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Philippe Salvi, dirigeant football

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22 septembre 2015

Ce dirigeant de qualité a tout connu, mais il cherche du travail

Très tôt, Philippe Salvi a eu la passion du football. N'est-il pas d'origine italienne ? « De Bergame », précise-il « mais j'ai aussi le passeport suisse. » N'est-il pas né dans une ville où le club, NE Xamax,  est une institution, qui a vécu des hauts (beaucoup) et quelques bas ? «J'ai mon CFC d'employé de commerce. Un jour, j'ai rencontré Gilbert Facchinetti (ancien grand président de NE Xamax), il m'a pris dans son entreprise et je suis tombé dans sa marmite. J'avais 18-19 ans.» 

Philippe Salvi jouait dans ce club « J'ai effectué toutes mes classes, jusqu'aux juniors A, jusqu'à la « réserve », j'ai toujours évolué au poste de libéro, avec le numéro 5, qui ne m'a jamais quitté, je collaborais à l'entreprise Facchinetti et comme il n'y avait pas (encore) à NE Xamax de secrétariat permanent, j'étais dans l'administration du club. Tout ça se passait à l'entreprise.»

Xamax était une grande et belle famille. Pour Philippe Salvi, Gilbert Facchnietti était comme un père spirituel. « Il a senti que j'avais déjà un côté dirigeant. Il avait du flair. » Joseph Blatter était membre du comité du club et aujourd'hui, il est président d'honneur. Puis le club a grandi. « J'ai eu la chance de l'accompagner,  de grandir avec lui. A NE Xamax, j'ai toujours eu beaucoup de casquettes avec Gilbert, on m'a utilisé à toutes les sauces. J'aimais ça. Tout était pris en charge par l'entreprise parce que le club, à ce moment-là, ne possédait pas les moyens d'avoir un staff. »  Dans un premier temps, Philippe Salvi a été secrétaire du club - années 1990 - puis Gilbert Facchinetti lui a demandé d'être son adjoint privé. « Mais le foot était toujours présent. Il était mon ADN, il l'est resté. » Un ADN, on l'a pour la vie.

En 1998, Philippe Salvi retrouve pleinement les affaires du monde du foot. Il est nommé directeur-administratif. « Le club grandissant, Xamax avait besoin d'une structure professionnelle. » En 2001,    il ouvre une agence de voyages à Neuchâtel : « Croisitours ». « Je voulais me prouver à moi-même que je pouvais faire autre chose. J'ai tout appris sur le tas. J'ai développé cette entreprise durant 3 ans, avec des succursales à St-Imier, Le Locle et à La Chaux-de-Fonds (siège social et l'agence existe toujours). J'aime à dire (sacré privilège) qu'avec NE Xamax, j'ai beaucoup voyagé en Europe grâce à  la Coupe d'Europe et j'ai vu le monde entier grâce à l'agence de voyages. »

En 2005 arrive le projet de la nouvelle Maladière (stade) avec son PPP - partenariat-public-privé -.  « A sa tête, il y avait Didier Burkhalter, qui était alors Conseiller communal de la ville de Neuchâtel. Là, des gens m'ont dit : on a besoin d'un directeur général. J'ai accepté le poste, j'ai suivi le club, le chantier, absolument tout. Même les exodes de l'équipe, qui a dû jouer à La Chaux-de-Fonds (une hérésie compte tenu de l'altitude de la ville). Je me rappelle d'un match qui avait dû être repoussé    à cause de la neige, un 1 er mai. Elle a aussi évolué à Lausanne (4 matches) et à Genève (seulement pour la Coupe d'Europe).»  Et puis a surgi le menaçant Tchétchène Bulat Chagaev, propriétaire du club, qu'il a mené à une faillite retentissante. « J'ai fait 10 jours avec lui. Puis j'ai quitté le club. C'est moi qui suis parti,  juste après la finale de la Coupe de Suisse que NE Xamax a perdu (contre Sion 2-0). Ça m'a fait mal au cœur de partir. J'étais au club depuis 30 ans. »

