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Hugo Harrewijn, ancien basketteur

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07 juillet 2015

« J'ai beau regarder, je ne sais pas qui est qui… » 

L'autre jour, il a retrouvé une photo prise à Rotterdam, il y a longtemps. Sur l'image, il est avec son frère Ruud, agent de joueurs aujourd'hui. « J'ai beau regarder, la scruter, je ne sais pas qui est qui. Nous sommes jumeaux. » De là à penser qu'en face de nous, la semaine passée à Fribourg, ce n'est pas Hugo mais son frère, il n'y a qu'une ressemblance étrange… « ça se pourrait très bien », rigole l'ancien sélectionneur helvétique qui avoue quelques farces de jeunesse avec Ruud et des audaces maîtrisées. « Oui, nous en avons commises quelques-unes, pourtant nos caractères sont différents ; Ruud est plus soucieux, moi, je suis plutôt nonchalant. » 

Sa maman - et celle de Ruud, bien sûr - est française et son papa, hollandais. «Il était capitaine sur  le Rhin, il a connu ma maman à Strasbourg. Alors à la retraite, il a construit un bateau de plaisance : 15 m de long et 3 m de large. Nous avons sillonné les canaux, vogué, c'était une période fabuleuse. Nous n'avons profité de ces beaux moments que durant 6 mois. Tout s'est arrêté au décès de mon papa. » 

Le regard bleu d'un marin, le cheveu bien coupé, Hugo Harrewijn a la forme, qu'il soigne grâce au sport, qu'il a toujours pratiqué. «Je joue au golf, j'ai un handicap de 13.2.»  De 1981 à 1995, il a été responsable d'internat à l'Institut «La Gruyère», collège international. Il a notamment organisé des cours de vacances, des camps de ski ; il a formé aussi des jeunes surveillants. « J'étais professeur de sport et d'allemand. »

De 1997 à 2012, Hugo Harrewijn a transféré ses compétences au Collège du Léman à Versoix (autre grande école internationale accueillant 1850 élèves), en tant que responsable d'internat. « J'ai veillé à ce que la discipline soit respectée, à ce que les chambres soient ordonnées et bien tenues. J'étais là à chaque repas et veillé à son bon déroulement. » Ses autres missions : accueil des parents et assurer la coordination entre eux, les professeurs et les surveillants. « Chapitre sport, j'ai organisé le tournoi de golf de toutes les écoles privées de Suisse ainsi que d'autres manifestations. J'ai enseigné le sport aux élèves de 2010 à 2012. »

En 1975 à Overveen (Pays-Bas) à l'Institut de sport de la ville, Hugo Harrewijn a passé ses diplômes de professeur de sport, de tennis et de basketball. D'aventure en aventure, il s'est enrichi l'esprit et ses travaux éducatifs appris et fructifiés, il les a mis aux services d'une jeunesse reconnaissante. Non seulement, Hugo Harrewijn est d'une humilité rare, mais c'est aussi une belle personne.

Normal, non ?

Hugo avec Levi's Flamingo's.

Hugo Harrewijn et maintenant

Hugo Harrewijn vit à Marly et possède une habitation à Haarlem. « Cette ville est située à 7 m au-dessous du niveau de la mer. Je m'y rends trois fois par année. » Depuis sa retraite (jubilacion, en espagnol, c'est nettement plus joli, surtout plus gratifiant), il conduit de jeunes handicapés «Ils ont entre 10 et 14 ans» de leur lieu de résidence à des institutions spécialisées. « Je vais les chercher le matin et je les ramène le soir à la maison. J'ai dû passer un permis de conduire spécial. »

Ce travail, Hugo Harrewijn l'aime. « ça a changé ma vie. Quelle chance nous avons d'être en bonne santé ; même si cette réaction est naturelle,  on n'a plus le droit de se plaindre. Depuis, je relative énormément de choses.» Dans ces institutions, il y a des enfants encore plus jeunes que ceux avec lesquels il passe un moment de partage dans la journée. Ça le bouleverse.

Entraîneur de l'équipe de Suisse (à droite)

Hugo Harrewijn et le basket

« En Suisse, je trouve qu'on ne travaille pas assez les fondamentaux », dit Hugo Harrewijn. Il veut, notamment, parler des passes, des dribbles, des démarrages, des feintes. « Il faut travailler ça très jeune pour qu'à 18 ans, tu les possèdes. Après, ça ne s'oublie pas.» Il a un fils de 14 ans, lequel est international suisse des U15.

Hugo Harrewijn parle des systèmes de jeu. «Aujourd'hui, je les trouve peu variés. Il ne faudrait pas que les joueurs soient des robots. » La saison prochaine, la LNA masculine n'accueillera plus que 3 joueurs étrangers par équipe. « Même si le réservoir des joueurs suisses n'est pas grand, ils auront du temps de jeu et c'est tout bénéfice pour leur développement personnel, leur progression, pour l'équipe nationale.» Cela aura t-il une influence sur la qualité du basket en Suisse ? Il réfléchit. «La première saison, peut-être mais pas après car la qualité des joueurs helvétiques aura logiquement augmenté. » Et d'ajouter : « Ces deux ou trois dernières saisons, les joueurs étrangers, en grande majorité, n'étaient pas forcément meilleurs que les Suisses. Etant donné qu'il y a moins d'argent,  ceci explique cela. »  

Palmarès

Hugo Harrewijn est né le 3 juillet 1948 à Strasbourg.

A joué à Rotterdam Zuid (LNA, Pays-Bas) de 1963 à 1973 ; à Levi's Flamingo's (LNA, Pays-Bas) de 1973 à 1977 ; Mulhouse Basket club Pro A et Pro B (France) de 1977 à 1981.

150 sélections avec l'équipe nationale des Pays-Bas.

A participé  à plusieurs championnats d'Europe et préolympique (Amsterdam et Hammilton, Canada) 10e à l'Eurobasket de 1975.

A entraîné l'équipe nationale juniors des Pays-Bas ; City Fribourg de 1981 à 1982, l'équipe de Suisse masculine séniors de 1982 à 1986 ; FR Olympic (LNA, de 1986 à 1988) ; Birsfelden (LNA, 1988 à 1989). Champel Genève (LNA, de 1989 à 1991), Union Neuchâtel (LNA, de 1991 à 1993) ; Fribourg Handicap, en chaises roulantes de 1996 à 1997 ; Versoix Basket et Collège du Léman de 2009 à 2012 (entraîneur et responsable technique U14, U16 et U19).

A été champion des Pays-Bas et remporté la Coupe avec Levi'sFlamingo's.

Aux Pays-Bas (ou Hollande), il a été élu à deux reprises meilleur marqueur du championnat.

Avec Mulhouse, il a inscrit aussi beaucoup de points ; à 7 ou 8 reprises, il a inscrit 41 points en un match.

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