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Cédric Monod - ancien patineur: « Le samedi, ce n'est pas pour aller faire des commissions… »

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08 avril 2014

Cette année, le plus tard possible, il fêtera ses 40 ans. « Eh! oui, le temps passe, il s'accélère, c'est dur. J'aimerais bien parfois le ralentir, qu'il ralentisse de lui-même. » Entre deux gorgées d'une de  ses tisanes préférées, Cédric Monod a le regard vague, lointain aussi. « Les enfants te font rendre compte à quel point le temps est précieux, chaque moment est précieux.»

L'homme aime la découverte, partager, les voyages, les gens, ce qu'il fait au quotidien et à la RTS, ancienne TSR en tant que consultant pour le patinage artistique. Son domaine, resté sa passion. «A  Sotchi, ce seront mes cinquièmes  JO. » Il distille son savoir technique et sa sensibilité depuis 1995. « J'étais à Lillehammer (1994), à Nagano (1998), à Salt Lake City (2002), à Turin (2006) ; mais pas à Vancouver. »

Il est actif, Cédric Monod. Il l'a toujours été. Un besoin, pour son bien-être et celui des autres. « Je n'ai pas des week-ends chargés, mais même là, le temps prend de la valeur, a de la valeur. Je dois faire des choses, j'en ai envie. » Envie d'aller skier, par exemple. Ou d'emmener Ulysse son fils, à la patinoire. «Le samedi, pour moi, ce n'est pas pour aller faire des commissions.» Il sourit, remet un peu de tisane dans sa tasse qui fume. Son âge, ou vieillir, ne lui fait pas peur. Simplement, Cédric Monod constate. «Je suis dans une période de recherche dans laquelle les choses doivent avoir un sens. En fait, la seule peur que j'ai, c'est de perdre (un jour) mon temps, pour des choses qui n'en valent pas la peine. »

Avant d'entreprendre une carrière dans le patinage, Cédric Monod a été hockeyeur au LHC. « On jouait à Montchoisi – patinoire mythique -. J'évoluais en défense. J'étais, disons,  assez physique.»   Le hockey ne lui ayant pas convenu «Mon plaisir n'était pas celui imaginé. Il faut dire que j'avais  deux entraîneurs  peu pédagogues », il se dirigea vers le patinage. « Ma sœur pratiquait ce sport.  Elle m'a demandé  de la rejoindre. J'ai accepté. J'avais envie de partager, de créer quelque chose avec elle. Je n'aurais pas pu entreprendre une carrière individuelle. Je n'étais pas assez fort. Il me manquait des triples sauts. Malgré tout, j'ai été champion de Suisse juniors. Je me rappelle avoir battu Patrick Meier, qui plus tard a remporté le titre chez les séniors. »  

Quand le couple Monod-Monod quitta le monde de la glace, en 1994, Cédric donna des cours au Club des patineurs de Lausanne jusqu'en 2005. « Pour payer mes études.» Il a aussi été plus tard vice-président du club. « ça a été une belle aventure. » A l'UNI de Lausanne, il était en lettres. Il a étudié l'anglais, la géographie et le sport. Durant 6 ans, Cédric Monod a été professeur au Collège Arnold Reymond de Pully. Depuis 2006, il communique son savoir au Gymnase Auguste Piccard de Lausanne, au chemin de Bellerive. Sa sœur Leslie, plus jeune de deux ans, est pédiatre.

Pour la première fois depuis 1948, il n'y aura pas de représentant suisse aux JO de Sotchi. Grave. « Ces dernières années, on a bénéficié d'une constellation de conditions idéales », relève Cédric Monod. « Des parents pouvant aider leurs enfants – le patinage est un sport qui coûte très cher -,  des enfants talentueux et des entraîneurs de grande qualité. »

Avec Sarah Meier et Stéphane Lambiel, la Suisse a pu compter sur une génération extraordinaire.  Auparavant, il y avait eu Denise Biellmann. Pour retrouver de tels champions, il faudra attendre longtemps, très longtemps. 50 ans ? « Le fait que nous n'ayons aucun suisse sélectionné reflète le niveau du patinage suisse actuel », poursuit Cédric Monod. « Nous ne sommes plus la nation pour aller en finale.»

Le meilleur suisse, Stéphane Walker, Valaisan s'entraînant à Neuchâtel, s'est qualifié in extrémis   pour la finale - programme long - des derniers championnats d'Europe de Budapest.  Au niveau mondial, il n'a donc, et hélas, pas sa place.  « Le nerf de la guerre, c'est l'argent », ajoute Cédric  Monod . « Le patinage coûte cher et la Fédération n'est pas riche. Conséquence :  à considérer l'image du patinage suisse aujourd'hui, les sponsors ne se pressent pas au portillon. » 

Cédric Monod avoue qu'il se rend à Sotchi avant tout pour lui. « Vivre des JO de l'intérieur, c'est génial. Un gros et bon bol d'oxygène. On est coupé de tout. » Il se réjouit, bien sûr, de vivre les épreuves de patinage. «Les patineurs se surpassent à chaque fois. Ils accomplissent des exploits.» Son accréditation va aussi lui permettre d'aller voir d'autres sports ; entre autres le hockey sur glace qu'il aime bien, pour l'avoir pratiqué. A Sotchi, il va rencontrer des gens, découvrir et partager une culture différente ; vivre avec.  «Je me prépare à tout ça. Je suis en train de lire le livre d'Eric Hösli «A la découverte du Caucase.»

Cédric Monod est né le 10 novembre 1974 à Lausanne.

Il a patiné en couple avec sa sœur Leslie.

Meilleurs  résultats au plan international : 9e aux Mondiaux et 6e aux Européens de 1993.

A plusieurs reprises, champion de Suisse avec sa sœur : « 4 à 5 fois.»

En 2005, a été l'entraîneur de Stéphane Lambiel, alors en bisbille avec son entraîneur habituel.

http://www.youtube.com/watch?v=gokdOS0CwKY

http://www.youtube.com/watch?v=INmZBkDH4PI

http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/122912-patinage-reaction-de-cedric-monod-entraineur-de-stephane-lambiel.html

http://www.rts.ch/video/sport/sport-dimanche/529136-patinage-interview-de-cedric-monod-au-sujet-des-championnats-d-europe.html

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