Philippe Salvi et Servette

Après NE Xamax, Philippe Salvi a vécu neuf mois qu'il qualifie  de « nettoyage philosophique et psychique.» Le besoin de se ressourcer. « J'en ai profité pour effectuer des stages en Italie et en France, pour visiter des clubs et des fédérations, pour voir et apprendre - toujours cette soif de connaissances - comment ils travaillaient. »

Un jour, Philippe Salvi reçoit un coup de (sans) fil de Michel Pont, ancien assistant de Kuhn et de Hitzfeld (équipe de Suisse). « Ecoute, lui dit le Genevois, Servette (qui était encore 1 ère division, Super League) est au bord du gouffre, Hugh Quennec a repris le club, serais-tu d'accord de nous donner un coup de main pour confectionner un dossier en vue de l'attribution de la licence ? J'ai répondu oui, connaissant bien le sujet et comment faire. J'ai fait la connaissance de M. Quennec, qui m'a dit : « Entrez seulement, on vient de sauver le club, si vous acceptez de nous donner un   coup de main, c'est fantastique ! »

Homme d'expérience, possédant un vécu et au bénéfice d'un agenda-réseau fourni, Philippe Salvi contacte la Ligue, laquelle venait de « sortir » de l'affaire Chagaev. Après s'être mis d'accord sur le délai, le Neuchâtelois a pu constituer le dossier pour la licence, un dossier solide et ficelé. « On a obtenu la licence en 2 e instance. Mais ça, on le savait.» Le club s'est alors organisé. Hugh Quennec : « J'ai vu comme vous travaillez, je travaille la même chose», dit le boss à Philippe Salvi qui s'est vu proposer (logiquement) le poste de directeur administratif. Un Neuchâtelois au FC Servette : c'est comme vivre un derby à l'interne.

Le rôle de directeur dans un club (en Suisse, depuis 2000, les clubs sont constitués en SA) ? «  Dans  un club, il y a 6 dicastères : le sportif, le juridique, l'administratif, le sportif, celui touchant à toutes  les infrastructures et le dicastère sécurité. » S'agissant du sportif, Philippe Salvi souligne en gras : « Le directeur, en fait, ne s'occupe pas du sportif proprement dit, mais  du financier du sportif et le juridique du sportif (contrats des joueurs, conventions, etc). » A considérer son savoir  et son vécu, son immense expérience, on lui a demandé quand il était au FC Servette, de faire des contrats avec des agents, avec des joueurs.» Exception. Car Philippe Salvi a toujours eu pour mot d'ordre : chacun doit rester à sa place.

Philippe Salvi licencié

Au terme de la saison dernière, Servette a été relégué administrativement. Le club grenat évolue désormais en 1 ère ligue promotion. Le 31 août dernier, Philippe Salvi a quitté le club, victime d'un licenciement. Le motif ? «Le club souhaite prendre une autre orientation basée sur le sport et le commercial. » Et si Servette retrouvait l'élite à la fin de la saison ? « Le problème de la licence se représentera », répond Philippe Salvi. Et qui pourrait, le cas échéant, s'en occuper ?

Ainsi, Philippe Salvi est à la recherche d'un travail. Il ne restera pas longtemps, c'est certain, sans activité(s). Rebondira-t-il au sein d'une association cantonale ? A la Fédération de Suisse ? Fera-t-il (enfin) le pas du côté d'une autorité supérieure ? Un retour à NE Xamax est-il possible ? « Pourquoi pas, ça pourrait m'intéresser parce ce que sa reconstruction est saine. »

Avec NE Xamax, Philippe Salvi a connu le Graal. Avec Servette, les difficultés. « J'ai appris dans les deux cas et c'est dans la difficulté qu'on voit la qualité des gens. »

Palmarès

Philippe Salvi est né le 25 mai 1965 à Neuchâtel.

Est au bénéfice du diplôme fédéral de manager du sport.

Alors dirigeant à NE Xamax, il a vécu deux titres de champion de Suisse (1987 et 1988), et 4 finales de la Coupe de Suisse (toute perdues). A son compteur, il a assisté également de l'intérieur à environ 40 matches de Coupe d'Europe.

Alors dirigeant au FC Servette (du 13 juin 2012 au 31 août 2015), il a vécu 4 matches de Coupe d'Europe.

A été aussi champion de Suisse juniors de hockey sur terre avec Neuchâtel-Sport.

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