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Gilles Jaquet (ancien snowboarder), l'as du snow et un as à l'AS

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29 septembre 2015

Depuis cinq ans, Gilles Jaquet, ancien grand champion de snowboard, est responsable pour la Romandie de l'Aide Sportive (AS) ou Fondation de l'Aide Sportive Suisse (ASS). Outre-Sarine, elle s'appelle Sporthilfe. A considérer ses intérêts pour une myriade de choses, grand voyageur, au bénéfice d'un bagage de vie étonnant - détonant ? -, le Neuchâtelois ne pensait pas se retrouver un jour  dans cette fonction, dans cette fondation faîtière reconnue comme institution.  «Après mon travail en Slovénie, dit-il, j'ai reçu une proposition pour travailler à l'Aide Sportive.  Après mûre réflexion, j'ai accepté.» Et le voilà installé à la Maison du sport à Ittigen (près de Berne).

Il arrive au rendez-vous avec un livre pour prendre des notes lorsqu'un client téléphone. «Mes travaux, poursuit Gilles Jaquet, au taquet, mais hyper disponible et d'une humilité rare, homme de communication au contact immédiat, sont multiples.» Il les détaille. «C'est (entre autres) démarcher les entreprises  pour la recherche de  fonds, entretenir des relations avec les partenaires et trouver des gens (donateurs et fondations) qui ont de l'intérêt pour aider des jeunes sportifs.» Dans la foulée, Gilles Jaquet a notamment été responsable de la stratégie du développement du programme Parrainage, ainsi que du budget  de la réalisation d'événements tels que la Soirée Romande. Une Soirée de bienfaisance qui a lieu à Lausanne, au Musée olympique.

L'Aide sportive a été fondée en 1970. Pourquoi ? Rappel historique, au propre comme au figuré. «Lors des JO d'hiver à Innsbruck (1964), précise le Neuchâtelois, la Suisse a récolté zéro médaille. Alors certains politiciens ont dit : «il faut faire quelque chose», une votation a eu lieu et malheureusement, ils n'ont pas réussi à faire passer le message de la nécessité d'étatiser le sport d'élite en Suisse, comme cela existe dans certains pays limitrophes.» L'arrivée de l'Aide Sportive (l'aile romande s'est développée il y a une quinzaine d'années) a ôté un poids de culpabilité aux politiques du pays; toujours aussi prompt à se montrer aux côtés des champions (pour la photo souvenir) qui, majoritairement, sont parvenus  au (plus) haut niveau grâce principalement à d'autres aides - privées ou institutionnelles -, plus conséquentes.

Un des points forts de l'Aide Sportive ? «Nous travaillons main dans la main avec Swiss Olympic et les fédérations. Nous avons le contact avec les sportifs au travers d'un suivi régulier, qui  nous permet de déterminer leurs besoins, leur potentiel pour donner là où cela fait le plus de sens», souligne Gilles Jaquet. C'est que l'enjeu financier est important. «En 2014, on a reversé 3,75 millions de francs suisses, ce qui représente environ 700 athlètes élites et relèves.»

Monsieur et Madame tout le monde peut rejoindre l'Aide sportive, la Fondation, contribuer au soutien des sportifs via l'apport d'un peu de sous (la cotisation annuelle pour y être membre : Frs 50.-). Le Sport-Toto et la Loterie romande (ou Swissloss, en Suisse-allemande) par exemple, versent un million. Vous pouvez aussi devenir parrain d'un jeune sportif directement. «Au travers de sa Fondation, Roger Federer aide 34 jeunes sportifs suisses. Didier Cuche, ancien grand skieur, parraine aussi des jeunes par le biais de l'Aide Sportive.»

Au Hall of Fame de la Maison du sport à Ittigen, au calme, Gilles Jaquet fait appel à sa mémoire. Parle du revenu annuel des athlètes suisses présents aux JO  de Londres en 2012. «Plus de 50% d'entre eux gagnaient moins de Frs 14'000.- par année.» Impressionnant à considérer leur total engagement et inquiétant, tout à la fois. Heureusement qu'une fondation, voire des institutions soient là, travailleuses aussi pour encourager les sportifs de façon durable et en fonction de leurs besoins.

