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Isabelle Schmutz, ancienne judoka

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23 juin 2015

« Sur un tatami, on ne peut pas tricher »

Elle est arrivée au rendez-vous fixé à Bienne, en trottinette avec son fils Lewan, frère d'Amélie. Isabelle Schmutz est rayonnante. Dans sa famille, elle a été la première à pratiquer le judo. «J'ai commencé, j'avais 6 ans. » Ses deux frères  s'y sont mis un peu plus tard. « Et mes parents aussi, intéressés à force de me voir sur le tatami. Mon papa, ajoute-t-elle, a même présidé le judo-club Pompaples, bien après, club existant déjà quand j'y ai effectué mes premiers pas. »

A Pompaples, Isabelle Schmutz a appris les travaux de base, les fondamentaux. C'est à Lausanne, avec Maître Hiroshi Katanishi (Judo Kwai Lausanne) qu'elle a acquis son bagage technique. «A 14  ans, si on veut aller plus loin dans son sport, il faut s'expatrier. Ce que j'ai fait.» Le judo, sport très dur et exigeant, requiert une condition physique hors pair. L'explosivité, la technique, la tactique sont aussi et pour ne citer qu'eux ses autres composants. «Le mental est également important, je dirai même déterminant au même titre que la force et la technique », souligne Isabelle Schmutz, laquelle a fréquemment passé l'épaule (au sens propre comme au figuré)  grâce à lui. «Il influence sur notre état dans (ou avec) lequel on se présente avant un combat. »

Un jour, parlant du judo, Isabelle Schmutz a dit aimer son côté artistique, stylisé et philosophique. Philosophique ?  « Je dirai plutôt psychologique. Un combat, c'est un corps à corps extrêmement complexe et intense. Les deux, on veut gagner. Il faut essayer d'anticiper, il faut avoir une bonne perception de l'autre; de ce qui se passe et de ce qu'on va faire aussi. Tous ces aspects sont hyper passionnants. Sur un tatami, on ne peut pas tricher. »

Dans la vie, Isabelle Schmutz exerce la profession de psychothérapeute, dans une clinique privée.  Ses patients sont des adultes. Si la psychologie – psyché est une théorie désignant l'ensemble des manifestations conscientes ou inconscientes chez un individu -, c'est (essayer de) comprendre le fonctionnement des gens, la  psychothérapie consiste à traiter les troubles psychiques autrement que par les médicaments. « On va souvent plus loin que les paroles, les personnes s'ouvrent et ça  me touche. Il y a une vraie relation de confiance qui s'établit. » Dans sa quête du savoir et dans sa passion de comprendre, Isabelle Schmutz est en train de terminer une formation sur une thérapie qui se focalise sur les émotions.   

Isabelle Schmutz et les études

Isabelle Schmutz parle de sa scolarité. « On était les spéciaux du village ». Pourquoi ? « A l'école, je n'y ai été qu'une année. Ensuite, l'enseignement s'est fait à la maison jusqu'à l'âge de 15 ans. Mes parents ont lutté pour ça. Si l'instruction est obligatoire, aller à l'école ne l'est pas;  sauf pour y aller passer les examens. »

Isabelle Schmutz a fréquenté une école privée à Lausanne. Elle a commencé des études de physique, pas terminées. « Ce n'était pas mon truc.» Elle a fait des études en psychologie. Elle a un doctorat en psychologie, passé à Genève puis à Berne. « En parallèle, ajoute-t-elle, j'effectuais une formation de psychothérapeute. »

Après sa longue carrière de judoka - de 1986, entrée dans le cadre national jusqu'en 2001 -, Isabelle Schmutz, avec son mari Leo Held, ancien entraîneur national, a entraîné les meilleurs jeunes judokas romands. « Le groupe s'entraînait à Macolin. J'étais l'assistante de mon mari. » A Macolin, Leo Held s'occupe de la formation des entraîneurs. « En ce qui me concerne, dit encore Isabelle Schmutz, je donne une heure de judo par semaine aux enfants de la commune de Macolin. » Histoire de garder  la forme, un contact avec son sport  - et qui sait, plus tard, revenir dans le monde du judo, avec une mission, une tâche restant bien sûr à définir.  «J'entretiens ma condition physique en faisant un peu de vélo - et de trottinette! -, de musculation. Je nage aussi et je cours.»

Elle court, elle court Isabelle Schmutz, avec le sourire ; elle jongle aussi parce qu'elle a un planning familial à respecter et une profession sociale à honorer, passionnante. 

Palmarès

Isabelle Schmutz est née le 12 février 1971 à Pompaples (commune du district de Morges).

Ancienne judoka (catégorie 52 kg)

3e aux championnats d'Europe à Oviedo en 1998

2e aux championnats d'Europe à Paris en 2001.

5e aux mondiaux de Paris en 1997

8 fois championne de Suisse

4 succès en Coupe du monde

De multiples podiums dans des tournois européens.

A participé à deux JO : Atlanta en 1996 et Sydney en 2000. Un combat à chaque fois. « Je n'avais pas appliqué la bonne tactique. Frustrant parce que je m'attendais à mieux, à considérer mes résultats obtenus jusque-là et pour y arriver. »

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