobeur, de pilote sur piste glacée. Le destin mêlant déjà son  grain de sel, le Leysenoud participa aux JO des métiers à Madrid en 1975. Sa discipline : tôlier en carrosserie. « J'ai gagné la médaille de bronze. » Un métal qui en annonça bien d'autres, même mieux.

Portrait

Au restaurant de la patinoire de Leysin, Silvio Giobellina raconte un peu sa vie, quelques petites anecdotes, se repasse un film, beau à l'intérieur, parce que, modestement, c'est le sien. « Ce qui m'est arrivé, en Espagne notamment, m'a permis de construire mes propres engins. On a été les premiers à « faire » un bob fermé jusqu'à l'arrière. Ça a été repris par les Allemands de l'Est. On    m'a espionné dans les années 1980. » Avec l'aide de l'EPFL, Silvio Giobellina mis au point un bob      en fibre de verre, premier engin en Kevat carbone, qu'il pilota aux JO de Sarajevo en 1984.

Un jour de l'an 1974, soit 10 ans auparavant, le Leysenoud qui avait jusque-là effectué des courses  de bob sur route, monta à St-Moritz. « Je n'avais jamais vu du bob sur glace. « Le lendemain de son arrivée, il effectua une première descente, vite suivie d'une autre. Ça pressait. «Tout de suite après les Mondiaux qui s'y déroulaient, je me suis inscrit à une école de bob. » Pas facile, dans un premier temps, de trouver des coéquipiers, sans peur et sans reproche. «Je n'avais pas de moyens financiers. On devait se dém…», raconte l'intéressé, qui trouva du boulot pour gagner un peu de sous. « Durant deux saisons, j'ai aidé à construire la piste de St-Moritz. Le soir, jusque fort tard, je bossais dans une carrosserie à Samedan. Ça me payait l'abonnement de saison qui était de 2 400 francs, ma pension, je logeais dans un baraquement pour saisonniers. On était en hiver, il faisait moins 20 degrés, l'eau était gelée. »

Bien que voulue, cette dureté de vie, pas facile à assumer, lui a forgé un caractère de compétiteur. Après sa carrière, Silvio Giobellina monta en 1988 une petite société de services, OSG SA, assurant des mandats pour des activités culturelles et sportives (randonnées en mulets, tipis, tobogganing, etc). Plus tard, une autre société vit le jour, OSG gestion SA. « Nous gérons un bâtiment de 84 lits pour des camps d'été, de ski, notamment. J'ai eu fait la cuisine pour des groupes. » Sa spécialité ? « Aucune en particulier, mais je sais bien apprêter le saumon à la laponne. » Qu'est-ce ? « C'est du filet de saumon dont la peau est clouée à une planche et qui est disposée autour du feu. Elle cuit à son contact pleine de chaleur.» Ses yeux brillent ou salivent, c'est selon.

Le bob

Le bobsleigh ou bob, en raccourci, est un sport ingrat. C'est Silvio Giobellina, 58 ans, qui le dit et l'affirme, sans virage relevé. Au-delà de l'exigence de la discipline et quel que soit le nombre de bobeurs ayant pris place dans l'engin « J'ai eu des athlètes qui ont eu peur de s'y installer, c'est comme aller dans une caisse (le bob est long de 3m, largeur, 1,06m, largeur de la piste 1,40m),    dans une course, on ne parle que du pilote. Revanche : aujourd'hui, et même un peu avant, les freineurs sont formés pour devenir pilote. Un bobeur est devenu un athlète complet. Il doit savoir tout faire.

En outre, une saison de bob «Grosso modo d'octobre à février », dure 3 heures au grand maximum. «ça englobe les entraînements et la compétition» précise le Leysenoud. « Voilà pourquoi il faut un certain nombre d'années avant de percer. On dure aussi plus longtemps dans ce sport. »

Le leysathon

Le 6 octobre 2012 aura lieu le premier Leysathlon, un événement qui soutient l'AFREC (Association romande des familles d'enfants atteints d'un cancer). « C'est la commune qui chapaute ça et je suis dans le coup » annonce Silvio Giobellina. «Il s'agit d'une course de relais par équipes de 4 coureurs. »

Au menu : poussées de bob, tir à l'arc, tir au but (football), patinage de vitesse, course à pied, VTT, gymkana. Des activités qui vont succéder au gré des performances, un rendez-vous ouvert à tous, de 7 à 77 ans, comme chez Tintin.

A cette occasion aussi, la nouvelle zone sportive sera inaugurée. Rappel souvenir : le Centre sportif de Leysin avait été inauguré en 1975. Il y a 37 ans déjà.

France

De 1988 à 1994, Silvio Giobellina fut nommé adjoint du DTN (Directeur Technique National). Une entorse ? « Non, on est venu me chercher, pour le bob, la luge et le skeleton. » Pour la France, il a vécu deux JO. «Albertville et Lillehammer (les plus beaux d'hiver).» En France, le bob était au point mort. « Il n'y avait rien. Les bobeurs venaient s'entraîner à Leysin. J'ai avancé du pognon. On m'a remboursé. »

Silvio Giobellina a formé Bruno Mingeon, resté le plus célèbre bobeur tricolore. «On a construit ses bobs ici, lui a appris le métier ici. Il logeait chez moi.» Mingeon fut 3e aux JO de Nagano en 1998 et gagna  titre mondial à Cortina. «Il a remporté ses médailles après que je sois parti. Mais il a été mon élève.»

Palmarès

Silvio Giobellina est né le 28 février 1954.

Ancien pilote de bob à 4.

3e aux JO de Sarajevo en 1984 (avec Heinz Stettler, Urs Salzmann et Rico Freiermuth)..

1er aux Mondiaux de 1982 (St-Moritz), 3e à ceux de 1985 (Cervinia).

Deux titres de champion d'Europe en 1984 et en 1985 (les deux fois avec Heinz Stettler, Urs Salzmann et Rico Freiermuth).

Champion de Suisse de 1982 à 1985.

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