Gilles Jacquet et...

…la communication. Durant sa carrière, Gilles Jaquet, qui a été son propre patron «Au début surtout et même par la suite, il a fallu apprendre plusieurs métiers : coach physique et mental, serviceman, manager, nutritionniste, agent de voyages, etc», a informé les médias et ses sponsors de ses performances, en faisant part aussi de ses impressions personnelles. En Suisse, il avait une personne de contact, chargée également de «balancer» ses textes.

«Sitôt l'épreuve terminée, je filais en combinaison et avec mes chaussures de compétition à la salle de presse pour travailler», dit Gilles Jaquet.

Gilles Jaquet et le cirque

Lors d'un stage, au début de sa carrière de snowboarder, Gilles Jaquet a suivi l'école de cirque de Budapest. Tous les matins, c'était (entre autres) deux heures de musculation, différents travaux avec des sacs de sable et des montées de corde. «J'ai toujours eu la passion pour le cirque. J'ai travaillé l'équilibrisme, le jonglage et j'aimais bien le monocycle. On peut, ajoute le Neuchâtelois en souriant, compliquer l'équilibrisme sur le fil ou sur une grosse balle avec une corde à sauter.»

Dans son sport, ces travaux appris et développés au cirque, art ou le mental joue un grand rôle – il est même déterminant - l'ont beaucoup aidé. Gilles Jaquet a un diplôme d'artiste de rue à l'Ecole d'Etat de Hongrie. De 1994 à 2004, il a enseigné l'art de la jonglerie et du cirque à l'Université  de Neuchâtel, notamment.

Gilles Jaquet...

…l'arrêt de la compétition. A 33 ans et après 16 saisons de compétition dont 13 en Coupe du monde, Gilles Jaquet a rangé ses planches. Lassitudes diverses. «Il y a eu d'abord celle liée au physique, vu la charge d'entraînement que je m'imposais. A un certain âge, il faut l'adapter.» Il glisse un conseil, il le chuchote. «En fin de carrière, il faut faire plus de souplesse et de yoga et moins de volume.» Gilles Jaquet poursuit. «Il y a eu aussi une lassitude touchant la recherche de l'argent – coût d'une saison : 100'000 Frs – et c'est moi qui m'en occupais. Pour avancer, pour aller plus vite, il fallait opérer du changement au niveau du matériel. Conséquence : modifier sa technique. Je plafonnais ; et  depuis quelques saisons, les podiums se faisaient plus rare. Dans mon sport - comme dans bien d'autres -, la densité a aussi bien augmenté et il y a eu toujours plus de professionnalisme. » Entrepreneur-patron dans son sport, pionnier à force de chercher des solutions dans plein de domaines relatif au snowboard, Gilles Jaquet, l'équilibriste, a préféré quitter le cirque blanc, en ayant aussi goûté à l'autre piste, qui l'a aussi passionné.

Gilles Jaquet en géant (photo Stefan Hunziker, www.sportsphotography.ch )

Palmarès

Gilles Jaquet est né le 16 juin 1974 à La Chaux-de-Fonds.

A participé à 3 JO : Nagano (1998), Salt Lake City (2002) et Turin (2006).

Championnats du monde FIS : 1er en 2001 (géant parallèle) et champion du monde ISF en 2002 (classement général).

Coupe du monde (de 1995 à 2008). 15 succès et 36 podiums (snowboardcross, slalom parallèle, géant, super G, géant parallèle).

4e de la Coupe du monde 2003 en slalom parallèle (2003)

Championnat de Suisse. 1er en géant parallèle en 1998 et en 2000. Comptabilise de nombreux podiums.

Après avoir mis un terme à sa carrière, il a été durant deux ans entraîneur en chef de l'équipe de Slovénie (coach à Vancouver aux JO de 2010).

Est notamment au bénéfice du brevet fédéral, professeur de sport de neige Swiss Snowsport et du brevet fédéral d'entraîneur de sport et de performance, Swiss Olympic.

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