Magali Di Marco Messmer, ancienne grande triathlète | Coopération
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Magali Di Marco Messmer, ancienne grande triathlète

08 décembre 2015

«Quand je nageais, je m'appelais Chopard». Elle a d'abord pratiqué la natation durant une dizaine d'années ; à La Chaux-de-Fonds, ville où elle est née, puis à Genève, dans ses belles installations. «Quand j'ai remporté le titre de championne de Suisse du 400 m quatre nages, je m'appelais Magali Chopard», rappelle-t-elle. En 2000, en Australie, aux JO de Sydney, c'est Magali Messmer qui en terminant 3 e du premier triathlon de l'histoire des Jeux, scella son nom et sa notoriété dans du bronze.

Quand Magali Messmer revint à la compétition en 2003 -  après avoir mis au monde son premier garçon en 2001 -, son nom avait changé et un ordre de passage fut décidé avec son mari, qui pour la petite histoire a une passion: la plongée sous-marine. Longtemps, on a alors parlé de Magali Di Marco Messmer. «Pour les sponsors (il a fallu en retrouver), pour les médias (sensibles au fait qu'on les oriente ou les assiste), on a pensé qu'il était préférable de garder le nom de Messmer», dit la citoyenne de Troistorrents.  Le temps filant à grande vitesse, on l'appelle aujourd'hui, dans la vie sportive et l'autre plus conventionnelle, Magali Di Marco. Une image d'elle, accompagnant un texte, rappelle au public qui oublie vite la grande championne qu'elle a été. Pour les plus passionnés, elle s'est figée dans les mémoires, elle a marqué une époque.     

L'argent avoue-t-elle, n'a jamais été son moteur. «Je n'ai jamais cherché à courir pour l'argent et la victoire ni pour rechercher une couverture médiatique meilleure. Si tel avait été le cas je me serais dispersée, j'aurais couru à gauche et à droite, sachant que je pouvais y terminer première.» Devant un plat de pâtes, elle ajoute : «Je préférais me confronter aux meilleures pour me situer, plutôt que d'aller sur des épreuves faciles, peu relevées où j'étais plus ou moins sûre de gagner.»

Jacques Binder de Nyon fut son premier entraîneur (course à pieds). Magali Di Marco s'entoura en 1997 de l'Italien Francesco Confalonieri. «Travaillant au Centre de performance à Milan, il s'était  spécialisé dans les protocoles d'entraînement (planning général).» Il y a eu aussi Fabio Vedana, un Italien, qui s'occupa des plans vélo. «Dès 1997, on a travaillé dans l'optique des JO de Sydney», dit-elle. Le triathlon a été son métier. «Un métier de rêve. Tous les jours je me disais : quelle chance tu as.» Son parcours lui a permis de gagner un peu de sous. «Mais pas au point de pouvoir en mettre de côté.» Avec le sourire, elle image son propos et propose de jolis traits d'expressions se dessinant près des yeux et qui augmentent son charme. «Ce que je gagnais était l'équivalent du salaire d'une assistante de direction, mais à plein temps.»

En France, elle a concouru avec les clubs de Poissy et de Châteauroux. «C'était à l'occasion du GP (Grand Prix) entrant dans le cadre du championnat de France des clubs», poursuit Magali Di Marco. «Ces derniers avaient la possibilité d'engager des athlètes étrangers. J'ai eu la chance d'en être. On touchait une prime d'engagement. Les frais étaient payés ; on recevait une autre prime en fonction de notre classement. J'ai gagné quelques GP et on était confronté au gratin mondial. Les 3 meilleurs (ou meilleures) athlètes classés étaient pris en compte pour le classement des clubs.»

Aujourd'hui, Magali Di Marco, maman de deux garçons et hyper bien organisée, s'entraîne presque quotidiennement pour garder la forme et sauvegarder son bien-être. Ce qui ne l'a pas empêchée de terminer à la 13 e place du dernier Sierre Zinal ; et de gagner un «Trail» parti de Collombey (Valais) long de 37 km. «Il y avait 2500 m de dénivellation. J'ai mis plus de 4 heures, je n'avais jamais couru aussi longtemps.» Autre exploit demeuré, lui, dans l'anonymat ; ce qui la chagrine oui mais avec un humour qu'elle soigne encore. A ce jour, aucune course n'est prévue. Elle attend, sans doute, 2016 pour en prévoir quelques-unes. La chasse aux limites n'a désormais plus court. Des priorités de vie  sont  certainement ailleurs.

Magali Di Marco est assistante

Depuis quelques mois, Magali Di Marco est assistante (à 50%) du rédacteur en chef du «Matin» journal du groupe Tamedia. De 2001 à 2004, elle avait travaillé dans un bureau de courtage en assurances «à 100 puis à 80%», précise-t-elle.

Entre 1990 et 1995, c'est au CICR qu'elle a œuvré. «J'avais des mandats temporaires (service du recrutement et à celui des diffusions, entre autres). Sa scolarité, elle l'a faite à La Chaux-de-Fonds, puis à Genève. Magali Di Marco est au bénéfice d'une maturité commerciale. «A Genève, ajoute-t-elle, j'ai travaillé à 50% comme aide-comptable dans un garage.»

 A l'UNI de Genève, elle a étudié les lettres durant une année. «J'avais choisi l'anglais comme 1 ère branche, la philo, en 2 e et la géographie en 3 e .» Si les étudiants en philosophie se baladaient avec des bouquins sous le bras, Magali Chopard, elle, allait nager. «Un jour, j'ai rencontré un étudiant en philo qui m'a parlé de la géologie. C'était en 1992. J'ai suivi des cours, j'ai étudié la géologie et j'ai trouvé ça génial. J'étais partie 7 semaines au Costa-Rica dans ce cadre-là de mon travail de diplôme (équivalent du Master). Pour avoir un papier, il me manquait deux camps de terrain. Comme je n'ai pas pu y prendre part, je n'ai pas obtenu de licence. Pourquoi ? Parce que ma carrière de triathlète avait pris de l'ampleur.»

Magali Di Marco est une fonceuse

Jeune, Magali Chopard avait suivi une semaine d'initiation au patinage artistique. «Les cours étant chers, j'avais économisé des sous dans une tirelire. Mes parents n'avaient pas trop de moyens pour tout payer.» C'était durant les vacances d'automne. L'été était indien. «Et moi enfermée dans une patinoire.» Il n'y a pas eu de suite. «Mon caractère n'était pas adapté au patinage», reconnait-elle. «J'étais déjà une fonceuse, j'étais trop garçon manqué pour ce sport. Mon caractère? Je suis entière mais je ne me vois pas envoyer «péter» quelqu'un. J'en ai un qui a les caractéristiques idéales pour la pratique d'un sport d'endurance. J'aime bien être seule dans l'effort, vivre avec le stress au corps. J'aime gagner, je suis une compétitrice, qui sait ce que c'est que de souffrir dans l'effort, que ce soit en course ou à l'entraînement ; d'aller au-delà de ses limites, qui sont contrôlées. On peut aller très loin dans son engagement, sans pourtant avoir mal. Le corps sollicité et donc entraîné va répondre par une transfiguration dans la prise de masse musculaire, au niveau respiratoire, par exemple.  La force mentale permet d'oublier tes maux, de te surpasser.»

Palmarès

Magali Di Marco Messmer est née le 9 septembre 1971 à La Chaux-de-Fonds.

En natation : a remporté le titre de championne de Suisse du 400m quatre nages (1992).

En Triathlon :

Championne de Suisse en 1995. En 1993, 3 e d'une étape de Coupe du monde à Paris. En 1999, 1 ère d'une étape de Coupe du monde à Monaco.

Deux fois 2 e des Européens en 1999 et 2000.

Médaillée de bronze aux JO de Sydney en 2000.

Quatre fois championne de Suisse en 1995, 1996, 1999 et 2000

Come-back en 2003.

Trois fois championne de Suisse en 2005, 2006 et 2007.

En 2007, 7 e des Mondiaux de Hambourg.

A été à plusieurs reprises dans les 10 meilleures mondiales en Coupe du monde, dont un podium en Afrique du Sud en 2006.

A été championne du monde de relais mixte en 2009 (aux Etats-Unis). Et la même année, termine 8 e du classement mondial.

Aux Européens de Lausanne en 2010, a terminé 13 e (sprint)

A gagné le Lausanne Marathon en 2010 en 2h54'30''

A couru le marathon des Européens de Zurich en 2014 en 2h43'59''. Son meilleur chrono sur le marathon a été obtenu à Francfort en 2013 (2h41'55'').

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